dimanche 17 septembre 2017

Retraités & actifs, même combat



Il n'est pas inintéressant de relire le texte de la loi du 4 octobre 1941... cette charte du travail n'aurait-elle pas inspiré quelques "réformes" d'actualité ?

vendredi 1 septembre 2017

Par ici la rentrée


Prendre le temps de comprendre pour convaincre et mobiliser... Le besoin d'action devra dépasser le réflexe de la réaction et sortir de 6 mois de foutoir électoral et de son résultat cataclysmique pour la démocratie. Attendre la prochaine échéance en faisant ricocher quelques éclats d'activisme ne suffirait qu'à préparer le prochain tour de vis... Écourter l'expérience Macron : un impératif vital pour le peuple de France.

jeudi 27 juillet 2017

Jupi t’es rien ?

Un article bien tonique du camarade Jean ORTYZ...

à lire et faire lire sans modération sur son blog de l'Huma !

Merci Jean pour ton coup de plume toujours aussi affûté !

En marche... arrière !

Les annonces sont alléchantes ; plus de taxe d'habitation pour 80% des ménages !
Pourquoi pas 50%, 90%, 69,87%... ou même 100 % ?
Le chantre du traitement égal pour tous aux régimes de retraites, met à l'index 20% des plus moins pauvres désormais bien plus riches !
Retour avant 82 et les premières lois e décentralisation. .. les collectivités locales sont à la botte du président qui va décider de leurs ressources au sou près, décidant de supprimer quelques dizaines de milliers de postes de fonctionnaires territoriaux.
Pas utiles les fonctionnaires ? Mais non ? Mais si ! Mais il sera bien plus profitables pour les boîtes à malices de faire tinter la cloche de la machine à sous publique en proposant de tondre les pelouses à moindre coût, d'encadrer les activités périscolaires à meilleur marché, ou même de fermer un guichet au prétexte de la dématérialisation.
Quand à l'autonomie de gestion, on n'en a plus besoin depuis que les cabinets de conseil et d'architecture viennent siphonner les trésoreries pour fournir des idées à des élus qui n'en n'ont plus. Projet un tantinet flatteur, doré sur tranche à la livraison, petites gentillesses au passage, et tous les aménagements de bourgs se ressemblent dans les alignements de pavés, de potelets, les plate bandes de graminées et autres surfaces de béton désactivé ou de sablette qui se fait la malle au premier orage...
A l'ouverture de l'ère Macron, derrière la façade reluisante d'une brochette de bobos dorés, se planquent les turpitudes bien banales depuis des décennies de ces petits arrangements avec la morale et l'éthique pour qui prétend s'occuper de la chose publique histoire de s'en mettre plein les fouilles.
D'un micron élu inéligible à Cahuzac, DSK, les plus petits se croient grands en en partageant les turpitudes, et tant d'autres confondus ou en voie de l'être font qu'un monde politique dégoûtant a dégoûté plus de la moitié des citoyens électeurs lors des dernières échéances électorales.
Et ceux qui sont élus, sitôt installés ont vite oublié l'étroitesse de leur assise et la fragilité de la légitimité de leur mandat.
Alors qu'à quelques jours d'intervalle on annonce la réduction des APL de 5 € par mois en même temps qu'on aligne les biftons pour financer les OPEX à coup de milliards avec une belle mise en scène d'un changement de dieu de la guerre en chef... La guerre, ça coûte cher... et il arrive même que des hommes en meurent.
... Qu'on révèle que la bien mal nommée ministre du travail voit révélée son beau coup de bourse chez Danone quand on les statistiques du chômage sont présentée tronquées pour planquer la hausse constante du travail précaire et des situations de misère.
... Qu'on assiste au spectacle affligeant offert par les nouveaux parlementaires "en marche" qui ne disent rien sinon Amen à leur demi-dieu et qui se prétendent en apprentissage, découvrant des déficits laissés traîtreusement par un précédent gouvernement qui avait quand même vu un certain Macron ministre de l'économie à Bercy, et tant d'autres bien placés pour savoir puisqu'ils creusaient en marchant...
Tous autant qu'ils sont, ils nous prennent pour des cons.
Qu'ils se rassurent, nous ne jouons pas dans la même cour et leurs parties de poker menteur n'intéressent plus personne.
C'est dans la rue qu'il va falloir leur apprendre la marche arrière, et la porte de la sortie. La démocratie est à regagner, la République à refonder, et ça passera nécessairement par la mise au pas des puissances d'argent et des marionnettes qui les servent.

vendredi 30 juin 2017

écrits vains

L'épisode de la turbulence électorale s'achève...
Les cartes rebattues, les jeux sont faits, et la mise est raflée.
Au petit casino des politiques, les machines à sous et les tables de jeu ont changé, ou tout au moins leur apparence. 
Les uns sont devenus les autres, mais comme un peu de prudence ne nuit pas pour qui veut garder sa place, certains jouent à la fois gagnant et placé !
C'est ainsi qu'en macronie, les républicains sont bifaces, les uns "macron compatibles" sont majoritairement dans l'opposition et opposants  majoritaires ; quant aux autres, en charge du viager sarkoziste, ils vont faire le bruit qu'il faut pour laver plus blanc que blanc dès qu'il va être question de dépecer le code du travail ou d'incinérer l’impôt sur la fortune.
En macronie toujours les socialistes ont fait naufrage et le peu qui reste a embarqué dans trois chaloupes de sauvetage promises au sort du radeau de la Méduse. Les plus "macron compatibles" qui n'ont pas pu se faire une place dans la belle aventure clament haut et fort qu'il font confiance au président... précaution pour le coup d'après ! certains entretiennent l'illusion de leur existence en cultivant la friche de l'arrangement consensuel, il faut s'abstenir pour l'instant et attendre pour voir... Quant à la troisième escouade, ses baroudeurs de salons moulinent à gauche comme autant de Don Quichotte guerroyant contre les moulins à vent.
Du côté des plus rebelles à la dérive monarchique et libérale du fric au pouvoir le modèle ne diffère guère, tout semble joué pour que soit consommée la fin d'un régime démocratique dans lequel le pouvoir émane du peuple et de ses débats pour s'abandonner aux adorations concurrentes du grand bal des égos.
Le paysage politique n'est plus fait que de personnages convaincus que leur personne les a faits ce qu'ils deviennent perchés sur leur piédestal. 
Plus d'organisations ni de militants, plus de camarades, mais des amis... Les  réseaux dits "sociaux" alimentent des cohortes de zombis parmi lesquels, prétention et ambition aidant, les prétendants n'ont plus qu'à se présenter au casting des investitures. Le modèle funeste de l'entreprise et de ses job-datings fonctionne à plein. Les candidatures viennent des individus en quête d'aura dans des mouvements de foule portés par les envolées des prophètes ou de leurs apôtres, Serions nous revenus aux temps moyenâgeux des religions ? 
La démocratie représentative avait d'autre fondements que le service des ambitions personnelles ; elle faisait émaner les candidatures des débats dans des organisations qui en faisaient les porte-parole, porte-drapeau, porte-voix d'un corpus idéologique bien identifié et sur lequel l'action politique était sensée mobiliser les électeurs.
Aujourd'hui la vie politique se réduit à des phénomènes de courtisanerie et, revenus au temps des privilèges, il est glorieux d'être invité au petit lever ou au coucher du prince, selphy à la clé et identification glorieuse dans la liste des amis sur facebook, sans que l'on sache jamais sur quelles idées se retrouver, découpage territorial ou concession autoroutière.
Macron préexistait à sa présidence, du petit municipal jusqu'à la rue Saint Honoré.
Pas de surprise.
En vérité je vous le dis... Macron président devant les parlementaires (bien mal nommés lorsqu'ils sont muets par principe en Congrès sous les ors de Versailles) leur délivre ses évangiles sans qu'aucun n'en dise mot en auditeurs captifs. Sortis de là ils devront dire amen au premier thuriféraire dès demain.
Dans sa constitution de l'an VIII Napoléon Bonaparte avait donné au Tribunat la mission de la discussion des lois sans les voter... et au Corps Législatif celle de les voter, sans les discuter.
Seront nous dans une configuration bien différente sous l'ère Macron quand trente douzaines d'obligés ayant fait vœu d'obéissance vont approuver des textes rédigés par l'exécutif ?
La République dans tout ça ? Elle existe encore, mais ailleurs, dans les catacombes de l'abstention, où la foule se presse de plus en plus nombreuse pour échapper au vacarme indécent d'une politique spectacle qui ne fait que rejouer sans cesse la même tragi-comédie du pouvoir, changeant de casting de temps en temps, et ne faisant relâche que pour un mondial de foot ou des JO...

L'abstention n'est-elle pas une manifestation citoyenne ?

mardi 20 juin 2017

10 de der.

Retraité(e) ou personne âgée ?
… chronique de la mort de la SECU.

Il ne s’agit pas d’ergoter sur les mots, et la question n’est pas celle d’un marchand de virgule ; elle pointe un choix idéologique de grande importance dans une orientation politique en marche héritée des dernières décennies pour en parachever le désastre.

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » ou « Chacun pour soi », telle est la question !

La retraite fait référence à un passé de vie au travail et fait le lien entre celui qui travaille et celui qui a travaillé, le premier contribuant à la subsistance du second. C’est tout le sens de la solidarité intergénérationnelle des conquêtes sociales héritée de l’après-guerre. La pension de retraite financée sur les cotisations salariales employés et employeurs n’est autre qu’un salaire socialisé (plutôt que différé) qui, comme toutes les cotisations sociales, doit supporter le renouvellement de la force de travail fournie à l’employeur.

Quant à elle, la « personne âgée », elle n’est autre que celle qui naquit trois générations plus tôt avant de passer par le temps de sa jeunesse puis de sa « force de l’âge » au travail, ou désormais, d’emploi précaire en galères, ou assigné à résidence chez Pôle Emploi...

Là il n’est question que de la situation de la personne sur la frise chronologique de son temps et de sa position au vu de la logique économique du marché.
·         Le jeune coûte par l’attention qu’il demande à ses parents adultes et qui pour un temps les détourne d’une activité productrice directe. Il coûte aussi beaucoup par la formation qu’on lui consent pour qu’il devienne force de production.
·         L’adulte coûte par la rémunération de sa force de travail dès lors qu’on la sollicite dans la durée pour exploiter son expertise (l’esclavage évacuait cette contrainte de l’employeur qui faisait du travailleur jetable renouvelé dans une économie de cueillette). L’adulte coûte aussi du fait de ses « pannes » d’accident, de maladie ou d’inaptitude.
·         La personne âgée représente un coût encore plus important dès lors qu’on la considère comme sortie de la sphère utile à la production mais que sa vie devenant parfois plus difficile exige plus de moyens pour faire face à la perte de son potentiel.

D’où la création depuis quelques temps d’une catégorie supplémentaire qui n’est pas sortie du chapeau des démographes constatant l’augmentation du vieillissement des populations, celui d’un quatrième âge avec le temps de la perte d’autonomie. Les personnes âgées dépendantes existaient aussi par le passé. Leur prise en charge était différente dans une société dont le fonctionnement intergénérationnel était différent.
Dans le modèle actuel qui confine l’action publique dans la parenthèse du présent, les plus jeunes, comme les personnes âgées, et à fortiori encore plus celles qui ont perdu de leur autonomie, deviennent des charges pour la société qui doit financer leur subsistance à minima.
De la même façon, dans la sphère des activités productives, la rémunération du travail est désormais largement déconnectée de la valeur des produits qu’elle génère comme de la qualification de ses producteurs. Dans ce modèle économique, ce n’est qu’après que les activités productives de biens ou de services aient rémunéré grassement les actionnaires que, s’il en reste, on va devoir arbitrer les choix budgétaires des dépenses sociales sur des recettes fiscales de plus en plus inégalement perçues et en évacuant peu à peu la part des recettes de cotisations sociales.
Dès lors l’âge et le grand âge représentent des fardeaux pour la société. Au prétexte de les responsabiliser, les vieux sont désormais invités à contribuer à la charge qu’ils représentent. Ils ne sont plus que des parts de marché où vont se cultiver les profits des résidences seniors, des produits et activités spécifiques ou des services à la personne… Ce glissement vers la marchandisation de la vieillesse accompagne la dérive de la protection sociale dans le système assuranciel, éclatant la société solidaire en collections d’individus catégorisés en fonction de leurs ressources… aux unes les « sénioriales », à d’autres le dépaysement au Portugal ou au Maroc, et pour la grande majorité la galère de campagnes désertées par les services publics (et les services tout court) et les quartiers urbains tout aussi abandonnés.

Les années d’activité et de luttes syndicales des adhérents de la FGRFP ont été plus souvent jalonnées d’action pour la « défense d’acquis sociaux » que pour la conquête de nouveaux droits.
Aujourd’hui la priorité syndicale reste malheureusement aussi calée sur la défense d’acquis malmenés dans une situation qui ne cesse de se dégrader. De ce fait la communauté d’intérêt des actifs et des retraités rend primordiale l’établissement d’une plateforme revendicative globale pour déjouer tous les pièges de réformes d’emplâtres sur jambes de bois masquant l’amputation des droits. La détermination de nouveaux droits dans un monde qui change (et qui ne doit pas changer qu’au profit de quelques-uns !) n’en reste pas moins le premier pilier de l’action syndicale et qui justifie tout autant la liaison entre actifs et retraités pour discuter, temps et conditions de travail, rémunération et protection sociale, etc. face à des pouvoirs successifs qui n’ont de cesse de se plier aux règles de l’économie de marché qui fonde le profit de quelques-uns aujourd’hui sur la misère du plus grand nombre demain.


Et surtout avant tout faudra-t-il déjouer le piège d’une participation consensuelle à l’établissement d’un cadre institutionnel qui détermine des orientations contraires à nos mandats, à nos principes comme à nos convictions.


Le cadre de la FGRFP, de par la diversité de ses composantes, peut être le lieu d’une approche fédérative dans la riposte aux mesures qui se profilent pour les retraités comme pour les actifs.

Mais il est vrai que pour beaucoup mieux vaut voir les vieux au thé dansant ou au concours de belote que manifestant dans la rue.

jeudi 4 mai 2017

Avant le jour d'après

Un débat ?
Pas vraiment, plutôt un affrontement confus et parfois violent entre deux rictus mis en scène...
L'arbitrage journalistique étant presque absent, un peu dépassé, réduit à l'annonce de thèmes sitôt abandonnés dans des digressions accessoires, les deux personnages en scène se sont affrontés en personnes, un peu comme deux petites frappes dans un coin de cour de récréation avec quelques saillies verbales sensées déclencher les hourras de leurs partisans respectifs.
A ce petit jeu l'un et l'autre sont restés calés dans le rôle que les sondages leur ont assigné : l'un tranquille, confiant et déterminé, l'autre fébrile et déjà dans son costume d'opposante.

Dans tout ça les contenus des projets étaient bien accessoires, et bien malin qui peut en détailler les grands traits après qu'on en ait juste aperçu quelques titres au passage - un peu comme à travers la vitre du TGV-, images fugaces en pièces de puzzle éparpillées sur le flou d'un fond indistinct.

Les postures, à défaut d'argumentaires de fond, ne rassurent pas sur la capacité présidentielle, la présidentialité comme ils disent. Et de ce fait l'affiche de second tour signe aussi la vanité d'une fonction dont l'exercice sera, malgré tout contraint pas le résultat de l'élection législative à venir.
Marine Le Pen ne s'est pas départie de tous les stigmates de l'extrême droite ancestrale qui l'a faite et du coup elle a mis en valeur son concurrent du jour qui n'en demandait pas tant et qui a plus souvent réagi à l'invective que véritablement déployé son projet resté flou. Emmanuel Macron en sort gagnant.

Mais le respect du peuple des électeurs n'était guère de mise, chacun enfermé dans un "je" aussi étriqué que leur capacité à convaincre pour faire l'alchimie du rassemblement et passer de 20 à 50% plus une voix dimanche prochain !

Le mirage "démocratique" des élections dites "primaires" s'est bien vite évanoui pour que s'organise en urgence la maîtrise difficile du chaos qui en résulte.

Et si, de la même façon l'élection présidentielle de cette année présageait de la fin d'une République malmenée, accaparée, amputée et qui n'en peut plus de survivre au profit d'intérêts particuliers dynamitant sa devise... Et si les prochaines législatives faisaient avancer en scène la perspective d'une nouvelle République qui remette des choses derrière les mots, la liberté et non le libéralisme, l'égalité et non pas celle des chances, la fraternité et non la charité, la justice et la paix...

La 6ème République, une belle utopie à mettre en musique dans le concert des urnes en empruntant la rue.

mercredi 3 mai 2017

NI NI

Ni Marine, Ni Le Pen !

Le titre du Canard Enchaîné de cette semaine est bien plaisant !
Et il dit bien la préoccupation largement majoritaire dans le pays.

La peur grandit au fil des jours dans toutes les couches de la population ; pas une discussion n'y échappe, avec toujours en guise de clé, un "et toi qu'est-ce que t'en penses ?"...
De sentir du Le Pen sur le trottoir d'en face, à la porte de l'Elysée, c'est la hantise...
Pour les plus vieux c'est la hantise de voir resurgir la bête immonde, celle des ligues factieuses des années 30 qui ont accouché quelques années plus tard des collabos pétainistes, celle des factieux de l'OAS, racistes convaincus toujours prêts à liquider du "bougnoul", celle de l'Action Française ou de l'Oeuvre Françaises, souvent catholiques intégristes, nostalgiques de Pétain avec son antisémitisme qui avec d'autres groupuscules comme les identitaires ont infiltré le Front National, résistant toujours avec le père à la soi-disant dédiabolisation de la fille... Tout ce beau monde ouvertement affiché aujourd'hui dans la nébuleuse de "la manif pour tous" ou "sens commun" fait le trait d'union avec la droite de Fillon.

Le schéma publié sur le site antifasciste de La Horde donne un aperçu de cette galaxie dont l'opération Marine voudrait masquer la dangerosité pour la démocratie.

En 1933 en Allemagne, Hitler avait été ELU chancelier... Plus tard en France, le 10 juillet 1940, après que 61 parlementaires communistes aient été déchus de leur mandat, parmi les autres qui restaient il n'étaient plus que 80 à refuser les pleins pouvoirs à Pétain contre 569...
C'est aussi au terme d'élections que la Hongrie a fait de Orban son premier ministre...

Pour les plus jeunes, la violence, le repli identitaire, la xénophobie, l'islamophobie érigée en dogme, l'homophobie de l'extrême droite... sont autant de justification de craintes légitimes à voir les troupes de Le Pen s'approcher du pouvoir.
Le conte populaire du Petit Chaperon Rouge repris par Charles Perrault illustrerait assez bien la chose.

L'inquiétude est grande et masque trop souvent la compréhension du phénomène qui fait si bien prospérer la chose, au point qu'aujourd'hui il se trouverait des électeurs de Le Pen jusque chez les enseignants de l'école publique... avec un raisonnement éclairant la pénurie neuronale limité à un "pourquoi pas l'essayer ?" ???
Tout ce qui a nourri la crise dans ses trois dimensions, économique, sociale et politique, marquée par un émiettement de tout ce qui fait société dans ces trois domaines, conduit naturellement à valider la présence de "l'autre" dans le carré final du 2ème tour de l'élection présidentielle.

Or chaque ligne du dogme frontiste fondé sur la théorie du bouc émissaire jette dans la gueule du loup les pauvres bougres aveuglés par l'enfumage des politiques libérales et qui mettent "tous les autres dans le même panier"...
Le FN a une vision du pouvoir "plébiscitaire" dans un régime personnel autoritaire, très centralisé, à la manière "bonapartiste" ; mais il se garde bien de se présenter comme tel, planqué sous sa couverture du "peuple" de ses sujets.
Le confusionnisme est aussi un puissant moteur de la soit-disant respectabilité de l'extrême droite.

Et face à cela, dans l'éventail du premier tour la proposition politique de Mélenchon était bien la seule à résolument s'attaquer aux causes de cette dérive mortifère vers le centre et la droite, et de la droite vers l'extrême droite de l'opinion française.

Alors que certains s'inquiètent d'une "indécision coupable" de la France Insoumise relève du procès d'intention pour qui ne sait faire que chien crevé au fil de l'eau et proposer de voter, quinquennat après quinquennat de ne voter que contre, pour le moindre mal ou plus exactement pour le "moindre droite".

Jusqu'à preuve du contraire, effet cliquet à la clé, jamais jusqu'à présent cette solution n'a produit d'autres effets que la progression du front de la haine alimenté par les déception, les rancœur, les amertumes et les désenchantement consécutifs au promesses non tenues, aux renoncements et aux trahisons, petites ou grandes qui ont émaillé le paysage politique de ces dernières décennies.

Alors aujourd'hui, tous les moyens sont bons pour dire une fois pour toutes Ni Marine, Ni Le Pen et pour que sorte des urnes du 7 mai la rumeur puissante du rassemblement exigeant la reconquête de la République. Et pour cela Paris compte au moins trois places emblématiques dont il va falloir fouler les pavés, La Bastille, La Nation et la République.



lundi 1 mai 2017

Macron ?

Quelle pitrerie que le discours d'Emmanuel Macron cet après-midi !
Assis-debout, assis-debout... c'est comme à la messe toutes les deux minutes il faut un mouvement de foule appelée à se lever et à scander quelque slogan pour ponctuer le laborieux exploit du "tribun". Il lui faut bien ces intermèdes distrayant la caméra du pupitre pour recaler son regard sur ses notes. Un discours mal écrit et mal lu... Quel spectacle pitoyable que cette litanie de redites redites et redites de phrases creuses, sans contenu ni construction.
L'exercice serait édifiant de l'interrogation des auditeurs sur les thèmes abordés par l'orateur et de ce qu'ils retiennent de leurs articulation dans une argumentation dont il faudrait retrouver l'architecture...
Pas facile !
Ce qu'on en retient par contre aisément, passé le manque de sincérité et l'embarras permanent d'un personnage qui habite bien difficilement son costume de candidat, qui ne sait que brailler pour susciter de l'assentiment comme le feraient quelques supporters s'échauffant eux-mêmes derrière la main courante d'un match de foot opposant deux équipes de gamins.
Il singe tous les tics de Sarkozy, la tension des lèvres, le regard et les hochements de tête qui respirent le manque d'assurance, les mouvements d'épaules et l'agitation des mains, comme s'il suffisait d'accaparer le regard pour toucher l'esprit...
Erigé en sauveur suprême de la République, en rempart contre la guerre civile,.. rien que ça !
Des annonces claires sur ses intentions, il en est quelques unes qui le positionnent bien, quand il fait référence à la poursuite de l'action du ministre Le Drian, dans la ligne de l'interventionnisme militaire en opérations extérieures et le tout sécuritaire à l'intérieur.
Idem concernant ses ambitions pour "alléger le coût du travail" et le code du travail...


Quelques phrases floues laissent à chacun le loisir de penser qu'il en sort gagnant... A y regarder de plus près, c'est autre chose.

Le journal l'Humanité en avait décrypté quelques points éclairants :


" Dans la brochure de 32 pages que les militants vêtus de chasubles floquées « En Marche » distribuent sur les marchés dans le cadre de la campagne électorale, Emmanuel Macron écrit qu’il veut « Une France qui se libère, pour ne plus être bloquée par des règles devenues obsolètes». Voilà qui est suffisamment flou pour que chacun l’interprète comme il l’entend. La brochure nous dit aussi que « ce programme a été construit avec plus de 30 b000 Françaises et Français de tous milieux sociaux et de tous âges, dans tous les territoires de France, au cours de 3 000 ateliers de nos comités locaux. Ils ont enrichi le travail de plus de 500 experts qui on donné de leur temps et de leur expérience ». Fort de toutes ces informations, il convient d’analyser ce que propose vraiment le candidat Macron.



Cela démarre en page 6 avec ce titre : « Bien vivre de son travail et inventer de nouvelles protections », à quoi s’ajoutent sept propositions en page 7. La première est ainsi rédigée : « Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500€ supplémentaires nets par an pour un salaire de 2.200€ nets par mois !», nous dit la brochure avec un point d’exclamation. A supposer qu’il s’agisse de 480€ de plus pour un tel salaire, cela ne fait que 40€ par mois  sur un salaire net de 2 200€. Mais comme cette hausse ne coûte rien aux employeurs, ce sont les cotisations des salariés versées pour la Sécurité sociale, les caisses de retraite et l’indemnisation du chômage qui diminuent. Ce qui ne peut qu’augmenter leur déficit et conduire la Sécu à moins rembourser les soins, les caisses de retraite à bloquer ou diminuer les pensions, l’UDEDIC à moins indemniser le chômage. A ce propos, la cinquième proposition de Macron nous indique que « l’insuffisance des efforts de recherche d’emploi ou le refus d’offres raisonnables entraîneront la suspension des allocations » aux demandeurs d’emploi. Voilà qui ouvre la porte à tous les abus pour rayer les chômeurs inscrits à Pôle emploi. La seconde proposition de Macron nous indique que « tous les smicards qui bénéficient de la prime d’activité toucheront par exemple l’équivalent d’un 13ème mois de salaire, soit 100€  nets de plus chaque mois ». Là encore, ce ne sont pas les patrons qui vont payer mais l’Etat avec l’argent des impôts que nous payons tous de diverses façons à commencer par la TVA sur tout ce que nous achetons.



Avec Macron c’est tout pour les patrons



En passant de la page 7 à la page 9 du programme d’En Marche, le point numéro 2 nous confirme que se sont bien les patrons qui seront le seuls gagnants de cette politique. Titré « nous réduirons le coût du travail », ce paragraphe est ainsi rédigé : « Nous aiderons les entreprises à embaucher en baissant les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE, et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseront près de 1 800€ par an et par salarié au SMIC, 2 200€ par an pour un salarié payé 3 000€ bruts par mois». La brochure ne le dit pas, mais Macron veut augmenter la CSG des salariés et des retraités qui perçoivent plus que des bas salaires et des petites pensions pour rendre un peu de pouvoir d’achat aux salariés de bas de l’échelle comme aux petites retraites. Car à la fin c’est toujours le patronat qui gagne. En page 7, sur un salaire payé au SMIC, Macron baisse les cotisations du salarié afin qu’il perçoive 100€ de plus par mois en salaire net, mais en cotisant moins pour la santé, la retraite et le chômage. En page 9, nous apprenons que le patron économisera 150€ par mois sur ce même salaire payé au SMIC bien que le net soit en hausse de 100€ par mois. Comme si cela ne suffisait pas, la page 11 nous indique ceci : «  Nous baisserons l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% pour rejoindre la moyenne européenne. … ».



Le contre exemple suédois pour les retraites



Si on voulait faire disparaître  la Sécurité sociale, la retraite par répartition  t l’indemnisation des chômeurs qui perdent leur emploi dans une société de plus en plus précaire, on ne s’y prendrait pas autrement. En page 13, la brochure éditée par l’équipe d’Emmanuel Macron dit d’une part « nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions ». Mais, en trois lignes, au dessus de cette affirmation l’ambition de Macron est ainsi rédigée : « Un système universel  avec des règles communes de calcul des pensions sera progressivement mis en place. Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite. Avec un principe d’égalité : pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous ». Comment faut-il interpréter ce dispositif qui s’apparenterait au système suédois ? Hier soir, au journal de 20 heures sur France 2, un reportage était consacré à ce qu’est aujourd’hui le système de retraite en Suède. On est passé du calcul des pensions sur toute la carrière au lieu des quinze meilleures années. Et les pensions ne cessent de diminuer depuis, surtout pour les gens qui ont connu de longue périodes de précarité. En France aussi, le passage du calcul sur les 25 meilleures années au lieu des10 meilleures années a fait diminuer les pensions, suit à la réforme Balladur de 1993. En Suède, partir en retraite à 61 ans ne donne aujourd’hui qu’une pension égale à 50% du salaire. Il faut travailler jusqu’à 67 ans pour espérer percevoir en retraite 70% de son salaire. Entre 2010 et 2014, les pensions de retraite ont diminué de 60€ par mois en Suède.



Avant de se laisser séduire par l’arnaque du siècle, mieux vaut donc lire attentivement ce que propose le candidat Macron."



Et comme ça va mieux en le disant,

Le Pen ? JAMAIS ! JAMAIS ! JAMAIS !  


dimanche 30 avril 2017

Ca va bien en le disant.


Avec Jean-Luc Mélenchon, on ne parle pas pour ne rien dire.

Il n'a pas manqué de clarté dans ses réponses comme dans son analyse de la situation.


  • Ne pas confondre les deux échéances électorales...
  • Respecter des appréciations différentes sur la réponse à apporter au choix du second tour mais qui portent TOUTES le même REFUS IMPERATIF du vote Le Pen...
  • Bien caractériser  l'enjeu des législatives avec la formation d'une opposition majoritaire au projet libéral de Macron en faisant fructifier le score du premier tour des présidentielles et en fédérant toutes les forces résistantes à la dérive droitière amplifiée sous le quinquennat Hollande, en particulier avec le ministère Macron...
La difficulté et l'embarras de beaucoup d'électeurs de gauche s'explique aisément en observant le choix qui leur est offert.

Que préférer de la cause ou de ses effets ?
Impossible de trancher tel dilemme puisque l'un ne va pas sans l'autre.

Et, dans le ticket Macron / Le Pen, il n'est pas très difficile de lire dans les projets dits "progressistes" de Macron toutes les recettes libérales chérie des patrons et des financiers qui vont précipiter dans les bras de l'extrême droite les punis du libéralisme qui ont déjà fait l'expérience depuis des années et des années, ou dans le moins pire des cas dans l'abstention.
C'est d'ailleurs la réflexion de celles et ceux qui s'interrogent sur le risque de victoire du FN en venant sur le choix du vote Macron "pour faire barrage"... Ceux-là assortissent souvent leur réflexion d'une projection plus inquiétante encore à l'échéance de 2022.

En prenant un peu de hauteur, le véritable enjeu se dessine bien dans l'échéance législative dont la nature a été complètement pervertie par l'inversion du calendrier de 2002 sous Jospin. Aujourd'hui les partisans de Macron envisagent les législatives comme la confirmation naturelle des présidentielle, confondant des pouvoirs que la constitution sépare bien heureusement, le législatif et l'exécutif. Le président préside et son gouvernement gouverne à l'exécution de la loi... Et le législateur légifère !
Certes depuis des années et avec la présidentialisation qui s'est accélérée -cf. des godillots du grand Charles- les députés se laissent souvent dicter la loi par l'exécutif (quand ce n'est pas par les lobbys qui rôdent autour), mais la constitution n'en fait pas la chambre d'enregistrement des lubies gouvernementales...

Les choses ne vont pas d'elles-mêmes dans la simplicité et la multiplicité des candidatures qui signe plus d'appétits particuliers que d'intentions rassembleuses restera un obstacle majeur pour donner au mouvement populaire l'ampleur dont il a besoin pour peser dans la bataille. Au soir du premier tour il en est qui se sont hasardé à faire l'addition des suffrages de Hamon, de Poutou et Artaud aux quasi 20% de Mélenchon pour bâtir l'hypothèse d'un score de premier plan ouvrant la perspective d'un second tour victorieux... 
Las, la rigueur d'une opération arithmétique n'est guère à sa place ici. Et on pourrait ajouter quelques SI pour mieux en saisir la difficulté.

Si le Parti Communiste avait su résister à l'entreprise de démolition du Parti Socialiste, peut-être aurait-il pu accueillir en son sein  pour renforcer le pôle contestant la dérive libérale -en s'en enrichissant-, celles et ceux qui ont dû quitter le bateau comme Chevènement, quitter le pédalo comme Mélenchon, quitter le radeau de la Méduse comme...
Encore eut-il fallu qu'il ne se désagrège pas lui même en de multiples petites filiales dissidentes qui en parachèvent l’anéantissement. Robert Hue ne restera-t-il pas comme le triste emblème d'une organisation mise à mal par des siens qui font passer leur carrière d'élu bien avant l'intérêt de l'organisation et des intérêts qu'ils seraient sensés défendre ?

Des comportements individualistes et clientélistes font encore  obstacle  au rassemblement nécessaire ; mais la conscience collective peut aussi grandir et former quelques exigences qui imposent une vision nouvelle. Plus que la conscience des dangers brandis par les épouvantails, c'est la conscience des possibles qui peut utilement l'emporter.

Alors, il n'y a rien d'incongru à penser que, si les français prennent la mesure des dangers du projet Macron dans ce qu'il perpétue les pires dérives libérales du quinquennat Hollande pour les aggraver avec la bénédiction de ses ralliés du centre et de la droite, alors peut se dessiner une majorité parlementaire porteuse des justes revendications populaires.

Le changement reste à portée de main, demain, en commençant par dégager le front national pour ensuite s'opposer vigoureusement au libéralisme en coups de menton.

Et la clé incontournable restera toujours la mobilisation populaire, dans les urnes déjà, mais aussi et surtout dans les les luttes, des plus locales aux plus générales... 

Salaires, éducation, santé, retraites, services publics et développement culturel, respect de la nature & DES HOMMES... les chantiers ne manquent pas !

lundi 24 avril 2017

L'ordre des choses

Hier soir, après que les estimations du résultat du scrutin présidentiel aient donné leur verdict, tous les journalistes étaient plus pressés que ceux qu'il interrogeaient pour recueillir leur réactions. Bien souvent les mines en disaient plus long que les mots...
Mais il en est un qui aurait pu faire l'économie de son appréciation aussi précoce que personnelle, 

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, a appelé dimanche "à battre" Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle en utilisant "l'autre bulletin", celui d'Emmanuel Macron, sans pour autant "adhérer" au programme de ce dernier. "Nous prenons nos responsabilités parce que l'accession à l'Élysée de Marine Le Pen serait trop grave pour le pays, pour la sécurité du monde", a-t-il déclaré sur France 2, disant néanmoins ne "pas se reconnaître" dans le programme d'Emmanuel Macron qu'il "faudra combattre demain". "Nous ne partageons pas la vision libérale de son programme", a-t-il ajouté, disant qu'il fallait désormais "reconstruire la gauche". "Il y a une gauche qui se réinvente et qui a un avenir important", a-t-il encore dit, saluant la "percée spectaculaire" du candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, crédité d'environ 19,5% des votes, selon des estimations.

Il eut été plus judicieux, mais aussi et surtout plus respectueux d'attendre que le candidat se soit exprimé lui-même avant de poser publiquement son opinion. Les porte-parole de Jean-Luc Mélenchon manifestaient une retenue de bon aloi dans le concert des paroles préfabriquées des uns et des autres qui faisaient mousser l'écume des choses sans jamais une réflexion approfondie sur la situation.

La République en a encore pris un coup  hier dans un monde du prêt à penser réduit à l'alternative Macron/Le Pen ; un monde qui pour l'un comme pour l'autre est "un monde sans grand-mère", un monde qui satisfait à la perception étriquée de beaucoup d'une vie réduite au présent, un présent difficile dont on rend volontiers le passé qu'on oublie responsable.

Quel avenir pour le "poujadisme moderne" ? La gymnastique cervicale du prochain président ne masquera pas longtemps l'entourloupe du discours.

La démocratie politique a d'autres exigences ; et tout particulièrement celle d'intégrer l'histoire, le temps long qui rend modeste dès lors qu'on intègre des valeurs qui nous dépassent dès lors qu'on les fait vivre. Les guignols d'aujourd'hui s'en habillent pour paraître, ils en sont déguisés.
Les bus Macron ou la loi El Khomri n'ont pas leur place dans l'héritage républicain de nos révolutions ou du programme du Conseil National de la Résistance.


ite missa est

Le résultat est un résultat, il résulte... Étymologiquement c'est le rebond. Et donc pour rebondir, il a fallu bondir : c'est ce que Macron avait fait en sortant de la banque pour entrer à l'Elysée, puis en passant du cabinet au gouvernement, puis en sortant du gouvernement... le petit caillou blanc du libéralisme n'en finit pas de ricocher sur les eaux gris-rose du socialisme.

Tout naturellement les causes produisent des effets et le successeur désigné de François Hollande à la présidence de la République sortira du chapeau des urnes dans quinze jours, tout naturellement, puisque depuis 2016 les socialistes au pouvoir avaient écrit la recette de l'iniquité de la campagne présidentielle en terme d'expression des candidats.
Les médias n'en sont point la cause, mais le pitoyable instrument.
Comptabilisez les heures d'exposition médiatique des candidats, c'est édifiant.
Mais ce serait faire fausse route que de s'imaginer que la déception de certains peut s'y résoudre.
Le mal est plus profond.
Vous pensiez avoir touché le fond...
... Raté, ils creusent !

Alors la prochaine fois, qui sait ?

Le socle sur lequel Jean-Luc Mélenchon a construit le résultat de la "France insoumise" restera l'événement politique de cette élection.
L'effacement des deux grands partis qui se disent "de gouvernement", pourris par les turpitudes de leur caste dirigeante, et rompus à la confusion des genres loin de leurs bases idéologiques oubliées (la droite avec l'indépendance exigeante de De Gaulle... les socialistes avec des fondamentaux progressistes si régulièrement trahis...) dans la recherche de forces nouvelles sur leur droite (les socialistes avec le centre... et la droite en flirtant avec l'extrême droite de Sens Commun par exemple...).

Ce que confirme ce résultat c'est bien le glissement à droite accentué dans le quinquennat Hollande et dont Macron fut l'emblème gouvernemental.
Cette évolution pilotée par la tête de l'ex-parti socialiste autant que par celle de l'ex-UMP ne peut que renforcer l'extrême droite en lui livrant de nouveaux contingents de désenchantés.
Ils ont fabriqué l’épouvantail lepéniste et depuis maintenant un demi-siècle le refrain est le même : il faut "faire barrage..." Inconscients qu'ils sont qu'on n'élève pas des digues avec les sables mouvants de tous les renoncements qui ont englouti les espoirs de progrès social d'une société en charpie.
Les apprentis sorciers ne sont plus maître de leur marionnette d'épouvantail ; elle a pris son  indépendance et se retourne contre ses initiateurs tout comme les talibans enfantés par la CIA en Afghanistan ont pu devenir un danger face aux USA...

La position de Jean Luc Mélenchon dans le tumulte de la soirée électorale d'hier est heureusement la plus responsable et la plus digne, fidèle à la trame de la campagne et respectueux du vote de celles et ceux qui forment désormais la gauche. C'est la seule force d'opposition structurée et idéologiquement fondée face à l'auberge espagnole de Macron qui accueille depuis hier soir tout ce qui espère échapper aux poubelles de l'histoire en passant par la case recyclage qu'il leur propose.

Au final, le quinquennat Hollande aura permis de rattraper l'empêchement de Strauss Kahn en construisant la solution Macron pour assurer la survie du capitalisme au pouvoir en France sous les trait d'un social libéralisme qui ne va pas tarder à dévoiler la recette de son pâté d'alouette, une pincée de social dans la marmite libérale.

Face à cela il fallait consolider les fondations d'un espace de reconquête de l'opinion et de reconstruction d'une vraie gauche... Le score de Mélenchon l'établit.

Quant aux communistes, il va falloir qu'ils rompent avec une pratique mortifère de chien crevé au fil de l'eau hésitant dans la débâcle d'une gauche dont les soit-disant capitaines (élus de tout poil) avaient oublié qu'ils n'avaient pas la carrure pour naviguer sans équipage en se dorant la pillule sur le pont.

Mélenchon n'est pas communiste aujourd'hui... Mitterrand ne l'était pas non plus quand le PC n'avait pas posé de candidature face à lui...

L'élection législative qui se profile ne sera certainement pas le plus beau chantier de la clarification nécessaire aujourd'hui. Comme en vélo, pour ne pas mordre la poussière du chemin, il va falloir regarder loin devant, en sachant où on va... et s'y tenir !

mardi 18 avril 2017

Pourquoi pas...

Le seul fait de penser aujourd'hui ne suffit jamais à l'affichage du résultat demain... aujourd'hui encore plus qu'hier.
Mais que Monsieur Macron m'interroge  ce soir au téléphone pour me faire part de son programme...
Quel honneur !!!
Quelle connerie aussi que ce démarchage.anonyme ! 
N'aurait-il pas dans ses rangs -ce blanc-bec capital- le moindre soutien courageux dans cette ruralité dont il dit bien qu'elle ne mérite pas commisération, pour causer en direct pour convaincre ?
Il y aura, n'en doutons pas quelques bulletins Macron au fond des urnes dimanche soir... Autant que de fadas masochistes à qui n'ont pas suffi les punitions de la calotte sarkosiste et de la fessée socialiste.
Alors ?
On verra bien... Le seul fait que le doute s'installe et que les petites cervelles médiatiques tournent en bourriques, que les boursicoteurs trépignent, tout ça déjà commence de présenter l'hommage du vice à la vertu.
Et si ce n'est pas pour aujourd'hui, ce sera , NECESSAIREMENT, pour demain. Il suffit d'avoir lu Victor Hugo ou quelques autres victimes du despotisme pour s'en convaincre.

Après, on pourra toujours s'interroger sur l'apport qu'aurait pu constituer une véritable candidature communiste, vraiment !

Sarkocron

Depuis qu'il s'énerve face à des sondages trop plats le jeune énarque se laisse aller à une gestuelle qui reprend les soubresauts du petit Nicolas, cervicales déglinguées, coups de mentons et grandes brassées, inclinaison du minois faussement rigolard copiée sur Valls... tous les tics de l'insincérité.
Quand en plus on remet le son... ça ne change rien ! Tellement les propos sont creux, des enchaînements laborieux de poncifs, phrases toutes faites et généralités qui peuvent séduire, tout au plus les pèlerins de la Place Saint Pierre.
Le fils héritier de François Hollande est à la peine pour se donner une image de nouvelle donne avec tous les vieux briscards de droite ou du centre qu'il traîne sur son porte-bagage.

lundi 10 avril 2017

Bienheureux

Quelques paroles qui redonnent à la culture la raison d'être populaire...

Redonnons du souffle à la culture populaire !
L’écrivain Régis Debray et le plasticien Ernest Pignon-Ernest veulent contrer le séparatisme social, qui creuse le fossé entre ceux qui ont accès à la culture et ceux qui en sont dépourvus, en alliant artistes, intellectuels et syndicalistes.

Qu’il soit permis à un écrivain et à un plasticien, citoyens non inscrits, de vouloir relancer un dialogue depuis trop longtemps interrompu, entre les mains à plume et les mains à outils, entre les salariés d’un côté, les intellectuels et artistes de l’autre. Pas seulement par fidélité aux souvenirs du Front populaire et de la Libération, qui ne sont pas que légendes dorées, car c’est un fait : quand le mouvement ouvrier et les avant-gardes opposent un front commun aux égoïsmes de classe et à la xénophobie, quand le domaine de l’imaginaire et de la création rejoint celui des dignités revendicatives, c’est alors que se produisent des changements de fond dans la société. Mais d’abord par refus d’un monde où le tout-à-l’image et le tout-à-l’ego plongent dans le noir les collectifs qui n’ont plus droit à l’existence, un monde où l’obnubilation du gagnant et du rentable voudrait réduire la culture populaire à un consumérisme passif et sans débat. La diminution du temps de travail (onze ans sur une vie entière, en l’espace d’un demi-siècle), jointe à l’allongement de l’espérance de vie, ouvre un nouveau champ d’émancipation possible. Mais à quoi bon cet élargissement des loisirs si le salarié est laissé seul devant sa télé-réalité et le cadre sup avec les siens à l’Opéra de Paris ? Cette forme édulcorée d’apartheid n’est pas digne de la République qu’ont rêvée, et largement inaugurée, les Jean Zay, André Malraux, Jean Vilar ou Antoine Vitez.
Où sont les comités d’entreprise ?
On nous dit que l’entreprise est le cœur battant de nos sociétés. Gloire aux chefs d’entreprise et aux plus grands, mille mamours. Gloire aux fondations d’entreprise, inlassablement démarchées par une puissance publique aux abois, qui tend la sébile. Mais où sont donc passés les comités d’entreprise ? Ceux qui, dans les années 1970 et 1980, invitaient les peintres et les romanciers, finançaient modestement certains spectacles et amenaient au théâtre ou au ciné-club leurs abonnés ? Plus de la moitié des élus aux comités d’entreprise, et c’est bien heureux, sont des femmes. Mais une entreprise sur deux n’a pas en France de lieu de rencontre et d’ouverture sur le dehors.
Nous n’oublions pas les chômeurs, les migrants. Et nous savons bien qu’à l’ère numérique les mots " travail " et " culture " n’ont plus le même sens qu’en 1936 ou 1950. Mais, à gauche même, le sociétal en est venu à occulter le social, et l’invocation des valeurs, le soutien aux pratiques. La loi du marché a dévitalisé les associations d’éducation populaire, les groupes d’amateurs, tout ce qui faisait passerelle, en marge de la bourgeoisie, entre les " œuvres capitales de l’humanité " et " le plus grand nombre possible de Français " (Malraux). Et quand on se perd de vue, les stéréotypes prennent le dessus. Comme s’il n’y avait chez un bon quart de la population française, oublié et négligé, que des racistes, des beaufs et des violents. N’en croyons rien. L’histoire du siècle nous raconte autre chose.
Aussi participerons-nous, avec espoir et soulagement, à l’initiative prise par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, de réunir le 29 mars, à la Bourse du travail de Paris, les créateurs de singularités et les artisans du quotidien, les expériences et les projets, qu’il s’agisse de cinéma, théâtre, photographie, lecture, musique ou arts plastiques.
Les syndicalistes s’occuperaient seulement des salaires et des retraites, les intellectuels, de leur promo et de leur carrière ? Chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées ? Non. Dans l’Amérique de Trump, peut-être, mais pas dans une République " indivisible, laïque, démocratique et sociale ", digne de ce nom, pour autant que la formule soit plus que l’oblique génuflexion d’un candidat pressé. Il n’est que temps de reprendre le fil d’une fraternité trop oubliée.

Par RÉGIS DEBRAY et ERNEST PIGNON-ERNEST.
© Le Monde

dimanche 9 avril 2017

La différence, à la mesure de la foule.

Quand certains font du bruit, celui-là fait chanter la République, il porte la parole, celle du peuple, pour peu que ce peuple-là l'entende et ose la prendre avec un bulletin de vote qui, pour une fois, porte un espoir qui n'échouerait pas en trahison.



Rameau d'olivier le "jour des rameaux"... le symbole serait dérisoire sans l'hymne à la paix, avec un peuple auteur-compositeur aujourd'hui... et interprète le jour prochain du scrutin. Tribun de qualité, c'est sûr, homme de culture, mais aussi un semblable des gens, le candidat Mélenchon fait la différence dans un tel discours d'avec tous les babillards verbeux qui sont en piste. Face à un tel discours, les autres soit-disant "grands candidats" sont bien petits.

PS (ou plutôt NB !) : aux communistes qui mégotent encore leur soutien à celui qui leur demande un peu de discrétion du côté des drapeaux fleurissant les foules, recherchez, si vous en avez gardé, les affiches des campagnes passées d'où les élus-candidats, élus parfois, mais parfois pas, avaient fait disparaître l'emblème du parti qui les avait portés.
Jean-Luc Mélenchon n'est pas candidat communiste bien qu'il n'y en ait pas... puisqu'il n'y en a pas ! Tout comme au parti socialiste, l'accaparement de l'organisation par ses élus a asphyxié la dimension idéologique de l'activité militante pour la réduire à des pratiques courtisanes. La base si réduite met naturellement l'équilibre de l'édifice en péril à la merci de tous  les opportunistes ("empochistes" disait-on jadis !).
Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, des gens qui renouent avec la parole politique et l'envie d'en faire dans une démarche constructive... Pourquoi faudrait-il renâcler ?
Ce n'est pas non plus que le moindre mal ; c'est celui, et le seul, qui entrebâille la porte d'un changement redevenu possible.

Après tout reste possible, y compris la restauration d'une forme de confiance dans des organisations politiques toujours nécessaires à l'exercice de la démocratie. Une opportunité pour que les communistes se réapproprient leur parti reste offerte. 

Aragon, extrait de la Diane Française, faisait l'éloge de la Résistance plurielle...
Rapprochement disproportionné, certes ! Mais fou quand même, celui qui fait le délicat quand la grêle menace les blés !


La Rose et le Réséda
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon 




N'oubliez pas que dans le costume, il doit y avoir LA VESTE.


Fillon en visite dans un EHPAD tente de défendre son programme face aux agents hospitaliers...

Il y a bien en France des gens qui vivent au-dessus des moyens du pays et de son peuple... 
Ce sont bien ces zombis d'un autre monde qui se sont gavés leur vie durant, faisant leur fortune de la crédulité des foules, des larmes, de la sueur et du sang des sacrifiés de partout.
S'ils vivent ailleurs, quelle insupportable prétention les porte à vouloir nous gouverner ici ?

Allez, dégagez ! et réapprenez à vivre, tout simplement en conformité avec vos slogans. 
Sans immunités, sans indemnités, sans commodités, sans féodalités, sans impécuniosité, sans rapacité, sans servilité, sans égalité, sans liberté...  C'est trop dur ? 
Curieux, c'était si bon pour les autres...

vendredi 7 avril 2017

Histoire et liberté

Vivre libre ! Cette aspiration universelle ne sera jamais satisfaite qu'au prix d'une éducation qui ouvre la voie du progrès, celle qui évacue la fatalité de la répétition, celle qui propose une appropriation du monde partagée entre citoyens émancipés de la tutelle d'une nature malmenée comme de minorités dominantes.
La clé de la liberté est forgée par la connaissance de l'histoire, d'une connaissance structurée du passée qui ouvre à la lecture du présent et oriente l'action projetant l'avenir.
Les débats liés aux échéances électorales prochaines sont autant d'entraves à la compréhension, reproduisant ainsi un phénomène qui s'amplifie depuis quelques décennies, le dessaisissement volontaire de la chose publique dans l'abstention. Le brouhaha médiatique nie l'historicité du champ politique et brouille le paysage politique en ruinant les liens du passé à l'avenir. Tous les candidats promettent le changement... Ils déclenchent désormais le réflexe suspicieux face à des promesses qui n'engagent toujours que ceux qui les croient. Les discours de l'extrême droite jusqu'au restes de la social-démocratie sont tous dans la tergiversation, recyclant de vieilles recettes, ménageant les puissants pour mieux contraindre les faibles.
Il leur manque la référence à leur histoire, celle qu'ils taisent tous, sentant plus ou moins confusément qu'elle dévasterait leur image dans leur perspective de victoire.
Et pourtant chacun peut décrypter dans les discours de l'extrême droite les relents des pires moments de notre histoire, des ligues factieuses, au pétainisme ou aux drames du colonialisme (repli identitaire, ostracisme, xénophobie, exclusion... tous les ingrédients de la recette sont présents)..
Et pourtant chacun peut déceler dans les discours de la droite la protection vigilante des puissances d'argent au prétexte qu'elles construiraient le cadre salvateur des miséreux dont elles entretiennent la misère... Largesses pour les grandes fortunes et les sociétés capitalistes chez Fillon ou Macron qui allègent l'ISF et l'impôt en général sur les plus fortunés tout en accentuant la pression du travail sans contrepartie rémunératrice, allongement du temps de travail, etc.
Et pourtant chacun peut entrevoir l'embarras démobilisateur de ce qui reste des forces socialistes, à la fois comptables satisfaits d'un bilan de quinquennat peu glorieux tout en se prétendant incarner un changement dont les points d'appui ne sont qu'emprunts disparates et mesurettes sans cohérence uniquement destinés à récupérer un électorat qui s'échappe...
Tous ont oublié d'assumer leur histoire et leur héritage tout en ignorant que la vie des citoyens n'est pas dissociable avec d'un côté une sphère culturelle, celle de la vie domestique, citoyenne et sociale qui serait détachable de celle qu'ils réduisent à la fourniture d'une force de travail, simple marchandise exploitable sur le marché du travail.
C'est le ressort du "modernisme" à la Macron qui délocalise les travailleurs détachés de Pologne en France avant qu'on aille chercher des Ukrainiens pour remplacer les polonais déjà venus de vendre à bon marché à l'ouest...
C'est le "modernisme" à la Fillon qui veut allonger le temps de travail en heures hebdomadaires comme en années pour ceux qui ne sont pas encore jetés à la rue de Pôle Emploi par l'appétit financier du patronat.
Leur erreur est à a mesure de leur sentiment de supériorité et d'omniscience, d'impunité légitime, et d'extériorité par rapport au monde qu'ils ambitionnent de diriger. Pour eux, les gens ce sont des "autres".
Ce sont les activités (ou désormais les inactivités) des hommes et des femmes qui font leur histoire dans des circonstances qu'il rencontrent plus qu'ils ne les choisissent, et c'est un passé commun qui les leur proposent. C'est ce qui fait la société et le lien social dont chacun peut aujourd'hui constater qu'il est d'autant plus distendu ou brisé que les politiques se sont employées à exploser la société au fil de mesures supposées salvatrices et qui ne font que renforcer la relégation et la discrimination.
C'est bien le "faire ensemble" qui fait la société commune des citoyens. Cet accomplissement se fait de façon indissociable dans tous les champs d'activité, travail, loisirs culturels ou sportifs, toutes formes de production personnelle ou collective...
Tout ce qui discrimine -fut-ce positivement-, tout ce qui "communautarise" sous l'étiquette d'une catégorie ruine le lien social que de multiples initiatives voudraient aujourd'hui s'employer à renouer... Impossible sans histoire. sans dépasser des mémoires nécessairement spécifiques et parfois antagonistes.
Emplois bleus ou jeunes, ou encore mieux dits d'Avenir... CMU, APA ou APL, la litanie des dispositifs ne cesse de se tricoter et de se détricoter dans une République qui tolère aujourd'hui que près de 3000 de ses citoyens meurent dans la rue chaque année.
Même le vocabulaire scelle le sort de la misère ; quand on banalise l'usage du terme "cas sociaux" on juge plus qu'on cherche à connaître ou à comprendre. Et le jugement est définitif, il classe, il enferme dans une vie de migrations aléatoires de HLM des villes en lotissements des campagnes, dans une société parallèle dont les beaux esprits vont se plaindre de comportements devenus coutumes se sont pas assimilés dans le patrimoine historique de ceux qui y échappent encore et qui vont pour les moins indifférents chercher un peu de conscience tranquille au travers d'un geste caritatif, Secours Pop ou Restos du Cœur en sont des catalyseurs efficaces.
Le seul projet dans l'éventail des présidentiel qui mettent les choses à plat et propose de reconstruire une société vivable est porté par Jean-Luc Mélenchon. Il tient tous les fils de la société à retricoter dans la perspective d'une 6ème République et la co-construction citoyenne de son projet en assure l'ancrage populaire.
Il propose aux femmes et aux homme de faire leur propre histoire, pas dans le vide du mythe du "ni droite ni gauche" de Macron, pas dans les vieilles lunes de la droite anesthésiée à la croyance, mais dans la vraie vie matérielle, en intégrant un passé historique dont la connaissance partagée n'a rien à voir avec le baratin de Macron qui réduit l'histoire à une cohabitation de mémoires antagonistes qu'il a la prétention de réconcilier... C'est dans l'enthousiasmante création intellectuelle que cela suppose que la société nouvelle peut se donner les outils de la maîtrise de son avenir : une constitution pour dresser la colonne vertébrale de la nouvelle République.
Tout comme la France , parfois en précurseur, parfois en accompagnant le mouvement, a su par le passé ouvrir au monde la perspective du progrès social... Du siècle des Lumières à ses Révolutions,,, du Programmes des "Jours Heureux" du CNR au bonheur bariolé du Mouvement de la Paix, les ressources n'ont jamais manqué. Et c'est face aux plus grands dangers que s'élèves les plus grands défis. 
Celui que les électeurs ont à relever est déterminant pour sortir le pays de l'engrenage de ses difficultés et donner à voir à l'Europe et au-delà qu'un autre monde est possible : un monde humaniste et respectueux de la planète, un monde vivable et durable, un monde capable de faire la paix et non la guerre sans fin, un monde du partage, de la coopération, du respect et de l'intelligence.

Dernière station avant le chaos ? Non, les artisans du cataclysme mortifère qui disloque notre société et met le monde à feu et à sang peut encore perdurer avec les purges et les lavements des Diafoirus d'aujourd'hui ; nous avons touché le fond, mais ils creuseront encore pour entretenir le chômage et la misère, la désertification des campagnes et l'asphyxie des villes,.. ils trouveront de nouveaux boucs-émissaires pour diviser les peuples et étouffer leurs cris de souffrance sous l'édredon de leurs privilèges.

La question des prochaines élections rejoint celle d'un jeu radiophonique : Stop ? ou encore !

Eh bien aujourd'hui, si vous ne considérez pas le travailleur comme une marchandise, c'est MELENCHON... ou encore ?
A vous de choisir ? mais, si vous en redemandez, dégustez bien le ragoût faisandé jusqu'au bout, et ne venez pas vous en plaindre.