lundi 23 janvier 2012

L'infarctus de 1973

L'économie, la crise... C'est trop compliqué pour que j'y comprenne quelque chose !



... à moins que ça fonctionne à peu près comme moi, avec un gros coeur, des oreillettes et des ventricules, des vaisseaux, des poumons et des tripes... tout ça pour que les muscles mettent  le squelette de la machine en mouvement ! ... pour peu que la tête en décide ! 
Aujourd'hui rien ne va plus, la bête est en lambeaux, grabataire sur son matelas spéculatif, perdue dans le cercle vicieux de la déflation et de la récession... Il n'y a plus de valeurs que boursières et saignées et purges de rigueur en austérité conduisent plus surement l'humain vivant à la morgue qu'à la fête.
Aujourd'hui, ce n'est plus comme avant. Et de la frontière entre l'avant et l'après, bien peu sont les bavards qui s'en souviennent.
La chose de passe en 1973, alors que le grand patron de la banque Rotchild est devenu président de la République sous le nom de Pompidou 1er et qu'il a pris comme grand argentier un autre auvergnat : l'accordéoniste de Chamalières. Giscard a pris en main le destin des finances du pays

La décision est prise de priver la banque de France - banque centrale de la nation- de son privilège de la création monétaire. Cette forfaiture accomplie, les banques privées obtiennent le rôle clé de la création monétaire par le crédit. L'Etat vient de s'amputer de sa capacité d'action fondamentale : la maîtrise des finances publiques. Désormais quand il aura besoin d'argent il devra solliciter les banques privées qui vont lui réclamer le prix de leur générosité, intérêts à l'appui. Tout comme dans l'Allemagne des années 20, le subterfuge de l'inflation va masquer le danger du processus pendant quelques années. Puis, la dette d'Etat s'aggravant d'années en années, toutes les tares du système vont se manifester et les gouvernements successifs n'auront de cesse d'appliquer au pays malade de sa crise économique et financière les mêmes remèdes qui précipitent sa fièvre et son agonie.
La folle envolée de la financiarisation de l'économie a mis à mal l'économie du pays mais aussi ruiné ses capacités d'action en matière de soutien social, d'équipement infrastructurel, même les missions régaliennes de l'Etat sont ciblées par les appétits du marché qui ne veut rien échapper des opportunités de profit, fusse à très court terme.

Alors, si un candidat à la députation ou à la présidence de la République voulait me rassurer sur ses ambitions pour la France et son bon peuple, il prendrait la première mesure qui s'impose : rétablir le rôle de la banque de France, banque centrale de la nation au service de son développement avec son monopole monétaire sous l'autorité gouvernementale.
Pas facile ! certes cela suppose d'imposer cette démarche dans le paysage européen en faisant en sorte que la BCE joue le même rôle au niveau communautaire. Cela suppose aussi la mise au pas du système bancaire à réorienter vers le financement de l'économie réelle sans s'économiser l'outil de la nationalisation pour l'y contraindre.
Le vrai changement susceptible de conduire à une réappropriation citoyenne de la vie politique est à ce prix, sans concession, ni mollesse face à la caste de privilégiés qu'il est grand temps de mettre à la raison (réforme fiscale, encadrement des loyers, des salaires, garanties sociales et professionnelles, réforme du système de formation, du secteur de l'énergie et de l'eau, de la santé...
Les chantiers sont immenses, mais c'est aussi l'opportunité d'un changement véritable aujourd'hui que le peuple prend conscience de la vacuité d'une politique des rustines et des pansements de jambes de bois.

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