lundi 24 janvier 2011

Ca va mieux en le disant

L'impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français
Les dossiers évaluations et statistiques - Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire (École des hautes études en sciences sociales) - N°173mars 2006
Cette étude, réalisée par Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire ((École des hautes études en sciences sociales), utilise les données du panel primaire 1997 et du panel secondaire 1995 et exploite les discontinuités liées au franchissement des seuils d'ouverture et de fermeture de classes pour estimer l'impact des tailles de classes réduites sur la réussite scolaire. Au niveau des écoles primaires,l'étude met en évidence grâce à cette méthode des impacts positifs nettement plus élevés que ceux supposés habituellement. Une réduction d'un élève par classe de la taille de CE1 conduit à une augmentation de 0,7 point du score obtenu par les élèves défavorisés aux évaluations de mathématiques de début de CE2.

D'après ces estimations, la suppression de la légère politique de ciblage des moyens actuellement en vigueur en faveur des ZEP (taille moyenne des classes de 20,9 en ZEP, contre 22,8 hors ZEP) conduirait à une progression de 14 % de l'écart moyen de réussite scolaire entre écoles ZEP et non-ZEP. Inversement, une forte politique de ciblage (réduction supplémentaire de cinq élèves des tailles de classe en ZEP, à moyens constants) conduirait à une réduction supplémentaire de 46 % de l'inégalité de réussite scolaire. En utilisant les mêmes méthodes pour les collèges et les lycées, cette étude met en évidence des effets statistiquement significatifs mais quantitativement plus faibles que dans le primaire. La suppression des ZEP aboutirait à une augmentation de l'inégalité de 10 % au collège et de 3 % au lycée, et une forte politique de ciblage (cinq élèves de moins en ZEP) conduirait à une réduction de l'inégalité de 22 % au collège et 4 % au lycée. Ces résultats indiquent que des politiques réalistes de ciblage des moyens peuvent avoir un effet considérable sur la réduction des inégalités scolaires, mais que ces politiques gagneraient probablement à se concentrer sur les plus jeunes élèves.

Les résultats de cette étude n'engagent que leurs auteurs, et ne sauraient en aucun cas engager la DEP.



La précaution d'usage de la dernière phrase de l'accroche n'ôte rien à la qualité du travail réalisé par les auteurs.

Le bon sens suffit parfois à l'évaluation d'une situation. Augmentar les effectifs des classes, c'est automatiquement diminuer la part d'attention que l'enseignant est en mesure de consacrer à chacun d'eux; c'est limiter les sollicitations de l'enseignant envers chaque élèves; c'est augmenter la complexité de l'appréhension de la classe et pousser l'enseignant à l'indifférenciation au moment même où on lui fait l'éloge de la différenciation pédagogique pour mieux coller aux besoins de chaque élève...

"En théorie, une augmentation de 1 élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10 000 classes"

Cet extrait d'un texte du ministère de l'éducation à destination des administrations académiques et départementales ne faisait pas mystère de ses intentions en mai 2010 lorsqu'il était question de préparer la prochaine rentrée avec la saignée budgétaire proposée. 
Pour mieux saisir la subtilité des politiques au pouvoir cette lecture est édifiante...

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