Nommé avant-hier, le nouveau ministre de l'économie n'attendit pas plus tard qu'hier pour annoncer qu'il ne serait pas opposé à la remise en cause des 35 heures pour peu que patrons et syndicats s'entendent ! Pas de souci, la CFDT est là pour ça ; et ça paye à en voir les carrières post-syndicales de Notat, Chérèque et plus récemment le Martin sidérurgiste lorrain... Après la déclaration d'amour de Valls à l'université d'été du patronat, allez chercher la différence avec les options de Fillon étalées sur les petits écrans du même soir... Le drapeau de la république n'a pas supporté ses passages répétés à la lessive électoraliste du régime présidentiel ; blanc, bleu ou bleu marine, ce n'est plus la France.
Plus celle de 1792 qui faisait sa République campée sur ses deux pieds de la liberté et de l'égalité avant de tomber dans les bras de la bourgeoisie souveraine qui ajouta une fraternité universelle bien nécessaire à l'absolution de sa fortune...
Plus celle de 1830 ou 1848 nourrie au sang du peuple pour chasser un aristocrate par la porte et en voir un autre rentrer par la fenêtre...
Plus la Commune de Paris et ses ambitions d'école publique...
Plus celle de la libération sur les accents progressistes du Programme du Conseil National de la Résistance...
L'histoire de France est aussi marquée des pierres noires du reniement.
A trois quarts de siècle d'intervalle, Adolphe Thiers et Jules Moch ont bien déclenché le feu des soldats pour faire couler le sang du peuple...
Raoul Vilain a bien assassiné Jean Jaurès défenseur de la paix et fondateur de l'Humanité, les fusillés pour l'exemple sont bien morts de l'inhumanité de la guerre...
Le gouvernement du Front Populaire n'a pas tergiversé bien longtemps pour laisser tomber les Républicains espagnols sous les balles de Franco et une petite vingtaine d'années plus tard Guy Mollet rappellera bien les réservistes pour continuer de faire la guerre en Algérie...
Les promesses électorales n'engagent que celles et ceux qui veulent bien les croire. Cette maxime vaut toujours aujourd'hui et à défaut d'avoir des ministres communistes à évacuer comme Ramadier le fit en son temps ou Mitterrand plus tard, les socialistes au pouvoir aujourd'hui font leur mue en se débarrassant des lambeaux d'une carapace rose qui les classaient dans les espèces de gauche le temps des élections. Avec l'invention récente des primaires, ce ne sont même pas les vraies élections qui vont porter les prochains enjeux politiques, mais bien plutôt le casting des marionnettes que le capital réclame sur scène pour le prochain acte de sa tragédie. Resteraient-il encore quelques intellectuels de gauche en capacité de penser l'émancipation des hommes et des femmes en France, en Europe et tout autour de la planète pour écrire un autre scénario que celui de l'interminable descente aux enfers que vit le monde le la misère et de la guerre ?
Il n'existe plus guère de journalistes dans les médias télévisés... Personne aujourd'hui pour interroger le sens du remaniement ministériel à la lumière de la publication des chiffres du chômage ou des effets délétères de la politique d'austérité sur l'économie touristique par exemple... Pas plus qu'on rapproche la prestation du premier ministre devant le patronat qui lui fait l'honneur d'une standing-ovation du discours du Bourget d'un Hollande candidat Don Quichotte parti guerroyer les moulins à vent de la haute finance... et qui prend dans son gouvernement d'aujourd'hui l'un de ses serviteurs talentueux. Passé les bornes, il n'y a plus de limite. Qui parlait d'inverser la courbe du chômage ? A force d'argent public dans le tonneau des danaïdes des "entreprises" sans AUCUN effet, le rendez-vous avec "l'emploi et la croissance" est repoussé à la Saint Glinglin. 25% des jeunes au chômage, ça ne suffit pas ? Des retraités pauvres obligés de recourir à des emplois "alimentaires" ça ne suffit pas ? Des femmes toujours moins bien payées que les hommes à qualification et emploi équivalent, ça ne suffit pas ? Des aînés spoliés du peu qu'ils ont pu gagner en travaillant pour une fin de vie sans apaisement, ça ne suffit pas ? Des étudiants au travail plus souvent que sur les bancs des facs, ça ne suffit pas ? De l'argent pour la guerre, et la paix oubliée ça ne suffit pas ? Le marché, toujours marchands et marchandises... Va-t-il venir enfin le temps où il sera enfin plus glorieux de conjuguer l'être que l'avoir ? Comment ne pas désespérer les plus coriaces de nos citoyens ballotés entre les reniement d'une gauche impuissante et les frasques d'une droite empêtrée dans les affaires et les guerres de chefs... Et pendant ce temps, qui attend son petit chaperon rose derrière le rideau des isoloirs ?
La démission du gouvernement Valls, cinq mois après son entrée en fonction était un premier et terrible constat d'échec. La liste du gouvernement Valls II en est un second, tout aussi éclatant. Avec une équipe toujours plus étroite politiquement et une politique annoncée plus droitière que jamais, symbolisée par l'arrivée d'Emmanuel Macron, homme-clé des banques et de la finance, l'exécutif s'enfonce dans une impasse dangereuse pour la France. La politique Hollande-Valls n'obtient aucun résultat. Les causes sont connues : une austérité draconienne, une dépression de la demande par la baisse des salaires et du pouvoir d'achat, des libertés et des cadeaux accrus pour la finance et et le capital, une offre productive saignée par la rémunération des dividendes. Le nouveau gouvernement va amplifier cette politique, l'échec est programmé d'avance. La France peut gravement dévisser. L'autoritarisme et la brutalité comme méthode de gouvernement ne feront qu’accélérer cette grave crise politique. Ce gouvernement sera incapable de rassembler les Français, la gauche et même les socialistes, pour renouer avec les exigences d'une politique de redressement national. Nous ne pouvons pas laisser faire car le prix à payer est déjà et sera plus lourd encore pour la France et les Français. Notre colère est d'autant plus grande que des solutions et des forces existent pour une autre politique. Le temps est venu pour tous ceux qui refusent ce cap suicidaire d'entrer en action, de débattre et d'agir en commun, de rassembler la gauche et le peuple pour construire une autre politique. Des fronts larges d'actions et de solutions doivent maintenant se constituer partout dans le pays pour la relance sociale, la justice fiscale, la lutte contre les gâchis de la finance, les créations d'emplois utiles aux services publics, au logement, à l'industrie et à la transition écologique, et pour la refondation démocratique de la République. Je donne rendez-vous à la fête de l'Humanité à toutes celles et ceux qui y sont prêts.
OUF ! ça y est... Le perron de l'Elysée a accouché de la composition du nouveau gouvernement. L'ex serviteur de Sarkozy devenu valet de Hollande a égrené la liste des titulaires de portefeuilles et de marocains. Quoi de neuf ? La confirmation insultante à la gauche d'une option de droite qui s'affuble de l'étiquette "social-démocrate" s'affiche avec un rejeton de l'ENA et de la banque Rothschild au ministère de l'industrie... Au moins les éditorialistes du Figaro et les grouillots du MEDEF peuvent sortir les flûtes à bulles ! Quant aux "demandeurs d'emploi", aux retraités galériens, aux "travailleurs pauvres", aux SDF qui ont une espérance de vie réduite de trente ans, aux étudiants trois fois victimes, des marchands de sommeil, des marchands d'emploi précaire, et d'un système de formation qui oublie de connaître les deux premiers, aux écoliers de demain gaspillant du temps d'apprentissage ailleurs qu'avec des enseignants... Qu'ont-ils à en attendre ? Quant aux citoyens depuis longtemps dépossédés de leur pouvoir démocratique au point qu'ils s'abandonnent majoritairement à l'abstention, que pouvaient-ils espérer du cinéma politico-médiatique du remaniement ministériel ? Qu'ont-ils à en attendre ? RIEN... ... si ce n'est que l'aggravation du pire. Les voilà au moins satisfaits sur ce point ! Les médias ne sont guère traversés de courants révolutionnaires et les commentateurs s'emploient à singer le scénario de "Plus belle la vie" pour mieux accrocher l'attention des auditeurs ou des téléspectateurs. Au diable la curiosité et l'investigation... Avec toujours les mêmes en tête de gondole, on a donc entendu parler des "Radicaux de gauche" qui ne sont guère plus à gauche qu'ils ne sont radicaux, des écologistes dont la diversité dépasse et de loin la biodiversité d'une nature bien endommagée, de Bayrou, de Louis Gallois et de Pascal Lamy... ... et même de Robert HUE !!! ... Grand chef du "NEP" puis du "MUP" après avoir présidé aux destinées du PCF qu'il a largement contribué à couler, le toujours sénateur a de quoi être déçu après avoir tant flatté le socialiste. Son successeur et compère sénateur Pierre Laurent porte-t-il encore la parole des communistes français ? SILENCE ou presque (voir la déclaration par ici). La proximité des élections sénatoriales y serait-elle pour quelque chose ? Non bien sûr ; et ce n'est pas le journal des communistes de l'Allier qui fera vivre un quelconque débat d'idées dans cette conjoncture : son numéro de rentrée ne paraîtra... qu'après les sénatoriales ! Il est vrai que les sénatoriales, c'est une affaire d'ELUS, de "GRANDS ELECTEURS", bien loin de la vulgate citoyenne ou militante ordinaire. Rassurés sur ce point, dormez tranquille. Sarkozy ? Fillon ? Coppé ? Lemaire ? Bayrou ? Avec la triplette passe-partout "Hollande-Valls-Macron", plus besoin d'élections.
Dans la cuisine politicienne les résultats électoraux ne garantissent pas l'exercice des meilleurs talents ; et le "fait maison" cache parfois le peu ragoutant ragoût réchauffé du MEDEF derrière la carte rose bonbon. Les derniers éclats d'une susceptibilité gouvernementale de façade montrent à l'évidence qu'il n'est plus besoin d'attendre 2017 pour voir la droite gouverner en France. Après le "virage de janvier", François Hollande conduirait désormais sur l’accotement... voire même s'embourberait dans la fossé à droite... Cette version sied bien à tous ceux qui se berçaient d'illusions sur la véritable nature de la politique élyséenne. De virage il n'y a jamais eu, pour une social démocratie convaincue de libéralisme l'évolution ne tient qu'au dosage des artifices susceptibles d'anesthésier le gogo. Après l'épisode Chevènement, jadis, est venu le temps de Mélenchon... Aujourd'hui celui de Montebourg ou Hamon... Peu importe, ce n'est pas avec copeaux ou sciures qu'on fait les plus belles pièces d'ébénisterie. Il aura d'ailleurs fallu que Jean-Luc Mélenchon avoue son échec (et avec lui celui des communistes fourvoyés dans les petits arrangements électoraux) pour que l'aile gauche du PS s'écaille encore. Qu'en attendre sinon le prochain épisode de la décomposition d'une gauche malade du pouvoir depuis l'épisode mitterrandien et sa mission primordiale d'affaiblissement et d'éradication des communistes. Tout espoir n'est pas perdu ; la France ne s'abandonne pas naturellement à l’extrême droite et la menace brandie en épouvantail n'en est pas le meilleur préservatif. C'est bien d'une nouvelle expression politique projetant le progrès social dans tous les domaines de la vie des gens que le pays a besoin. Le sursaut citoyen et le réveil social d'un printemps rouge y contribuera plus surement que les petits arrangements des sénatoriales ou la mascarade d'un remaniement ministériel. Encore faudrait-il qu'il existe un berceau pour le tenir au chaud.