samedi 21 septembre 2019

Fortune

Un "fait divers" a secoué les consciences des bourbonnais ces derniers jours. Deux enfants, élèves d'une école primaire ont été privés de cantine et mis hors de portée du regard de leurs camarades pour déjeuner au pain sec et à l'eau.
C'est la sanction qu'avait décidé le maire de la commune pour répondre au défaut de paiement récurent de la cantine par les parents.

Au delà des faits, imaginons que la famille néglige le paiement de son dû, de ses factures de cantine comme d'autres peut-être... Le SIVOM pourrait la menacer de lui couper l'eau... Peut-être ne vit-elle que des "minimas sociaux", des allocations familiales, du RSA, de la prime de rentrée scolaire, du Secours Populaire et des Restos du cœur, peut-être font-ils leurs courses plus souvent chez Lidl qu'à l'étal du petit "Fauchon local", peut-être ces parents  sont-ils salariés juste au SMIC ou en tissu décousu de petits boulots  avec un loyer à payer qui peut prendre plus de la moitié des ressources de la famille... Peut-être la mère fume-t-elle pour s'occuper deux doigts, et dieu sait si les clopes coûtent cher  aujourd'hui. Peut-être le père dilapide-t-il au bistrot les maigres ressources de la famille, et dieu sait combien c'est compliqué maintenant que  nombre de troquets ont fermé ! Ça fait faire des kilomètres et le gas-oil est cher aujourd'hui... Peut-être, peut-être...
Mais une chose est sure, ma bonne dame, tous ces gens qui aujourd'hui vivent aux crochet de la société, assistés de partout sans que la société n'exige rien d'eux, dépensent tout l'argent qu'on leur donne pour du superflu plutôt que d'assurer le bien de leurs enfants en payant leur cantine... Alors si en plus ils ne travaillent même pas !!! Alors voyez, que le maire marque le coup...

A propos d'argent public, le maire d'une commune de plus de 5000 habitants ça doit bien toucher dans les 2000 euros mensuels, un vice président de communauté de commune, un "petit quelque chose" pareillement, un vice président de SIVOM aussi, un conseiller régional délégué dans les 2000 aussi... sans compter qu'en travaillant le reste du temps on  doit aussi gagner un peu...
Il y a même dans ce pays, je vous le dis ma bonne dame,  des jaloux, des grincheux, il y en a même qui disent qu'avec les primes de la PAC, il y en a qui, dans l'agriculture, font des placements dans l'immobilier, parce que ça rapporte aujourd'hui, au prix où sont les loyers... Pour le gamin étudiant, ça vaut bien mieux d'acheter que de louer hors de prix... Au moins après on pourra toujours louer, ça rapportera "un petit peu"... C'est pas si facile et il faut en dépenser de l'énergie pour dépenser...

Le monde est bien plein d'injustice, il y en a qui savent et d'autres qui ne savent pas...
Comment voulez-vous qu'on vive avec si peu ? D'où l'impérieuse nécessité d'être ré-élu...

Alors, comme le Président de la République disait l'autre jour à un horticulteur au chômage qu'il n'avait qu'à traverser la rue pour trouver du boulot dans la restauration...
Ne devrait-on pas conseiller au mauvais payeur de cantine de se présenter aux prochaines élections municipales, avec au programme la gratuité de la cantine pour les enfants de sa commune, ça se fait déjà par-ci par-là, tout comme la gratuité des transports en commun  dans quelques plus grandes villes... Il pourrait peut être aussi réviser les indemnités des élus à la baisse pour contribuer un peu et redonner du sens au bénévolat de l'engagement citoyen...
Ça serait rigolo ! Non ?

Non ce n'est pas drôle du tout de vivre au milieu d'une société qui part à vau l'eau, avec des individus qui ne peuvent plus se supporter, une misère sociale qui a déjà déguenillé plusieurs générations pendant que la petite couche des grands profiteurs en profite et se gave...
Le dysfonctionnement des uns est-il si différent du fonctionnement des autres ?

samedi 14 septembre 2019

Présomption d'innocence


Affaire Bayrou, affaire De Sarnèze, affaire Pénicaud Business France, affaire De Rugy, affaire Benalla, affaire Emelien, affaire Kholer, affaire Goulard, affaire Ferrand, affaire Nyssen, affaire Flessel, affaire Bailey...

BILLIONAIRE GAMBLERâ„¢: J'aime le fricLa République dite En Marche d'Emmanuel Macron s'était inaugurée sous le signe de la "Moralisation de la vie publique" ! 
A quelle foutoir avons-nous échappé grâce à la victoire de cette si noble ambition ? 
Le rythme soutenu des révélations,  souvent mises à jour quand quelques journalistes un peu curieux soulèvent la moquette épaisse des allées du pouvoir pour qu'un petit courant d'air frais en chasse la poussière des turpitudes qui les hantent, la cadence de cette funeste habitude et les minauderies de vierge effarouchée qu'elles déclenchent à chaque occasion ne peuvent, une fois de plus, que convaincre les citoyens de la République, -la vraie-, que la parole politique vaut d'autant plus pour les autres qu'on est prompt à s'exonérer de ses propres exigences.
Ce n'est pas nouveau ! Certes... De tous temps les affaires politico financières ont éclaboussé le pouvoir politique comme les affaires financières éclaboussent le monde des affaires !
Le seul dénominateur commun de ces deux mondes glauques qui prospèrent sous le parapluie de la présomption d'innocence c'est l'attribut "financières".
Alors, pourquoi s'étonner que le quinquennat du président Macron soit émaillé de ce chapelet d'avatars ? Lui qui pantoufle en politique en sortant du monde de la finance, dont le financement de la campagne présidentielle avait déclenché tous les records de "dons au plafond" à l'américaine, et dont nombre de mesures législatives sorties en urgence des cabinets ministériels pour être applaudis par la cohorte des députés marcheurs tout neufs,  ont pansé les escarres d'un monde de la finance gangrené par sa boulimie de profit... pouvait-il nager en eaux plus claires ?

Là où les choses vont peut-être se gâter, c'est quand la grande majorité du peuple des victimes va prendre conscience de la duperie.
A la présomption d'innocence qui protège justement l'incriminé en attente de son jugement s'ajoute pour les tenants de pouvoir une autre forme de présomption d'innocence, c'est de la part de nos dirigeants du moment, cette posture crasse qui leur fait présumer le peuple "innocent" , ignorant, naïf, simple d'esprit, un peuple auprès duquel il faudrait faire montre de "pédagogie" pour lui faire comprendre ce qu'il ne comprendrait pas... Ce mépris si souvent dénoncé n'est autre que le très ancien mépris de classe. Il avait cours en 1788 et en bien d'autres temps depuis.... il a même imbibé les consciences fragiles de beaucoup de petits empochistes qui vivent élus au crochet du bien public en ruinant la probité affichée du politique.
L'idiot du village de ce beau monde s'habille parfois d'un gilet jaune ou prend ses pantoufles d'abstentionniste...
La république d'Emmanuel Macron ampute ses concitoyens de leur qualité de citoyen
Qu'en reste-t-il ?
La présomption d'innocence, bien sûr !

vendredi 13 septembre 2019

Les enfumeurs

Premier ministre et toute sa smala s'évertuent à rassurer les gogos sur les bienfaits de leur réforme des retraites...
Enfumeurs de première !
Selon eux tout serait sur la table, à discuter... Sauf que c'est régime universel par points, recul de l'âge de départ effectif à taux plein, augmentation de la durée de cotisation...
Enfumeurs toujours !
Tout le monde aurait à y gagner !
Les alchimistes du gouvernement vont nous faire croire que la merde a bon goût : en ne consacrant pas plus de moyens aux retraites, voire moins, et avec plus de retraités, l'entourloupe est grosse !
A vouloir faire passer les "régimes spéciaux" pour des privilèges à raboter, ce seraient au moins ces catégories qui verraient leurs fameux sort privilégié s’effondrer !
Quant au commun des mortels, selon les calculs d'économistes sérieux, c'est le niveau de ressources des retraités à la baisse qui se profile avec des pertes encore plus considérables pour les petits revenus qui verraient le taux de remplacement baisser considérablement.
Sans compter qu'avec le système par points, c'est le gouvernement qui chaque année dans la loi de finances en fixera la valeur pour l'ajuster à ses équilibres budgétaires... Tout est programmé pour une pression à la baisse aggravée par la perte des recettes engendrée par les exonérations sensées redonner du pouvoir d'achat !
Pas compliqué, dans ce projet, rien de bon, tout est à jeter !
Le mot d'ordre est simple :

  • Retraite à 60 ans et pas une pension en dessous du niveau du SMIC.
  • Réindexation des pensions sur les salaires
  • Suppression de la CSG sur les retraites
  • Revalorisation des pensions et rattrapage des pertes subies depuis 2017
  • Préservation de la pension de réversion dans sa forme actuelle
  • Prise en charge de la perte d'autonomie à 100% par la Sécurité Sociale avec l'ouverture d'un droit universel dans le cadre d'un Service Public d'aide à l'autonomie.

Balayer aussi la honteuse manœuvre qui consiste à dire que ces mesures ne touchent pas les retraités actuels, ni les prochain retraitables ! Quel mépris pour les uns comme pour les autres ! Comment imaginer que les plus vieux seraient capables d'être épargné des misères qu'on programme pour leurs enfants ?
Comment imaginer que des jeunes soient insensibles à l'avenir de régression sociale que le pouvoir leur promet ?
Actif, retraité, jeune ou plus vieux, bancal ou bien portant, la place de tous ceux qui veulent mettre un terme au pillage de la richesse produite à la sueur de tous par une petite poignée de profiteurs, leur place est dans la rue, ensemble, dans le temps et dans l'espace, aussi bien en jaune dans les ronds-points que derrière les banderoles devant les préfectures.

Si le temps de l'élection suffisait, ça se saurait depuis longtemps ; et sur les 350 maires de l'Allier il y en aurait eu plus que 5 pour soutenir la cause des retraités !

Le monde du fric nous pourrit la vie, à nous de pourrir celle des enfumeurs de toutes espèces.

lundi 19 août 2019

Le grand géographe

Son éminence Macron 1er reçoit Wladimir (la moquette susurre qu'il le tutoie !)...
Et Poutine rencontre son homologue dans sa résidence d'été (le tapis dit qu'il le vouvoie !)...
Après tout, qu'ils soient à tu ou à vous... peut me chaut !

Mais, sans doute émoustillé par la fréquentation d'un de ses pairs maître d'un bien grand territoire, notre Jupiter national s'est fendu d'un compliment diplomatique sur fond d'assurance géographique qui doit rendre pantoise la tectonique des plaques.
Ne voilà-t-il pas que la Russie entre tellement dans le projet européen de Macron que désormais l'Europe se mesurera "de Lisbonne à Vladivostok" !!!

Quelle déception pour beaucoup qui vont désormais s'en sentir étrangers mais bénéficiaires à l'ouest dans les mangroves guyanaises, au sud dans la Plaine des Cafres réunionnaise ou dans quelques terres australes conservées des colonies...
Si Macron parle de l'Union européenne, comme l'empire britannique jadis, jamais le soleil ne s'y couche au dire des bailleurs de subsides communautaires, et les frontières de Lisbonne ou de Vladivostok sont du coup bien étroites.
Mais s'il se veut géographe, n'a-t-il pas tout faux, comme en choisissant son ministre de l'éducation qui n'a de cesse de déglinguer l'enseignement d'histoire-géo, une discipline qui, un peu comme la numérotation des départements repérée sur les plaques minéralogiques, fondait jadis une petite culture commune de la connaissance du monde...
Mais au fond que le maître d'en marche ait perdu le nord n'étonnera personne, la seule boussole qu'il ait conservée, c'est celle de la banque Rothschild.

dimanche 18 août 2019

Anniversaire oublié !

Le 11 avril dernier, elle a eu ses cent ans !







Née de neufs pères & mères, c'était un beau bébé !


Et pourtant personne n'a bronché pour fêter son valeureux anniversaire... Pas le moindre petit mot, ni fleurs, ni couronne !
J'imagine qu'elle a dû finir sa journée comme la veille et les autres lendemains depuis tout autant silencieux, dans sa retraite genevoise.
Les anciens s'en souviennent, en 1946 on l'avait réveillée, porteuse de tant d'espoirs, généreuse d'universelle humanité... Et sa famille s'était alors agrandie !

1919, 1946... Faudrait-il, pour rallumer l'espoir de ses créateurs, satisfaire à l'abominable rite ponctuant son existence qui font qu'elle ne sait vivre ou revivre qu'au soir cauchemardesque d'un cataclysme guerrier ?

Va-t-il falloir attendre que Trump et Poutine et Macron allument le feu qui couve en tant de points du monde et qu'un nouvel embrasement fatal soit digne des deux autres qui, après avoir saigné l'Europe des ses jeunes paysans pour les remplacer par les machines venues d'ailleurs avaient aussi consacré la fortune des maîtres de forges qui savent aussi bien la faire du fer des charrues que de celui des chars ?

La macronie, pas plus que toutes les autres sectes chez qui l'art de la photo se résume au selfie, ne fête pas le travail, ils ne se désaltèrent que la sueur essorée des travailleurs.
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Le 11 avril 1919, était née l'OIT
Pour se donner les instruments du "Plus jamais ça !", et avec une vision basée sur le principe qu'il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs, l'organisation s'était donné pour mission de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs des États-membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d'emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail...

Jaurès, Barbusse, Brizon ou Montusès, votre siècle aurait-il passé sans que les hommes n'aient rien appris de leur histoire ? 

N'est-ce pas pour les mêmes indignes desseins que l'enseignement de l'histoire souffre du sort qu'on lui fait afin que les guignols du théâtre de marionnettes dans leur castelet du pouvoir l'instrumentalisent à leur guise au prétexte des commémorations.

Bonne ânée

La pensée présidentielle, -pour ce qui en est rapporté et commenté dans les médias-, confirme l'autisme du banquier qui nous gouverne. Droit dans les bottes de l'argent qui l'ont mis en marche, il a confirmé ses ambitions réformatrices visant à dégueniller la protection sociale et la fonction publique qui faisaient la charpente de notre république sociale. Et, pour faire bonne mesure il fustige les fauteurs de trouble dans le monde feutré qu'il dessine aux actionnaires de sa petite coterie.
Mais alors que diable va-t-on devoir faire de tous ces pauvres bougres délinquants en puissance, d'ailleurs souvent simplement pauvres ?
Déjà les pauvres bougres d'ailleurs ne sont pas très bien venus, y compris quand ils viennent de terres invivables où nous entretenons la guerre au prétexte de lutter contre le terrorisme.
Pour celles et ceux qui s'en inquiètent il est bon de réfléchir à l'efficacité pacificatrice des guerres que les occidentaux ont menées, ne serait-ce que depuis les épisodes afghans et l'éternel bourbier moyen-oriental.
Pour ce qui est de la pauvreté maison, Macron s'était fait fort d'éradiquer les sans-abri qui dorment à l'abri du ciel de Paris... Il s'est tellement fait fort qu'il suffit de sortir d'un ciné du forum des Halles le soir pour vérifier que rien ne change pour les pauvres bougres, jeunes ou vieux, hommes, femmes et aussi enfants qui s'affichent sur cartons et couvertures comme autant de hontes de notre république du déshonneur.
Les "gilets jaunes" manifestent, et les "casseurs cassent"... Pour le président tous ceux-là qui vocifèrent et le vouent aux gémonies ne fréquentaient guère les couloirs de la banque Rothschild ; Ils les découvre comme autant d'anomalies dans son monde... que convient-il d'en faire ?
Il avait bien pris conscience dans les grandes écoles de la République qu'il était urgent de purger les services public de tant de fonctionnaires et de services inutiles à ceux qui ont tout ; et, depuis que le dieu du fric l'a envoyé sur terre pour réaliser les 12 travaux du ridicule il s'y emploie avec opiniâtreté.
Le seul embarras pour lui, c'est de se débarrasser des restes. Il lui faut planquer la poussière sous le tapis en faisant lever le nez aux badauds qui l'écoutent.
Une maternité fermée c'est toujours ça de gagné... On prétexte le manque de sécurité pour la mère et l'enfant ! Et là où Macron passe l'insécurité trépasse : la mère accouchera au mieux dans l'ambulance des pompiers si jamais les pompiers arrivent à temps.
Les usines ferment, ça crée de l'emploi ! Les retraites baissent, ça dynamise la consommation !
Sans compter la batterie de cuisine Benalla qui frelinte à chaque occasion histoire de signaler le prochain passage à la télé de notre président Pinocchio...
Sarkozy avait peiné à finir son mandat et avait raté son refrain. Hollande n'a même pas pu entamer le second couplet...
Comment imaginer que dans le même moule dévastateur pour la République Macron puisse même arriver au bout de son CDD de cinq ans ?
Les grands chantiers de 2019, réforme institutionnelle, retraites, fonction publique, assurance chômage, PMA, laïcité et loi de 1905, avec leurs cortèges de régression sociale et démocratique vont-ils enfin ouvrir les yeux et les consciences des citoyens autrement que pour les précipiter comme moutons de Panurge dans la gueule de l'extrême droite ?
Comment l'épisode électoral du printemps européen peut-il éclaircir ou troubler les consciences ?
Autant de questions qui devraient mettre en éveil celles et ceux qui ont encore les moyens de résister, les mobiliser pour élever la barricade salvatrice de notre République. Qu'importe la casaque de ses défenseurs dès lors qu'ils y brandiront le rouge du feu stop pour protéger les trois drapeaux de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Macron charge la bourrique, aux citoyens de lever le cul pour se décharger de la misère de tous qui n'est faite que des privilèges de quelques uns.

Pas de chance ! Le ciel s'obscurcit de nouveau avec la perspective des élections municipales de mars prochain et des sénatoriales qui suivront...
Ah mon bon maire ! surtout pas de vague susceptible d'éloigner de ton bord quelques électeurs inquiet...
Le bal des prétentions va bientôt s'ouvrir, et, enfin, nos très chers édiles vont pouvoir se consacrer à la seule tâche qui vaille : leur ré-élection.
D'ici mars prochain, plus de rues en chantiers, tous les rubans seront coupés et le temps des éloges les verra tous s'acharner à repeindre couleur consensus leurs perspectives ambitieuses.
Chacun aura choisi sa veste retournable, côté imperméable à l'endroit, déperlant pour que glisse sans mouiller toutes les causes citoyennes trop engageantes et bardé de poches à l'envers pour satisfaire au rite empochiste des appétits indemnitaires.

Sans compter qu'à l'automne, les élus vont élire les meilleurs d'entre eux...
Et ainsi la vie ira son train de sénateur, Benalla, Gilets Jaunes, démissions fracassantes d'empochistes fracassés... "Plus belle la vie" dans la vraie vie, tous les codes seront respectés, et les jours ponctués des malheurs d'ailleurs ou des autres qui rendront plus douces les tortures de nos maîtres d'ici, et les récréations sifflées à l'heure dite pour quelque grande anesthésie collective olympique.

Liberté ?

Nouvelle vie, nouvelles pratiques, nouveau monde... IL semblerait que le temps soit à la rénovation, du sol au plafond dans notre vieux monde, geôle poussiéreuse et sombre... il faut absolument -disent-ils- LIBÉRER LES ÉNERGIES !
La pire des choses qu'il faudrait extirper des vieilles pratiques, l'habitude, les choses d'une norme alitée après tant d'excès. Aller à la Poste pour envoyer un courrier, dépassé... passer à la boutique SNCF ou au guichet de la gare pour prendre un billet, dépassé... passer par le secrétariat de mairie pour une petite formalité, dépassé... s'inviter dans une préfecture pour un service de l'Etat, dépassé...
L'hypermarché du service public est ouvert avec la "Maison de service au public". C'est comme au supermarché, tout y est des couches-culottes du marmot au vin cuit pour l'apéro, du stylo bleu pour le gamin au paquet de graines pour le jardin, de la carte grise de l'auto vendue à la démarche à la SECU !
Plus besoin de service de professionnels du service ; le paradigme est changé, ce n'est plus la chose qui est au centre mais l'usage, ce n'est plus la marchandise, mais le client.
On peut aisément rapprocher les partis politiques traditionnels ou les organisations syndicales des échoppes d'autrefois dans lesquelles se formait la chose et son partage, l'atelier dans l'arrière boutique et le comptoir derrière la vitrine, et les grandes rencontres des jours de foire... C'était un temps où le citoyen allait à la boulangerie acheter son pain et pâtes ou café chez l'épicier. C'était le temps de la militance et des forgerons des idées, des boutiques qui avaient un nom derrière lequel on trouvait de la professionnalité ou des convictions bien identifiées.
Aujourd'hui, l'heure est aux hypermarché et aux boutiques éphémères, à la circulation des porte-containers, et des rencontres virtuelles, réseaux sociaux, drive, flash-mob et applications.
Les choses n'allant pas nécessairement de soi dans la propagation de leur inhumanité, le système génère ses propres faire-valoir, circuits court, co-voiturage, naturel à tous les étages...
Mais au fond ce ne sont là que les derniers avatars d'un système à l'agonie qui tente désespérément de tirer profit de tout sans jamais se soucier du bonheur du monde autrement que par l'opulence de quelques uns nourrie de la misère de tous les autres.
Les nouveaux modes de consommation sont à rapprocher des nouveaux comportements citoyens ; l'individualisme tant prisé de la puissance aliénante est drapé de liberté - individuelle par nécessité - qui devient contrainte imposée ou consentie. Il en est ainsi de la "liberté d'entreprendre" tant prisée dans le temple de la modernité, celle qui a fait les auto-entrepreneurs, et "l'ubérisation" des activités...
Qu'en est-il des moyens matériels et des ressources humaines utiles à l'entrepreneur libre ? C'est la contrepartie dégradante des rémunérations dégradées, du temps et des conditions de travail dégradées... de la vie dégradée... Quand, curieusement, on en vient à constater que, pour que l'entrepreneur soit libre, il faudra en contrepartie que ceux qui sont utiles à l'accomplissement de son activité soient d'autant plus aliénés à sa conduite... Coupures et horaires décalés, temps partiels contraints, multi-activité... on prend soudain conscience de la marche inconfortable vers le progrès de l'humanité et la véritable émancipation des peuples. La lutte entre les forces antagonistes qui, de temps immémoriaux, oppose l'oppresseur et l'opprimé, l'exploiteur et l'exploité, le maître et ses esclaves, prend des formes nouvelles sans jamais s'éteindre ; et l'histoire passe par monts et par vaux au rythme des cycles tantôt favorables aux uns, tantôt souriants à l'espoir des autres.

Toujours est-il qu'aujourd'hui le paysage offert par la vie publique n'est plus guère accueillant à qui veut aiguiser sa pensée dans la confrontation des idées ; tout au plus reste-t-il quelques places en tribunes pour ajouter des badauds au spectacle codifié des marionnettes de la finance, dans les travées du Stade de France comme de l'Assemblée Nationale.

samedi 17 août 2019

L'ordre des choses

Au détour d'une visite la curiosité est parfois accrochée au mur...


Aux confins du Berry et du Nivernais, près du confluent de l'Allier avec la Loire, le village d'Apremont, -fort beau au demeurant après qu'il fut reconstruit de la fortune des Schneider- s'étend aux pieds du château, imposant édifice campé sur le talus de la rive gauche de l'Allier.
Comme dans tous les villages de France, au sortir de la Première Guerre Mondiale un monument a été érigé pour rendre hommage aux soldats "Morts Pour La France". Pour petit qu'il soit, le village d'Apremont est riche de deux objets mémoriels rendant cet hommage : une plaque est apposée au mur sud à l'intérieur de l'église, et une autre en stèle sur la place du village fait office de Monument aux Morts.
La plaque de l'église liste les victimes du grand carnage dans un ordre qui aurait un fumet d'Ancien Régime si elle ne mettait pas en tête la grande bourgeoisie des Maîtres de Forges devant le triptyque ordonné Noblesse, Clergé et "Tiers-Etat". 1793 était passé par là pour sceller le grand remplacement de l'aristocratie de la noblesse par la fortune de la grande bourgeoisie.

La plaque de la Place Publique est respectueuse de l'ordre alphabétique des patronymes.

Détail anodin ?
Pas si sûr... 
C'est un signe quand on rapproche les choses de leur temps, une génération à peine après que notre République ait légiféré sur sa laïcité, les stigmates de l'Ancien Régime resurgissent pour contester la majorité citoyenne du peuple et lui signifier sa sujétion à des forces qui lui échappent.

Ne devrait-on pas s'interroger quand, sous couvert du patrimoine, on voit se banaliser aujourd'hui l'affichage du fait religieux, ou proliférer les usages du thème de l'ordre policier ou militaire au point de faire de la violence un phénomène habituel et de la guerre notre triste ordinaire ?

Les châteaux (peuplés de chevaliers en armes...) comme les édifices religieux (des aumôniers accompagnant les morts vivants en uniforme...) ne manquent pas d'afficher leur richesse patrimoniale, tout en instillant leurs valeurs fondatrices sous le vernis transparent de l'industrie du tourisme.
Beaucoup plus rares sont les marques témoignant du travail et du génie des hommes industrieux, dans les fabriques des villes comme dans les champs des campagnes.

Les trois termes de notre devise Républicaine n'auraient-ils pas besoin d'être redorés aux frontons des édifices publics ? si tant est qu'il en reste ! 

... pour qu'enfin ils nous foutent la Paix, tant occupés qu'ils sont à faire briller leurs particules et leurs breloques.

vendredi 9 août 2019

Parenthèse estivale

Les grandes vacances font office d'éteignoir sur tous les brûlots allumés auparavant dans nombre de domaines, retraites, protection sociale, indemnisation du chômage, services publics, etc.
Le redécoupage des cantons à l'occasion du dernier renouvellement des conseils départementaux fait son chemin, les perceptions sont en sursis dans nombre d'entre eux ! et on annonce que les buralistes feront office d'agents du trésor... après le service bancaire, les billets de train, la poste et combien d'autres choses, voilà les marchands de tabac bientôt affublés de la compétence universelle du service public... Bientôt c'est là que seront opérées les consultations de télémédecine, et pourquoi pas une machine à voter Macron entre celle de la Française des jeux privatisée, celle du PMU et celle de la SNCF ! Quel progrès...
Il est vrai que dans l'ancien monde il fallait que les citoyens soucieux de servir public passent des concours pour être recrutés puis formés... avec quelques exigences en terme de professionnalisme et d'éthique !
Dépassé tout ça.
Le nouveau monde fait table rase de ces vieilleries... Les solutions qu'il profile sentent bien la naphtaline et le fric réunis.


mercredi 3 juillet 2019

Le petit pont de bois...


... qui ne tenait plus guèr'
Que par un grand mystèr'
Et deux piquets tout droits
Yves Duteil serait-il membre de la mission sénatoriale qui s'est penchée sur l'état des ponts français après la catastrophe de Gênes du 14 août 2018 ?
Nos sénateurs découvrent que 25000 ponts - un sur dix environ) exigent des travaux de rénovation dans les dix ans à venir... 1750 présentant des risques d'effondrement !
Ah bon ? Et pourquoi ça ? Les parlementaires -qui par ailleurs votent aussi le budget de la nation dans lequel figurent les 45 millions consacrés aux ponts- découvrent qu'il en faudrait 3 fois plus ! Ils découvrent aussi que les collectivités, pour les ponts qui les concernent n'ont pas les moyens de les entretenir et ils préconisent que l'Etat alimente un fonds d'aide de 130 millions d'euros à cet effet... Ces mêmes parlementaires n'ont-il pas dans leur mandature aussi défait l'Etat de ses devoirs pour en accabler les collectivités territoriales sans leur en donner les moyens ?
Sur les voies ferrées en mal d'entretien on réduit la vitesse des trains, sur les ponts vieillissant mal on réduit le tonnage ou le nombre de véhicules...
Mais le constat le plus affligeant, dans un temps où la modernité macronienne fait merveille, c'est quand même le constat que fait le ministère des transports : il n'y a plus assez d'agents ! Au ministère on dit "il y a une tension sur les effectifs".
Moins de fonctionnaires, moins de fonctionnaires, moins de fonctionnaires...
Ah bon, désormais il en manquerait ?
Comment se fait-il ?
Il est urgent que l'académie de médecine se penche sur l'activité neuronale des parlementaires, il doit s'y trouver quelques découvertes sur la régression du potentiel réflexif qui mériterait bien le prix Nobel.
Les sénateurs n'ont pas eu le temps de creuser le sujet de l'état des murs de soutènement des tunnels...
Quant à l'état des routes... le 80 km/h est une mesure de "sécurité" ; à ce "train de sénateur "on a le temps de lever les œufs dans les nids de poules et on s’accommode aisément de la qualité de la couche de roulement qui fait oublier l'autoradio, comme du profilage de la chaussée qui berce activement les passagers.

mardi 2 juillet 2019

Vous avez dit "union" ?

Il n'y a pas si longtemps les citoyens de 28 pays européens étaient appelés à élire leurs députés dits "européens".
Mais à quoi ça peut bien servir ? C'est à n'y rien comprendre, ce sont les chefs d'Etats et de Gouvernements de 28 pays en questions qui décident de celui ou celle qui présidera le parlement réunissant les dits députés. De la même façon qu'ils vont ensuite décider qui présidera la "commission" qui réunit 28 commissaires formant l'exécutif de l'UE, ou le patron de la banque centrale européenne, ou...
Si la légitimité des pouvoirs installés dans chacun des pays de l'Union ne peut être contestée -chacun des peuples s'en est doté selon ses règles institutionnelles propres- la mécanique institutionnelle communautaire n'en souffre pas moins d'un déficit démocratique qui peut naturellement susciter une défiance populaire.
Les différences sont telles entre les 28 partenaires de l'Union que, systématiquement, les décisions emportées par les plus puissants ne peuvent entraîner l'assentiment des plus faibles qui vont s'en sentir victimes récurrentes.
L'espace européen, né sous les auspices du fric pour faciliter le marché des marchands, s'est enrichi de sphères politiques dont le principal objectif, si ce n'est le seul, est d'encadrer la vie des citoyens européens pur les conformer à ces mêmes exigences du marché ; c'est le cadre normatif qui s'impose aux législateurs de tous les pays qui n'ont plus guère qu'à transposer dans les législations nationales les règles établies au niveau européen. Ces normes permettent une circulation fluide des marchandises tout en prétextant une protection des consommateurs. Dans les faits elles permettent surtout le développement d'un plus grand marché à l'échelle du continent ou du monde qui asphyxie les économies locales. La plupart des normes sont établies par des organismes privés dont les intérêts ne sont pas nécessairement "d'intérêt général" quand elles seront adoptés par les politiques sous l'influence des lobby.

Pour ce qui est des travailleurs, on les attache, on les détache, ce ne sont que les variables d'ajustement du jeu économique libéral que beaucoup n'osent plus appeler par son nom de famille : le système capitaliste.

Et la citoyenneté dans tout ça ?

Çà mérite réflexion quand on voit les mêmes nous vanter les mérites de la monnaie unique européenne et la monnaie locale qu'on réinvente au prétexte du développement local.
Ça mérite réflexion quand on voit les mêmes nous assurer qu'ils sont élus pour défendre nos intérêts dans un système qui les contredit au niveau européen comme au niveau local.
Ça mérite réflexion quand on voit les mêmes légiférer sur le travail détaché afin de mieux organiser l'exploitation des travailleurs d'ailleurs ici, ou d'ici ailleurs.
Ca mérite réflexion quand on voit le Royaume Uni sortir de l'Union tout en y restant ou y rester tout en en sortant... quand d'autres y sont avec monnaie unique et d'autres pas... quand après le "brexit" l'anglais reste la langue la plus souvent rencontrée sur les sites de l'UE...
Ca mérite réflexion quand l’extrême droite et son cortège de nostalgiques des fascismes du siècle dernier encore contagieux de la peste brune paradent et prospère à l'ombre du fric qui les a toujours fait vivre : "plutôt Hitler que le Front Populaire"

samedi 22 juin 2019

Le bruit qui court...

"Comme un bruit qui court" : une respiration citoyenne sur la radio de service public !
Un travail de journalisme à écouter et ré-écouter, tout simplement courageux, tout simplement professionnel !

jeudi 20 juin 2019

49+1

Capital, comme son nom l'indique, s'intéresse au fric !
A en croire un article publié le 19 juin dernier, les "maires des petites villes" aussi...

... à lire par ici.

Revendiquer 49% d'augmentation, ça classe, ça met tout de suite dans la catégorie "manager", celle de ces patrons de grosses boîtes qui vont mégoter 0,5% d'augmentation à leur piétaille salariée tout en s'autorisant des retraites-chapeau décoiffantes ou des rétributions de quelques SMIC... à l'heure.

Par ailleurs, le 9 avril 2019, les 8 organisations syndicales et associations de retraités réunies dans l'intersyndicale de l'Allier envoyaient à  297 mairies du département ce courrier électronique :



Madame la maire, Monsieur le maire,
Vous n'êtes pas sans savoir la difficulté dans laquelle beaucoup de retraités se trouvent face au renchérissement du coût de la vie, comme à bien des aléas de la vie d'aujourd'hui.
La dégradation continue de leur sort constatée depuis des années réunit sur les mêmes bases revendicatives un nombre important d'organisations syndicales et d'associations de retraités. Le "groupe des 9" constitué au niveau national se retrouve dans l'Allier formé par huit organisations représentant un large éventail de sensibilités et d'orientations.
Unies par-delà leurs différences elles vont à nouveaux être ensemble dans les rassemblements du 11 avril prochain ; et c'est dans le cadre de cette initiative du "Printemps des retraités" qu'elles sollicitent votre soutien à leurs revendications.
C'est tout l'objet du courrier que vous trouverez en pièce jointe à ce message.


Merci de l'attention que vous porterez à notre sollicitation et du soutien que vous nous apporterez.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, Madame la Maire, l’assurance de nos plus sincères salutations républicaines.

avec ce courrier joint :
"Monsieur le Maire, Madame la Maire,
Nos 8 organisations prennent la liberté de s’adresser à vous pour attirer votre attention sur la situation particulière faite aux personnes retraitées.
Nos 8 organisations travaillent ensemble depuis maintenant 5 ans sur différents projets et, malgré des orientations et des parcours différents, nous nous retrouvons sur la défense de la situation de celles et ceux qui représentent un quart de la population de ce pays.
Vous n’ignorez pas que depuis 2013, aucune revalorisation des pensions n’a été décidée par les pouvoirs publics qui se sont succédé, si l’on excepte quelques mesures symboliques. L’indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires a conduit à une paupérisation des retraités.
Cette attitude des gouvernements qui se sont succédé, couplée avec d’autres décisions (suppression de la 1/2 part, imposition des majorations familiales, création de la taxe de 0,3% sur les retraites…) et dernièrement, la hausse de la CSG, aboutit à un constat partagé et confirmé par le Conseil d’Orientation des Retraites, l’INSEE, etc. : le pouvoir d’achat des retraités est en chute libre.
Jamais, depuis des décennies, une catégorie aussi substantielle de la société française n’avait fait l’objet d’une telle attaque frontale. Plus d’un million des 17 millions de retraités sont des retraités pauvres.
Les autres voient, chaque année, leur situation se détériorer.
A cette donnée économique s’ajoute le sentiment que les retraités sont rejetés aux marges de la société. Vous aurez d’ailleurs remarqué qu’il n’existe aucun secrétariat d’Etat en charge de la situation des retraités et des personnes âgées. Il est par ailleurs très difficile d’être reçu dans les ministères traitant de notre situation, à telle enseigne que Mme Buzyn ne nous a reçu qu’une seule fois depuis le début de son ministère et le président de la République, comme le Premier Ministre, pas une seule fois.
Le mépris affiché de certains hommes et femmes politiques, les commentaires défavorables de certains médias, donnent à penser que les retraités sont trop couteux, trop riches, trop nombreux, voire égoïstes et renfermés sur eux-mêmes (alors que la retraite est un droit acquis par des années de cotisations, pendant leur activité professionnelle).
Or, rien n’est plus faux : dans la mesure de leurs moyens et de leur temps, nonobstant leurs choix personnels familiaux ou autres, les retraités constituent une part active de la population, intégrée dans la société et les structures locales de la République, à commencer par les communes :
- Ils siègent dans les instances associatives,
- Ils participent aux actions de prévention,
- Ils participent à la vie politique locale : conseils, municipaux, départementaux, quand ils n’assument pas eux-mêmes des fonctions de maire.
Nos organisations n’acceptent pas qu’on leur dise, en substance, vous êtes des « nantis », vous êtes trop nombreux, bref, vous coutez trop cher.
Quels bénéfices, au plan social, au plan économique et au plan humain peut-on tirer de telles accusations ?
Au plan social, les retraités représentent 25% de la population et 30% du corps électoral. Comment expliquer à ces électeurs qu’on préservera leur pouvoir d’achat et faire le contraire ?
Au plan économique, leurs activités bénévoles ont été estimées à un demi-point de PIB. Quel intérêt y a-t-il à appauvrir 17 millions de personnes dans une économie qui repose essentiellement sur la consommation intérieure ?
Au plan humain, on les désigne comme la génération du « baby-boom » oubliant que la démographie a été encouragée après la guerre par une politique nataliste afin de reconstruire le pays, oubliant que les « 30 glorieuses » ne l’ont été que pour les grands groupes qui ont pu renaître ou se constituer pendant cette période, oubliant que les salaires progressaient au rythme de l’inflation, oubliant qu’il a fallu des décennies pour que les revenus des retraités rattrapent ceux des actifs, oubliant enfin que la génération actuelle de retraités sera la première à devoir s’occuper à la fois de leurs parents et de leurs enfants, voire petits-enfants.
Dès lors, le malaise s’installe.
Peut-on à la fois critiquer les retraités, les solliciter toujours plus au portefeuille et trouver normal qu’ils se dévouent sans compter dans les collectivités ? Peut-on, comme le président MACRON, leur dire qu’ils sont une part indispensable de la société et leur retirer, petit-à-petit, les moyens de leur autonomie, qu’ils consacrent en partie aux activités collectives, la commune, le village, le canton, la ville ?
Les retraités ont largement été impliqués dans les gilets jaunes, ce qui n’a surpris que ceux qui ne connaissent pas les liens associatifs, militants, de solidarité, qui lient les populations locales. Les retraités sont souvent les premiers à établir ces chaînes d’entraide, avec ou sans gilets jaunes.
Nos 8 organisations ont donc décidé de vous solliciter en vous demandant de signer ou de faire voter la motion-pétition jointe. Nous savons que les maires sont en 1ère ligne pour la défense de leurs administrés, pour la défense des services publics locaux et qu’ils se soucient des plus anciens. Car si la suppression des services publics locaux affecte toute la population, c’est encore plus vrai pour les retraités, en particulier pour ce qui touche l’accès aux soins et la proximité des EHPAD.
De même, nous avons décidé de solliciter les présidents et vice-présidents de l’Assemblée des maires de France pour leur demander de faciliter nos démarches.
Dans l’attente du soutien que votre conseil municipal peut nous apporter en adoptant le texte que nous vous proposons ou tout autre en soutien à nos revendications à votre convenance, nous vous remercions de l’accueil que vous réserverez à notre sollicitation.
Merci de bien vouloir nous communiquer à l’adresse électronique de l’Intersyndicale de l’Allier votre soutien à notre mobilisation (Intersyndicale.groupe.des.9.03@gmail.com ).
Certains que vous comprendrez la colère et la détermination qui nous animent, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, Madame la Maire, l’assurance de nos sincères salutations républicaines.
UCR-CGT
UCR-FO
UNIR CFE-CGC
FSU
LSR
FGR-FP
Ensemble & Solidaires - UNRPA
ADRA-03

& cette motion jointe :
Motion de soutien 
à la population retraitée

Nous, élus de la (commune) (de la ville de) dénonçons la situation faite à la population retraitée du fait de :
la quasi non-revalorisation des pensions depuis 6 ans,
la hausse de 25% du montant de la contribution sociale généralisée (CSG) pour des millions de retraités,
Cette situation contribue à l’appauvrissement de la population âgée, ce qui entraîne notamment une hausse des demandes d’aide auprès de (la ville) (commune de) et réduit les capacités d’action des retraités en faveur des activités bénévoles au bénéfice de la collectivité.
Nous demandons la prise de mesures d’urgence (hausse des pensions) en faveur de l’ensemble des 17 millions de retraités.


Le maire de ……
Le conseil municipal de …….

Nota : Ce texte est une simple suggestion. Naturellement, il est également possible d’évoquer la situation et les difficultés propres à la ville ou la commune.

Combien de réponses à cette sollicitation pensez-vous qu'il arriva deux mois et demi plus tard ?

Cinq!
... guère plus de 1% des maires; de leurs conseils municipaux de l'Allier.
Merci à eux !


49+1=50


50% c'est à peu de chose près la proportion des citoyens qui votent désormais avec leurs pieds en s'abstenant...

mercredi 19 juin 2019

Ça cloque, ça s'écaille...

Les vieilles peintures avaient parfois la fâcheuse habitude de se désolidariser de leur support sans rien dire et de "cloquer"...
Dans un premier temps ça ne se remarque guère, de loin ; mais au premier petit choc c'est fichu, il en part un morceau, tout est défiguré par cet accroc ridicule qui laisse apercevoir ce qu'on avait soigneusement voulu cacher.
La république d'aujourd'hui en est un peu réduite à cet état qui trahit une certaine insalubrité citoyenne révélée au fil des rendez-vous électoraux.
Vue de loin la république est encore rutilante avec un président qui avait commencé par faire de l'ombre à la pyramide du Louvre un soir de printemps 2017. Elle frémit dans les tribunes de ses grands stades qui portent désormais le nom de grands groupes financiers. Elle se pâme devant la réussite de ses industries d'armement qui rivalisent avec les autres grands semeurs de morts d’Amérique ou d'ailleurs. Les autres réussites ne manquent pas... Faites-en la liste.
A propos de liste, avec les municipales en ligne de mire pour l'an prochain, un article d'Annick Berger dans "Capital" peut retenir l'attention :

"LES MAIRES DES PETITES VILLES RÉCLAMENT UNE AUGMENTATION DE 49% DE LEURS INDEMNITÉS
L’Association des petites villes de France (APVF) demande une reconnaissance de la difficulté de la fonction.
Faut-il revaloriser les indemnités des maires des petites communes ? C’est en tout cas ce que demande l’APVF alors que le projet de loi pour améliorer les conditions d’exercice des mandats locaux doit être présenté en juillet. L’Association des petites villes de France dénonce ainsi des "indemnités non seulement très disparates d’un mandat ou d’une commune à l’autre, mais surtout déconnectées de la charge de travail réelle induite". Un sujet sensible alors que le mouvement des "gilets jaunes" a montré la défiance de nombreux Français à l’encontre de certaines catégories d’élus.
Dans ses 10 propositions pour les conditions d’exercice des mandats locaux, l’association estime qu’il n’est pas normal "qu’un maire d’une commune de 9.000 habitants soit rémunéré à hauteur de 2.128 euros par mois […] quand un conseiller départemental d’opposition, sans aucune responsabilité exécutive, est, lui, indemnisé à hauteur d’au moins 2.280 euros par mois". Face à cette situation, l’Association demande que "l’indemnité du Maire soit égale au salaire brut d’un Directeur général des services en fin de carrière", soit 3.172 euros bruts par mois pour les communes entre 2.000 et 9.999 habitants contre 2.128 aujourd’hui."

Qu'en pense l'association des "maires tout court" ? 
... l'association des maires ruraux ?
... l'association des maires des grandes villes ? 
... l'association des maires des villes thermales ?
... l'association des maires de droite de la huitième circonscription de Seine-et-Marne ?
... l'association des maires adjoints délégués à la culture du département des Yvelines ?
... l'association des maires des villes desservies par la ligne b du R.E.R. ?
... l'association des maires des communes girondines périurbaines rurales ?
... l'association des maires des communes de sports d'hiver et d'été de l'Isère ?
... l'association des élus libéraux et indépendants des Hauts-de-Seine ?
... l'association des élus vétérinaires ?
...

Rien à voir avec la peinture qui cloque ? Pas si sûr !
Tout se passe comme si la "politique", tout ce qui touche au gouvernement des affaires publiques à quelque niveau que ce soit, de l'Etat aux communes, s'était détachée de son support, qu'on l'appelle peuple, nation, pays, gens tout simplement.
Quand la moitié des citoyens du pays se désintéresse du choix des couleurs et du pot comme du pinceau, les "politiques" ne sont plus que placage plaqué sur un support sans accroche.

C'est ce qui ressort massivement des réponses de ceux qui ont voté comme de ceux qui n'ont pas voulu ou pas pu : "tous les mêmes", "de toute façon ça ne changera rien", "ah oui, il n'y a que ceux là qu'on n'a pas essayé... alors pourquoi pas...".

C'est ce qui ressort nécessairement dès lors qu'on analyse les résultats d'un scrutin en fonction des catégories sociales, des pauvres ou des modestes, des classes moyennes supérieures, des ruraux ou des urbains... comme si la citoyenneté se mesurait au thermomètre des comptes en banque.

Nier le concept de classe sociale pour le remplacer par des murs de casiers où ranger les uns et les autres en fonction de critères qui les isolent et exacerbent leurs concurrences internes a conduit à ce résultat dramatique qui fait qu'un travailleur pauvre survivant difficilement avec 1000 euros par mois s'insurge plus des "privilèges" d'un bénéficiaire du RSA que de l'indécence des grandes fortunes.
Nier le concept de classe sociale pour le remplacer par l'éloge du communautarisme et de l'individualisme qui fait son meilleur complice a conduit à ce que les travailleurs n'inscrivent plus leur travail dans la dialectique qui le lie au capital, mais plutôt au mérite particulier des uns ou des autres et à la conduite personnelle d'une carrière déconnectée des emplois dès lors qu'elle passe par "l'autoentreprise" ou les boîtes d'intérim...

Au début de ce nouveau siècle un premier ministre socialiste avait affiché l'impuissance de l'Etat face à un industriel "dégraisseur"... Une génération plus tard personne ne s'indigne des gesticulations d'un gouvernement qui brade un grand secteur industriel à  des capitaux étrangers avec la promesse de création de 1000 emplois  jamais tenue, pour ensuite en supprimer plus de 3000 ! Bien sûr, sur place tout le monde s'indigne sur la scène politique, toutes opinions confondues, promoteurs du capitalisme triomphant et opposants confondus ! ... et pendant ce temps là en coulisse, le capital tricote son gilet de profits en baptisant Plan de Sauvegarde de l'Emploi le plan de licenciement de plus de 3000 vraies personnes !

La couche des "politiques" en charge du bien public et celle des "maîtres de forges" d'aujourd'hui se confondent désormais dans ce qu'elles obscurcissent ensemble le ciel des peuples, l'une comme l'autre au seul service "exploitation" qui doit s'interdire les "déficits" pour mieux dégager son profit.
Les uns se chargent de pressurer les services publics pour faire le jus du privé et les autres mettent les peuples de la planète en concurrence autour d'un bol de riz.

Si l'existence des classes sociales persiste, le concept en est comme toujours âprement combattu par la classe dirigeante, et avec d'autant plus de succès aujourd'hui qu'elle en a perturbé la conscience chez ceux qu'elle exploite.
N'est-ce pas cette perte de conscience qui autorise aujourd'hui toutes les constructions politiques hors-sol dont les ressorts ne sont en tension que dans la couche de peinture qui s'écaille. La "grande victoire" des écologistes, les résultats piteux de tant d'autres aux dernières élections l'illustrent bien quand la gauche comme la droite s'étonnent de pertes abyssales au profit des nouvelles têtes de gondole... A bien y réfléchir, c'était un peu comme au supermarché :

  • une quantité pas possible de référence en rayon
  • des produits bien positionnés à hauteur des yeux avec de belles étiquettes promo (et une liste d'ingrédients écrite en si petits caractères qu'elle en est illisible).
  • des produits classés bas de gamme sur le rayon d'en-bas sans qu'on y voit le prix au kilo... de la pitance de pauvre.
  • et puis les bonnes affaires en tête de gondole, un ou deux produits pas plus, c'est le moment d'en profiter... même si au final on le paye plus cher qu'en rayon !

Il y a marché et super marché. Au marché on sait encore ce que c'est qu'un boucher ou un marchand de primeur, comme dans la rue commerçante on prend son pain chez le boulanger et ses sandales chez le marchand de chaussures... 
Dans les allées du centre commercial les rayons sont finalement les mêmes, les travailleurs accessoires des produits... et les comptables devant leurs écrans à l'étage surveillent à la fois la ronde des fourmis travailleuses et le défilé pressé aux tapis des caisses qui fait tourner les roulettes de la machine à sous.
Et pendant ce temps là d'autres vont aux Restos du cœur, les un devant, les autres derrière, les deux ensemble dans le même ailleurs.
Et pendant ce temps là d'autres sont sous les ponts du périphérique vou à faire la manche au feu du carrefour...

Ah oui, j'oubliais ! pendant ce temps là il reste aussi quelques clients chez Fauchon et dans les joailleries de la Place Vendôme... Mais là on ne fait pas la queue en caisse, on encaisse.

Alors, lorsque aujourd'hui les maires réclament aux parlementaires l'augmentation de leurs indemnités, ils se rangent bien dans la catégorie de ces grands dirigeants qui négocient dans l'entre-soi des conseils d'administration le niveau de leur bonus, de leurs stock-options ou de leur "retraite chapeau". Leur république est devenue leur entreprise, TPE pour les petites communes et multinationales pour les grandes métropoles, les ressorts de leur "gouvernance" sont désormais bien voisins, que la peinture soit rose ou bleue, qu'elle soit appliquée au pistolet ou au rouleau, quand elle se décolle c'est le vieux badigeon qui ressort qu'il est urgent de rénover avant que le vert de gris ne s'impose pour empoisonner la démocratie.

lundi 17 juin 2019

Les vieux


n'est-il qu'un seul talent
dans ce gouvernement
qui des vieux plein les yeux
n'en soit pas oublieux
de tout ce qu'il leur doit
plus occupé sans doute
à compter quatre et trois
ce qu'il prétend qu'ils coûtent
prétentieux lamentables
aux vanités rentables
qui ne voient chaque vieux
qu'en fardeau des vivants
pressé les voir gisant
l'âme rendue à dieu
et fortune aux envieux
avec lui saltimbanques
avaricieux des banques

laissez-les vivre vieux
faites-les vivre mieux

leur est compté le temps
de tant d'heures escomptées
de vies escamotées
de tant de biens précieux
bientôt si loin des yeux

Imaginons demain
les jours heureux des vieux
dans la leur notre main
les retenant précieux
pour mieux conter le temps
plutôt que tant compter

samedi 15 juin 2019

Cet homme voit juste

C'est une belle invitation à la réflexion.
Article paru dans L'humanité Dimanche 662 Idées 
Extraits Parution Pierre Serna L'extrême Centre Ou Le Poison Français 1789 2019.

Le soit-disant nouveau monde de la macronie fait montre de bien des stigmates de l'ancien régime ; de la surdité et de l'aveuglement, de l'obsession de l'exclusion de la différence maquillée sous la forme hypocrite de la lutte contre l'extrême droite, cette nouvelle génération réduisant le monde à son petit quant-à-soi, fait chanter petit coq au milieu de sa basse-cour. Dans la campagne bourbonnaise des temps anciens, c'est souvent juché en haut du tas de fumier sorti des étables que le coq chantait fort...
C'est un peu la génération selfie-réseau (dits) sociaux, celle qui réduit le monde à un aréopage de spectateurs béats autour de l'individu déifié dans son totalitarisme d'opérette. Regardez moi, je suis le maître du monde au premier plan de celui qui m'entoure, que ce soit sur fond de Tour Eiffel, du sourire de la Joconde, ou d'une petite poignée de faire-valoir supposés importants... Comme si le génie d'un bâtisseur en fer ou du pinceau s'incarnait désormais dans un "moi" naturellement grandi.
Le "en même temps" de Macron et sa fixette sur l'amputation des extrêmes qui en feraient le pivot d'un édifice aux marges molles n'est pas une nouveauté dans l'histoire ; les faiblesses des démocraties face à l'agonie de la République espagnole, la figuration honteuse des démocraties à Munich face au péril nazi et fasciste... Dans toutes ces circonstance c'est la préservation d'un vieux monde accouchant des monstres qui se jouait.
Aujourd'hui le péril fasciste n'est pas à exclure avec une extrême droite qui ne prend plus guère de masque pour avancer ses idées funestes, mais le ressort le plus fort reste bien l'enjeu du pouvoir du fric dans un régime capitaliste à l'agonie, qui épuise la terre comme les hommes qui la peuplent.
Marx le théorisait déjà fort bien avant que tant de guerres et de catastrophes aussi bien sociales qu'écologiques nous le confirment aujourd'hui.
L'illusion de ce nouveau monde résiste tant que ses mots menteurs ne sont pas détrompés. Ils se prétendent "progressistes" et n'ont de cesse de démolir ce que des décennies de luttes sociales ont arraché de progrès sociaux à la rapacité des maîtres du fric... Services publics, bien commun, santé, éducation, justice sont désormais en proie facile aux prédateurs locataires de salles des coffres.
Ils émettent désormais des "avis de sagesse du gouvernement" quand les parlementaires amendent un texte sans grande conséquence ;  peut-être bien que oui, peut-être bien que non, on n'en sait rien, allez-y comme vous l'entendez... On ne veut pas se fâcher avec le camp du oui, ni "en même temps" avec celui du non... 
Qu'il est brillant intellectuellement cet extrême centre !
La crise d'urticaire des Gilets Jaunes fut une éruption salutaire pour faire prendre conscience de la capacité du pouvoir en place à générer de la conflictualité et de la violence, une opposition irréductible, de celles qui conduisent à l'affrontement dès lors que tous les ressorts du débat démocratique sont verrouillés au seul usage du pouvoir en place : le simulacre du Grand débat, le résultat pitoyable des élections européennes sont autant de signes inquiétants de cette dérive autoritaire dans une voie sans issue pour une démocratie défigurée chaque jour un peu plus.
Et s'il suffisait de cinq années pour rétablir un toit à Notre Dame, j'ai bien peur qu'il en faille beaucoup plus pour que notre République retrouve les "jours heureux" qui mettraient son peuple à l'abri.

lundi 27 mai 2019

Trompe l’œil et théorie du ruissellement

Les résultats des européennes ont conduit dès hier soir à des commentaires et des comportements un peu excessifs ! Entre celui qui gagne et qui revendique une avance sur consommation pour les prochains scrutins et celui qui perd tout en disant qu'il est le seul qui gagne en perdant...il y aurait presque de quoi s'y perdre, et, seule chose certaine, le manque de tenue des échanges sur les plateaux télé, les têtes sont bien malades... Il n'y a plus de débat politique (*) du simple fait qu'il n'y a plus de débat d'idées, remplacé par des postures et des guignolades de marionnettes sur une bande son faite de novlangue fleurissant sur quelques concepts oiseux.
A l'époque des drones, on ne peut pas dire que l’ensemble du personnel politique prenne beaucoup de hauteur.
Pour le reste la gauche en miette perd du terrain, un peu. La droite reste à un niveau fluctuant en fonction des ancrages locaux et l'extrême droite progresse encore un peu, là aussi en fonction de l'ancrage local et de la solidité des forces de droite plus ou moins divisées...
Pour ce qui est des "verts", comme toujours depuis longtemps, cette génération d'apparence spontanée témoigne surtout de l'incurie en matière d'écologie de la plupart des autres formations politiques ; et, au fil du temps on verra, comme par le passé, repartir ailleurs les petits morceaux verts amalgamés pour l'occasion. Et ceci n'altère en rien la sincérité de l'engagement du moment ! 
L'engagement politique est aujourd'hui un produit du marché plus sensible à la séduction que rivé à des convictions, plus attaché à l'image qu'à l'argumentation.
Mais au bout du compte il s'agit surtout d'un jeu d'étiquettes collées sur les boîtes...
L'illusion produite par les identifications aux personnes cache une réalité bien plus simple : le jeu de l'essuie-glace, en place depuis plus de deux siècles continue de fonctionner.
Les courants politiques se font et se défont, autour de noyaux porteurs d'idéologie qui amalgament plus ou moins autour d'eux selon les conjonctures ; et les masses amalgamées sont mobiles, d'autant plus mobiles que les fragments s'amenuisent, tantôt dérivant vers la droite et tantôt glissant vers la gauche. Ne parle-t-on pas de "vagues" dans ces flux et reflux des courants politiques.
Le grand changement de ce nouveau siècle réside plutôt dans la starisation du fait politique ; pour satisfaire aux exigences médiatiques, le casting du jeu politique sélectionne plutôt les "figures séduisantes", plutôt les formats populaires sitcom qu'on fait vendeur avec la cour qui les fait briller. Les cas Sarkozy et Macron sont emblématiques de ce commerce des courants d'opinion sortis des salles des coffres. Même code discursif, même valise de tics, même appétit pour le pilotage à l'émotion... mais n'est pas réalisateur qui veut et ce n'est pas l'ENA qui peuple la montée des marches à Cannes. A force d'aller à la soupe, les politiques d'aujourd'hui font plutôt dans le navet.
Grattez juste un peu l'étiquette de la République en marche et vous allez y retrouver, qui dépasse encore un peu à gauche celle de Bayrou (à portée des deux mangeoires en restant au centre) et celle de la droite bien représentée au gouvernement, et pas qu'à Bercy !
Vous n'avez pas besoin de gratter sous l'étiquette RN pour trouver du même Fhaine tout droit sorti des guerres coloniales, et désormais acoquiné avec la droite de la droite qui ne manque pas d'opportunisme pour flinguer sa propre équipe en passant sur le banc des remplaçants du camp d'à côté, un peu mieux qu'à droite, dans le caniveau... Les indemnités d'élus n'ont pas d'odeur.
Le constat au lendemain du scrutin pourrait être celui de la réussite de la théorie macronienne du ruissellement, non pas dans la perspective d'une répartition des richesses plus équitable, mais plutôt dans la décoloration de l'éventail politique qui fait passer du bleu au bleu marine et au blanc vert de gris, du rose pâle au bleu, du rose au vert et du rouge en miettes...
Contrairement à ce que le macronisme claironne en chœur avec l'extrême droite, les antagonismes d'antan persistent et persisteront toujours tant que le moteur capitaliste empestera l'atmosphère des peuples, et brisant le plus grand nombre pour le confort extravagant de sa petite élite. L'opposition de classe est toujours opérante dans l'analyse de la situation politique ; il suffit de jeter un coup d’œil sur les soutiens financiers des uns et des autres pour s'en convaincre. Bannir les deux mots de droite et de gauche du vocabulaire ne change rien à la chose. Fauchon et les restos du cœur n'ont toujours pas la même clientèle, salle des coffres pour les uns, pendant qu'on coffre les autres qui manifestent... 
Cependant, il ne faudrait pas oublier dans tout ça que les candidats du président de la république et de l'adversaire qu'il s'était choisi pour se mettre en valeur ne recueillent chacun qu'à peu près un suffrage sur dix des citoyens français... Certes c'est beaucoup par rapport aux autres formations qui restent bien loin derrière ; mais c'est bien peu pour fonder la légitimité politique de leur arrogance.
Le constat au lendemain du scrutin des européennes est incontestablement celui d'une crise politique qui s'approfondit encore et dont personne ne peut aujourd'hui imaginer l'issue tant que TOUS les dirigeants politiques regarderont leur petit doigt montrant la lune, court-termismes en mal de mandat.
Pour sauver la démocratie, la République en mal de pensée a besoin de raison, d'esprit, d'intelligence au service du bien public... tout simplement.
Et au lieu de s’époumoner à commenter les sondages qui font l'opinion plus qu'ils ne la décrivent, au lieu de se proclamer pour ou de s'affirmer contre, il devient plus que jamais urgent de chercher à savoir pourquoi, ça suppose une pause réflexive, état des lieux et analyse, établissement de la relation logique des causes et des conséquences, pour que se dessinent les buts à atteindre et que soient déterminés les objectifs assignés à l'action...
Après on aura tout le temps qu'il faut pour crayonner les plans et s'engager dans la reconstruction !
Et, comme disait l'autre "il faut que ce soit fait dans cinq ans !" ?... C'est peut-être possible car il ne s'agit pas de rebâtir une cathédrale, pas plus qu'une chapelle, simplement d'ouvrir la place du débat public, une agora comme disaient les grecs pour faire vivre la citoyenneté politique en chassant les marchands du temple.
Daniel LEVIEUX
27 mai 2019

(*) le clou du spectacle du 26 au soir ne fut-il pas l'arrivée de Tapie servie sur un plateau télé pour vociférer, entre autres propos nauséeux, que le Parti Communiste avait recueilli 29 % des suffrages au sortir de la seconde guerre mondiale pour en être rendu à 2% aujourd'hui...
Effectivement, Pierre Villon, membre du CNR et principal rédacteur du volet économique et social du programme du CNR était communiste et c'est aussi de son parti qu'était issu Ambroise Croizat, ministre de de Gaulle à la Libération. L'Histoire retient que c'est avec lui que s'est construit le modèle de protection sociale aujourd'hui mis en pièce.
Que retiendra l'Histoire de Tapie, sinon son petit talent d'homme "d'affaires" et d'homme politique empêtré dans des histoires de scandales politico-financiers.

A chacun sa gloire !