mardi 22 février 2011

la preuve par quatre

Quand le comble du cynisme rejoint la négation du civisme, la loi devient scélérate.
1. La "défiscalisation" est une rengaine traditionnelle de la droite dont la politique sert la fortune.
De tous temps les plus fortunés ont rechigné àcontribuer au bien être commun; le partage et la solidarité ne font pas partie de leur vocabulaire. Tout au plus la charité, octroyée parcimonieusement donne le change. Jadis le puissant avait "ses pauvres", des miséreux à sa mercie.
Il est donc naturel pour servir les intérêts de l'oligarchie financière qu'on pratique au grand jour le jeu de la fuite fiscale, et à défaut d'émigrer en paradis fiscal, on trouve les petits arangement qui vont faire échapper à l'impôt.
2. Ne serait-ce que l'impôt plancher à 2500 euros par an, pendant 15 ans, c'est quand même un cadeau de près de 40 000 euros d'argent public qui vont manquer dans les caisses de l'Etat. Pour des champions de la réduction du déficit, n'est-ce pas un peu paradoxal ? Non bien sûr puisque c'est le service de la dette qui contribue largement à alimenter la rente et à creuser toujours plus le trou des finances publiques pour engraisser la richesse privée. Celles et ceux qui mettent leur compteur fiscal à zéro doivent bien mesurer leur imposture quand ils se serve des équipeemnts et services publics qui, dès lors ne sont plus financés que par les "autres", ceux qui contribuent à s'en ruiner pour être de plus en plus mal servi à l'école, à l'hôpital, dans les transports ou la distribution d'eau ou d'énergie...
3. Il s'agit bien d'une volonté gouvernementale; l'Etat, puissance publique en charge de la recette fiscale incite à ne pas contribuer à l'alimentation des ressources communes. C'est la bonne logique du moins d'Etat qui est tendre aux plus forts et féroce pour les plus fragiles.
4. Le cadeau à portée de la main, apporté sur un plateau, c'est de l'argent public détourné de sa destination qui va contribuer, non pas au bien être commun, mais à la constitution du patrimoine privé. On est bien là sur la veine spoliatrice d'une société qui prône comme Guizot en son temps "Enrichissez-vous"; en faisant mine de croire que la richesse des uns se fait sans dommages pour les autres.
L'exercice a ses limites, et elles sont socialement coûteuses. Tout le dispositif passant par la case des proffits bancaires, le rendement de la défiscalisationn devient de plus en plus incertain au point qu'une soixantaines de villes sont aujourd'hui déconseillées aux investisseurs dans le logement locatif. Les appartements restent vides ! Non pas que le mal logement soit résolu ! mais le dispositif a enclenché une vague de hausse des loyers telle que la fracture entre l'offre et la demande est ouverte. Une étude récente du Crédit Foncier fait état d'un niveau de la demande dans la fourchette de 6 à 13 € par m2 par mois quand le niveau de l'offre se situe de 11 à 245 € par m2 par mois. Il est bien évident que dans ces conditions l'offre ne peut plus rencontrer la demande. Et les "investisseurs" adeptes de la défiscalisation se retrouvent tout naturellement en difficulté avec des logements vides sur les bras... avec les annuités d'emprunts qui vont avec !


Les analystes insistent dans leurs conseils sur la nécessité pour les investisseurs de calculer leur coup sans tenir compte de la défiscalisation pour être sûrs du rendement espéré. Bel aveu, qui signe aussi l'ineluctable effet sur le marché locatif : une hausse aggravée des loyers.


Une loi à abroger, comme beaucoup d'autres du même tonneau.

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