lundi 8 décembre 2014

Partis partis

Les commentateurs de la vie politique commencent à présenter la situation de faiblesse des organisations politiques. Quelle découverte bien tardive vont-ils faire ?
Avec l'accentuation du présidentialisme dont l'inversion du calendrier électoral a consacré l'ancrage, le débat politique est circonscrit à la cour de récréation de l'Elysée et des ego réunis. Des personnes, des personnes, toujours des personnes, des idées sur la personne, mais du côté des idées, plus personne !
Le dispositif aussi innovant que soit-disant démocratique des "primaires", ouvertes, fermées ou entrebâillées en sont devenues la caricature. Une personne se donne les moyens matériels de sa domination avec une poignée de faire-valoir qui vont se donner en spectacle un peu comme les miss concourant pour leur fameux diadème.
Seul échapperait à ces pratiques la secte du FN... De ce côté là de l'échiquier on ne s'embarrasse guère de fantaisies décoratives, mais la pratique n'est guère différente pour assurer le pouvoir à la dynastie familiale.

55 ans plus tard, ce nouveau monde a maintenant dépassé le stade de sa maturité. De Gaulle avait institué l'élection présidentielle dans Sa 5ème République pour mieux mettre Sa Personne à la tête de l'Etat et le pouvoir à sa main en mettant fin "au régime des partis" (référence à Pétain qui prétendait faire don de sa personne à la France pour mieux la défigurer dans la capitulation et la collaboration).

Nous ne sommes effectivement plus dans une République des partis politiques, mais dans celle des réseaux d'influence, des lobbies, des think-tanks, des conseillers de l'ombre ; ce ne sont plus des hommes qui se rassemblent autour des idées cherchant l'adhésion du plus grand nombre, mais des hommes qui rassemblent leur courtisans pour s'accaparer le pouvoir, petits nobliaux n'assurant la maîtrise de leur territoire qu'en se disputant le soutien des petits marquis à leurs marges (voir les gesticulation de la droite de l'UMP avec le FN, de Juppé ou des socialistes avec Bayrou, etc)
Tout au plus les partis servent encore de tiroir caisse, et ce d'autant plus depuis que l'argent public leur est accordé avec autant d'équité que la prise de position dur une grille de départ de Formule 1.
C'est d'ailleurs là le seul enjeu de la conquête de leur direction.
Quand la presse régionale s'occupe à tisser la toile d'araignée du réseautage socialiste en Allier.elle illustre un peu ce "nouveau monde" dans lequel on a des peines à saisir une unité de perspective et d'idées dans une débauche d'ambitions personnelles qui réduit les enjeux politiques au pouvoir à prendre ou à conserver.
Aucune formation politique n'échappe à ce phénomène qui au fil des ans a complètement dessaisi les citoyens de leur capacité à exercer le pouvoir politique que notre démocratie républicaine leur devrait.

Parce que c'est lui...
Les supporters d'aujourd'hui ne sont pas les militants d'hier ou de demain ; rires aux éclats ou sanglots dans la voix les uns larmoient au salon des émotions électorales quand les autres font bouillir la marmite des idées en cuisine, tous les jours derrière aux fourneaux. Et aujourd'hui la cuisine politique des gens pressés ne s'embarrasse pas de la corvée de pluches ou du mijotage, le "pré-cuit", et le tout-prêt bien emballé aux bonnes couleurs suffit à couper la faim de la masse toujours beaucoup plus considérable des abstentionnistes.
Dans une République des Bourgeois de Calais, tous font semblant de s'en plaindre... oubliant trop vite que ce sont eux qui ont donné les clés !

Le changement c'est maintenant...
Mon ennemi c'est la finance...
L'inversion de la courbe du chômage...
Une retraite un peu plus moins, un peu plus loin, pour finir dans le besoin...
...

Aujourd'hui c'est une jeunot passé de la banque Rothschild aux palais de la République qui veut faire travailler plus le dimanche, fustige la rigidité des "35 heures" pendant qu'un de ses collègues ministre fait surveiller de plus près les chômeurs fraudeurs, etc. etc.
... au nom de la gauche ?

Qu'en pense le Parti Socialiste ?  et les autres partis ? 

Tout au plus va-t-entendre quelques "chefs de file" à gauche comme à droite ( qui comme leur nom l'indique malgré tout sont d'abord chefs pour que derrière ça file ) qui s'en félicitent ou s'en offusquent selon leur lecture de l'avenir politique qu'ils s'envisagent ! 

Du fond et des idées ? de la vie des gens qu'on se propose de bousculer un peu... sans intérêt. L'important à l'Elysée comme partout ailleurs c'est la manœuvre politicienne pour provoquer l'échec de l'adversaire ou faire trébucher le partenaire concurrent dès la prochaine échéance. Les petites tractations ici comme ça et ailleurs autrement pour mieux s'arranger des redevables n'ont pas besoin de partis, mais simplement de quelques négociateurs intéressés. Pour faire cause commune ici avec ceux qu'on fustige ailleurs point n'est besoin de s'encombrer avec une organisation politique qui devrait mobiliser à force de militantisme sur des options communes construites et bien partagées.

Mourir pour des idées ? La chanson n'est pas hit parade des politiciens qui soignent leur espérance de vie... au pouvoir.

Les partis partis, notre République peut entrer dans l'ère d'un ancien régime où la confusion entre la chose publique et la chose privée au seul profit de la seconde n'est plus l'affaire que des personnes. Chacun trouvera désormais normal que l'impôt réclamé par la puissance publique soit rangé au placard des ringardises, balayé par le formidable engouement de chacun à la participation charitable, à l'exercice du don solidaire résolvant l'équation de la pauvreté en sollicitant les moins pauvres plutôt que les plus riches... La gouvernance par la peur et la commisération fait les beaux jours d'un système épargnant d'autant plus les privilégiés qu'il enferme le peuple dans sa souffrance, un peuple d'autant plus enclin à la solidarité qu'il est précipité au bord de la misère.

La prochaine République a-t-elle vraiment besoin d'un président ?
La prochaine République a-t-elle vraiment besoin de sénateurs ?

Pas si sûr ! Il lui faudra surtout des citoyens qui donnent leur avis sans nécessairement qu'on leur demande et qui renvoient à leurs miroirs sans tain celles et ceux qui leur demandent d'arbitrer la querelle de leurs ambitions à grands coups de "primaires". Ce qui prime en République, c'est l'organisation politique pour le débat, la confrontation et l'exercice du pouvoir en conformité avec le choix majoritaire. Pour ça les organisations politiques partisanes ne sont pas de mauvais outils quand elles vivent des idées et des moyens que leurs militants consentent dans leur engagement.
La représentation démocratique suppose des échelons à revisiter autrement que dans la réforme dite "territoriale", c'est aussi ça le chantier de la prochaine République ; et ce ne sont pas les instances électives existantes qui pourront en accoucher. 
Il va falloir passer par une forme de Révolution, pourquoi pas tranquille puisqu'il s'agit simplement d'une intervention populaire changeant la nature du pouvoir qu'elle se donne et les formes de son exercice, d'une assemblée de députés qui, pour valider l'écriture d'une nouvelle constitution devront être "constituants".

du peuple, c'est populaire

L'Humanité Dimanche de cette semaine propose une interview de Patrick Sébastien... 
Artiste, animateur, chanteur, auteur... difficile à classer celui qui passe pour un amuseur public populaire ! Derrière son masque de légèreté le bonhomme laisse souvent transpirer une grande sensibilité et un respect bien illustré dans son plaisir à faire partager le talent des autres.
A propos de ses souffrances et de l'injustice que la vie se plait à distribuer celui qui se dit plus à l'aise avec sa propre souffrance que face à celle des autres ose une définition comparée de la vengeance et de la revanche.

"La vengeance revient à boire un bon vin dans un verre sale. La revanche est de boire son propre vin dans un verre propre."

Celles et ceux qui, assez nombreux dans un jeu politique d'aujourd'hui plus encombré de la petitesse des hommes que de la grandeur des idées, ne font de bien public qu'à leur profit feraient bien d'apprendre à faire leur vaisselle, et leur propre vin.

Tout ça ne vaut pas que pour illustrer la reconquête de l'UMP par Sarkozy.
Et rien que pour ça Patrick Sébastien vaut bien un passage médiatique de Luc Ferry ou BHL...

samedi 6 décembre 2014

Toit, toi, trois et demi

Trois millions et demi de personnes en défaut de logement décent... Chaque hiver la ritournelle compassionnelle revient pour culpabiliser un peu plus ceux qui sont au chaud de leurs murs à crédit. Mais quel remède est apporté à cette situation encore plus insupportable quand ce sont plus de trente mille enfants qui en souffrent. Ce ne sont pas les promesses électorales qui tiennent chaud les soir d'hiver ; pas plus qu'elles n'apaisent la faim et la peur du lendemain encore plus incertain.
Un grand patron évoquait il y a quelques années  son idéal d'usines sans ouvriers... Son vœu est satisfait bien au-delà de ses attentes puisque on va désormais vers un pays sans usine à force de liquidation et de délocalisations...
Se laissant aller au gouvernement par l'émotion -téléthon oblige-, le pouvoir politique a désormais abandonnée la dernière de ses prérogative, celle de l'action publique. En transportant des masses monétaires considérables des circuits normaux de financement de l'action publique du domaine de l’impôt à celui -injustement dénommé- de la solidarité les plus fragiles consentent facilement à donner plus que leur part de contribution dans une société où la fortune des plus forts reste à l'abri des justes prélèvements qui contribueraient à une redistribution équitable des richesses.

La générosité, le don dans tous ses états, le partage et l'attention portée aux autres n'a pas besoin de grands cirques médiatiques pour conforter les liens des hommes.

Le spectacle instrumentalisant de façon trop souvent indécente les victimes de l'injustice, de la maladie ou du handicap n'aide pas la société à s'affranchir de ses misère ; tout au plus elle la rend comptable du mauvais sort qu'on lui fait.
C'est particulièrement le cas quand, sans ciller, on annonce que les maladies "rares" ou "orphelines" ont besoin des généreux donateurs pour la recherche et la remédiation puisque, faute de débouchés suffisants, elle n'ouvrent pas de marchés suffisants à l'appétit de laboratoires rapaces de la finance avant de servir le soin.

Alors la question se pose de la légitimité des grandes causes dites de solidarité. Le plus beau don à faire au Téléthon ne serait-il pas le bulletin de vote qui débarrasse le paysage politique des serviteurs zélés du monde de la finance pour mettre en place une véritable démocratie citoyenne plus dure avec les forts pour pouvoir être plus douce et réconfortante pour les plus faibles.

Le paysage politique étant ce qu'il est aujourd'hui, comme en fin de marché, il n'y a plus guère de choix... et ceux qui s'abstiennent en font un douloureux !

A vendre, démocratie, mauvais état mais peu servie.

L'hiver n'est pas encore là, mais des frissons parcourent l'échine des républicains attachés au bien public quand les actus défilent.
Imaginez-vous au réveil d'un coma prolongé de trois années...
... et le transistor égrène les infos du jour : "un consortium chinois rentre au capital de l'aéroport de Toulouse Blagnac..."
Au infirmières qui s'enquièrent des sensations du réveillé, celui-ci pourrait répondre sans broncher que rien n'a changé. Sarkozy avait bien privatisé les autoroutes, alors pourquoi pas les aéroports en attendant de privatiser l'air rare et glacial en altitude des routes des avions,..
Sauf que, bafouillent les soignantes inquiètes de la réaction du cœur du patient à la révélation :
"mais monsieur, la gauche est au pouvoir, depuis deux ans et demi le changement c'est maintenant, et c'est le jeune Macron qui vient de diligenter la privatisation de Toulouse Blagnac !"
Hésitant un instant avant de replonger dans le confort de l'inconscience le patient leur livra quand même son diagnostic et dicta rapidement l'ordonnance du traitement.
La situation est grave, notre pouvoir a été victime d'un AVC et la paralysie totale de sa gauche nécessite une opération électorale d'envergure pour évacuer le caillot libéral qui exerce une pression invalidante sur toutes ses fonctions progressistes... à placer dès maintenant sous manifestations intensives et surveillance populaire de tous les instants pour conjurer le risque d'une nouvelle hémorragie d'électeurs abstentionnistes à gauche qui laissent le champ libre et l'illusion du progrès au virus brun de l'extrême droite...
Et là-dessus le citoyen patient se rendormit calmement sous l'effet lénifiant de sa perf de démocratie participative ;  en attendant la sixième République, il peut dormir tranquille, ses grands élus se chargent de tout.

Quand la fable se perd dans l'excès c'est généralement qu'elle colle au plus près à la réalité. Pour s'en convaincre et vérifier que la dérive libérale ne frappe pas que les hautes sphères réformistes de la social-démocratie il suffira d'observer l'usage de l'argent public dans les collectivités territoriales jusque dans les plus petites. Le recul de l'Etat protecteur des citoyens les plus faibles et seul en capacité de fournir les services publics d'envergure (éducation, santé, énergie, communication...) ne fait aucun doute, il doit tant aux banquiers et à la guerre qu'il ne reste plus guère pour la vie, la paix et les citoyens. Du coup les collectivités territoriales se plaignent à juste titre de leur délaissement avec des missions désormais baptisées "compétences" sans moyens... Pensez donc à ces pauvres petites communes qui n'en peuvent plus pour entretenir un patrimoine bâti en progression constante pour loger à bon marché les activités des commerçants ou des artisans, et des professions libérales ou des services de l'Etat... Sans compter que l'école leur coûte désormais énormément cher avec la municipalisation des heures récupérées des coupes sarkosistes (au passage ce n'est pas la dépense communale qui est problématique mais plutôt le fait qu'on cède une part de la responsabilité de l'Etat pour des activités dites "éducatives" et du personnel à bon marché dans le plus grand désordre).

Pourquoi pas vendre en concession un bout de route nationale à une société d'autoroute ?
On a bien concédé à des sociétés privées la sécurité avec les sociétés de gardiennage, le reclassement des demandeurs d'emploi pour soi-disant faire mieux que l'ANPE ou maintenant Pôle Emploi à des société privées de "formation" qui font plus de profits que de résultat...
Les écoutes téléphoniques dans le processus judiciaire sont assurées par des société privées... La police de la vitesse sur les routes avec les radars est aussi branchée sur le privé... L'écotaxe et ses fameux portiques auxquels on va certainement accrocher des balançoires aussi... 
Pas étonnant que le Medef ait à Matignon un premier ministre qui "aime l'entreprise" !
Et l'entreprise privée peut bien rendre service au public, à défaut de Service Public, l'argent public a le goût du profit. 

Jadis, bien avant que nos brillants édiles d'aujourd'hui aient mouillé leur première couche, les communes ayant la charge de leur école logeaient les instituteurs dans des logement dits "de fonction", parce qu'ils en avaient une, fonction !, N'avait-on pas trop de considération pour ceux -là pour en arriver à une situation où la gloire est plus surement assise sur le fric que sur les valeurs républicaine, plus souvent sur la légèreté affriolante que sur les compétences ?

La chasse aux privilèges des fonctionnaires, avant que s'ouvre la chasse au  fonctionnaires tout court est venue à bout de ces pratiques déraisonnables. Il est bien plus juste aujourd'hui de dispenser l'argent public au profit des intérêts particuliers des activités privées et libérales. 

Dans les campagnes depuis déjà longtemps, et aujourd'hui dans les villes, la pénurie organisée des professionnels de santé des ordres libéraux a conduit à ajouter à leur rémunération sur la dépense publique qui doit garantir l'égal accès de tous aux services de soins la fourniture du gite et du couvert... 
Les Restos du cœur et le Téléthon ont encore de beaux jours devant eux tant que la puissance publique brade les bijoux de famille pour assurer ses fins de mois, satisfait à l'appétit sans limite des racketteurs de la finance ou arrose à fonds perdus les jardins particuliers...

Qu'on ne s'y trompe pas, la gauche progressiste n'est pas calée sur le discours nostalgique du "c'était quand même mieux dans l'temps !". Ce discours-là a toujours été celui de la droite et de la plus réactionnaire (à vérifier dans tous les débats sociétaux des dernières décennies : abolition de la peine de mort, droit à l'interruption volontaire de grossesse, égalité hommes-femmes, mariage pour tous...); mais pour autant la conduite à gauche n'est jamais sure sans rétroviseurs, ne serait-ce que pour vérifier qu'on n'a pas enclenché la marche arrière !


jeudi 27 novembre 2014

Ça va mieux en le lisant !

A lire dans l'Huma Dimanche de cette semaine...
Quand depuis des lustres ces idées là ne méritaient que sarcasmes et mises à l'écart de communistes ordinaires, conscients et malheureux des dérives de leur parti, le fait qu'un jeune intellectuel, universitaire sociologue, produise ce type d'analyse peut redonner un peu d'espoir à celles et ceux qui voyaient depuis des années leur organisation politique minée par la même gangrène que celle qui ruinait les autres en remplaçant le débat d'idée par la chasse gardée aux mandats. 

Merci à Julian MISCHI.


... des extraits à lire sur le site de CONTRETEMPS... et plus largement d'un bout à l'autre après être passé chez le libraire !
Par ailleurs Julian MISCHI avait travaillé sur le Parti dans notre département pour publier en 2010 "Servir la classe ouvrière - Sociabilités militantes au PCF", avec, en particulier, un focus sur le secteur du Bocage Bourbonnais dans l'ouvrage issu de sa thèse. Une autre bonne lecture !
(aux Presses Universitaires de Rennes, un peu plus de 300 pages pour moins de 20 €).

La faim et la fin

Grand écart pour les béquilles du capital...
... à quinze jours d'intervalle la FNSEA de Monsieur Beulin a crépi au fumier quelques façades de préfectures (s'en prenant même parfois à la MSA...) avant d'aller s'essuyer les mocassins à Orléans sur les tapis verts de la grande causerie sur la "3ème révolution agricole et alimentaire" en bonne compagnie des grands PDG de l’agroalimentaire et des banques, d'un ancien ministre, des patrons de la grande distribution...!

Avec tout ce beau monde il y a sacrément de quoi s'interroger sur le sens de la 3ème Révolution !

Curieusement les médias "grand public" ont été très discrets à propos de l'événement d'Orléans... il faut bien donner le change.

Il est vrai qu'avec le "grand" syndicalisme agricole aujourd'hui à l'honneur la faim dans le monde se confondra bientôt avec la fin du monde.

Quant aux vrais paysans, cultivateurs de la terre, éleveurs pour nourrir leurs semblables, leurs semelles de bottes sont vraiment trop crottées pour souiller les moquettes d'Orléans ou des cabines climatisées des maxi tracteurs du Crédit Agricole.


Ces quelques extraits en disent assez long sur la chose.






mardi 18 novembre 2014

drôle de choix

La droite, la droite de la droite ou la droite de la droite de la droite ? Les médias qui font les élections bien plus surement que les citoyens électeurs majoritairement abstentionnistes investit les petites parts de cerveau laissées disponibles par le bistrot, le tiercé, Plus belle la vie et les cartes à gratter de la Française des Jeux.
Sarko, Juppé, Mariton, Lemaire, Fillon ? et pourquoi pas Tapie et le ticket Valls-Hollande dans la même belle compétition aux trophée des marionnettes du Medef et du capital réunis ?
Pour celles et ceux qui n'avaient pas compris que la démocratie appartenait à un passé bien lointain révolu, il suffirait d'éclaircir la vue au bien triste spectacles des guignols en chair et en os, plus vrais que nature dans la petite lucarne.
Le débat politique doit être rétréci aux miasmes des guerres picrocholines de l'UMP qui a trouvé mieux que les primaires présidentielles pour occuper le terrain médiatique : des primaires à la direction du parti, et après des primaires pour la candidature aux présidentielles !!! mais à droite, histoire qu'on mobilise l'hémisphère droit de ce qui reste d'électeurs...
Si après ça vous imaginez qu'il est imaginable d'imaginer qu'une vie est possible hors des bouffées de chaleurs de la vieille fille de droite c'est bien que vous êtes plus sourd que malentendant, assurément plus aveugle que malvoyant, et plus...
Alors oubliez Nicolas et Bruno, renvoyez Alain aux bons sentiments de François et pensez un peu à vous dont le salaire ou la retraite fondent comme iceberg sous les tropiques, pensez un peu à ce malheureux PDG dont la retraite dite "chapeau" est aujourd'hui contestée... La misère s'inviterait-elle aujourd'hui chez les riches ?
Mais non, c'est une illusion d'éthique.
La solution n'est que dans le rêve et l'évolution confondue.
La révolution.

signé le réel utopique.

dimanche 9 novembre 2014

Murs murs



25 ans après "la chute du Mur de Berlin" les médias reviennent sur cet événement majeur de la fin du 20ème siècle. Mais il semblerait que pour l'heure l'histoire du mur soit réduite à sa chute, un peu comme le soulagement de la guérison attendue d'une maladie réduite à ses symptômes.
Rien sur l'origine... il est bien trop dangereux d'apprendre à réfléchir en inscrivant les faits dans l'histoire, en li(s)ant la chaîne ininterrompue des causes et des conséquences pour comprendre le maillon d'un présent.
Pour qui douterait de la grande manip, il suffit de regarder comment la grande commémoration du centenaire de la "Grande Guerre" se conçoit... Jaurès serait-il mort pour rien ?
Il est d'autant plus important pour les pouvoirs qui se croient aujourd'hui autant maîtres du monde qu'ils le seraient de leur fortune d'interdire l'accès à la connaissance que ces mêmes pouvoirs n'ont de cesse de bâtir de nouveaux MURS, symboles sanglants de la violence faite aux peuples, partout de par le monde.
Et nous ne sommes pas préservés d'autres constructions de la honte quand on entend la droite, son extrême, et même quelques autres zélateurs de l'exclusion préconiser qu'on boucle à double tour portes et fenêtres pour laisser l'étranger là où il ne l'est pas.
Curieusement on n'a jamais construit tant de murs que depuis que la "mondialisation" a aboli les frontières pour la libre circulation des capitaux.
Il est toujours plus facile de murer la porte d'un squat plutôt que de donner un toit au sans-abri...
Il est toujours capital pour le capital d'asservir les hommes enchaînés aux boulets de leur misérable condition d'exploités.

La foire aux vanités

Le coup de pioche du journaliste de La Terre vient bien à-propos quand il est appliqué à l'attitude de beaucoup de responsables politiques concernant la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse. 
Le journaliste vise ici précisément un président de Conseil Général président aux destinées d'un chantier pour le moins contesté et peut-être bien contestable.
Au-delà de ce cas particulier qui illustre bien à quel point les politiques d'aujourd'hui sont plus souvent conduites sous influence de groupes de pression que par la volonté citoyenne n'est-il pas temps de poser les bases d'une autre République garantissant un fonctionnement démocratique respectueux des volontés populaires ?
Et, dans cette perspective la première mesure consisterait à éradiquer le professionnalisme politique pervertissant tant d'esprits faibles détenteurs provisoires d'un pouvoir fort, qui n'ont d'autre considération pour le citoyen que celles des généraux de 14-18 abreuvant les tranchées du sang de leurs soldats de plomb.
"... Mourir pour des idées ? Ça ne risque pas de leur arriver, eux qui ont bradé depuis longtemps les leurs à la foire aux vanités contre quelques prébendes, un peu de gloriole et une voiture de fonction..."
Chacun peut bien faire son inventaire de proximité, mais il ne sera pas simple ensuite d'imaginer qu'on puisse conduire une politique de gauche avec ceux qui ont vendu leur âme au diable -pour peu qu'il en aient une- en vantant les mérites de la privatisation, des "partenariats" public-privés, des "services AU public"  en remplacement des SERVICES PUBLICS, etc.
La nouvelle République ne suppose pas de remettre en place quelques pierres tombant des murs de la 5ème en ruines; ce n'est pas d'une restauration dont la démocratie a besoin, mais bien d'une construction neuve, de nouveaux architectes et de nouveaux maçons obéissant aux besoins d'un peuple copropriétaire.

samedi 8 novembre 2014

Euh...

"... il y a des élèves qui décrochent, on les appelle des décrocheurs !" : une pépite parmi d'autres dans la formidable prestation de François Hollande l'autre soir !

L'image et la fonction de "président de la République" en avaient déjà pris un sacré coup depuis les invitations de Giscard à la table des français, l'apostrophe "casse-toi, pauv'..." de Sarkozy. Les frasques d'un DSK prétendant au trône avaient aussi remisé l'aura de la fonction au plafond des cabinets pas nécessairement ministériels.
Et voilà que le président normal qui se sépare normalement de la mère de ses enfants pour s'amouracher très normalement d'une journaliste qu'il trompera normalement en rejoignant sa nouvelle conquête normalement médiatique en scooter... Quoi de plus normal que de singer la vie privée agitée de son prédécesseur ? 
Il est vrai qu'en alimentant la presse de caniveau on se garde bien d'aborder les problèmes politiques de fond.
De là à se donner en spectacle sur la seule scène de prédilection de tous les politiques d'aujourd'hui, la scène médiatique, il y a un pas que seules l'absence de promesses tenues et l'incapacité à assumer ses renoncements peuvent justifier.

Crise dite économique, ou sociale, ou morale ou politique... ce qui devient crise de régime met le pays à mal et le jette dans les bras tendus de l’extrême droite n'a connu deux heures durant qu'un nouvel avatar de sa disqualification citoyenne.

Il y a des élus qui président, on les appelle des présidents !
Ah bon !

Au lendemain de la prestation présidentielle, une émission évoquait la présidence de Georges Pompidou et affichait un extrait de fin de conférence de presse où il répondait à la question de Jean Michel Royer de RMC à propos du suicide de Gabrielle Russier en 1969. Le président élude la question en y répondant avec quelques vers de Paul Eluard ! 
Aujourd'hui nous avons un président normal et une ministre de la culture qui avoue normalement ne pas avoir eu le temps de lire... Ne devrions nous pas y voir un des échecs patents de l'école...

mercredi 5 novembre 2014

Une conférence pour...

Texte de la note d'objectifs et du descriptif des ateliers organisés dans le cadre de la conférence nationale du PCF...Des éléments de réflexion pour une mise en chantier.


Pour une alternative à l'austérité,
construisons les chemins de l'espoir !


D'autres chemins sont possibles que celui proposé par le pouvoir, si les forces de gauches et écologistes trouvent des convergences et ne restent pas bloquées au milieu du gué.

C'est pourquoi, nous visons la construction de cette alternative autour d'une politique de gauche capable de sortir de l'austérité et d'engager le redressement social et national du pays. Nous pensons que c'est le moyen d'échapper au scénario infernal déjà mis en scène dès les prochaines élections départementales qui se réduirait à un choix entre Hollande-Valls, un candidat de l'UMP et Marine Le Pen. Ce choix peut aujourd'hui conduire à l'élimination de toute option de gauche, toute option alternative à l'austérité.

Nous voulons donc construire cette alternative à l'austérité en développant conjointement :
  • la riposte face à la politique gouvernementale et aux choix du Medef ;
  • le débat et l'action pour des solutions immédiates, un programme de gouvernement et une autre conception de l'avenir de notre société ;
  • le rassemblement de toutes les forces et de tous les citoyens disponibles.

Les grands axes de bataille et de projet, de propositions autour desquelles nous voulons construire les chemins de l'espoir sont :
  • la relance sociale, industrielle, écologique du pays contre l'austérité et les logiques patronales de compétitivité ;
  • une société d'égalité de droits, de liberté, de fraternité ;
  • la bataille pour la VIe République, pour une nouvelle démocratie institutionnelle, territoriale et sociale ;
  • une France indépendante, non alignée, agissant pour changer l'Europe et pour un monde de paix.

Cela nécessite de continuer de travailler à la fois sur le projet communiste du XXIe siècle, et sur les axes caractérisant une politique de gauche.

Afin de permettre l'appropriation et le partage des travaux des secteurs du Parti, d'élargir l'implication des communistes au travail du projet, 9 ateliers ouvert à tous, sont proposés.

Sans prétendre traiter toutes les questions et problématiques auxquelles nous sommes confrontés, il s'agit d'une étape supplémentaire dans notre travail sur le projet.

Un compte-rendu des travaux des ateliers sera publié dans la Revue du projet.

Description des ateliers

1- Répondre aux besoins humains, relancer l'activité et l'emploi : Jean-Luc Gibelin

Il s'agit d'un choix principal de notre démarche politique !

Nous avons choisi de partir des besoins, de la réponse aux besoins et non des lois du marché ou des injonctions du Medef.

Nous considérons et nous le démontrons, le pays a les moyens de répondre aux besoins ; cela nécessite du courage politique. Deux dogmes sont à affronter : le matraquage sur le « coût du travail » et la pression de la diminution de la dette publique. Enfin, nous reviendrons sur la démarche démocratique qui est la notre autour de la réponse aux besoins de la population.

Cet atelier ne sera pas exhaustif en terme de recensement des besoins, ni un catalogue des réponses programmatique du PCF.

2- Faire reculer le coût du capital pour financer le développement du progrès humain et la relance sociale : Denis Durand

Il s’agit d’un enjeu politique crucial : combattre la dictature des marchés financiers. L’alternative, c’est la conquête de pouvoirs, par les travailleurs et les citoyens, dans la gestion des entreprises, des services publics, des collectivités publiques, des banques, pour faire prévaloir des choix stratégiques et financiers favorables au développement des êtres humains, et non à la rentabilité des capitaux privés.

Le levier essentiel : mobiliser le pouvoir des banques et des banques centrales pour un nouveau crédit (une nouvelle création de monnaie), avec des taux d’intérêt d’autant plus réduits que seront programmés davantage de créations d’emplois et d’actions de formation.

La mobilisation des autres outils de la politique économique obéit à la même cohérence, par exemple la modulation de l’impôt sur les sociétés et des cotisations sociales patronales en fonction de la politique d’emploi et de formation des entreprises.



3- Éducation, savoir, culture comme conditions pour l'émancipation humaine : Marine Roussillon

Cet atelier analysera la place nouvelle des savoirs et de la création dans notre société : dans le travail et dans la vie démocratique. Comment cette place nouvelle peut-elle être mise au service de l'émancipation individuelle et collective?

Comment passer d'une logique d'accès aux savoirs et à la culture à une logique d'appropriation et construire un haut niveau de culture pour tous ? Comment construire la culture commune nécessaire pour faire société tout en répondant à la crise démocratique, à la crise des valeurs que nous traversons ? Enfin, le partage travail / loisir, la mesure du temps de travail, la succession dans la vie de la formation, du travail et de la retraite sont bouleversés par la place croissante de la création et des savoirs dans le travail. Comment prendre appui sur ces bouleversement pour repenser les temps de la vie et viser l'émancipation individuelle et collective ?



4- Transformer le travail, l'entreprise, pour transformer la société : Véronique Sandoval

Le travail est au cœur de notre projet de transformation sociale.

D'une part parce que c'est au sein de l'activité de travail – les choix de production, les processus de production, l'organisation du travail (coopérative ou de mise en concurrence) – que se construit le monde de demain comme les possibilités de rassemblement pour le transformer. Dès lors, qu'entendons-nous par « appropriation sociale de la production », « nouveau statut de l'entreprise », « droits d'intervention des salariés », « nouveaux critères de gestion » … ?

D'autre part parce que c'est dans le travail, en s'affrontant à ce qui résiste, que les hommes et les femmes peuvent accroître leur « puissance de penser et d'agir », c'est à dire s'émanciper. Dès lors, quelles luttes concrètes mener qui soient emblématiques de mots d'ordre tels que « l'accès de tous à un travail de qualité », « une juste rémunération », « la maîtrise de son temps de travail » ou le choix (par l'accès à la formation) et la « sécurisation de son parcours professionnel » ?



5- Construire un nouveau modèle productif, social et écologique : Alain Obadia

Caractérisé par sa crise systémique, le capitalisme ne peut faire face aux défis majeurs de cette période historique que par des voies catastrophiques pour les peuples.

La réponse aux défis écologiques détermine l’avenir même de l’humanité. Gestion économe des ressources, respect de la biodiversité et des écosystèmes, lutte contre le réchauffement climatique (Conférence de Paris en 2015), enjeux de l’alimentation et de l’énergie etc. démontrent l’urgence de transformer en profondeur les modèles de consommation et de production.

Écoconception, recherche, formation, liens nouveaux de l’industrie et des services (y compris les services publics) rendent plus pertinent que jamais l’impératif d’une panoplie d’outils de maîtrise sociale des entreprises et de l’économie (nationalisations, pôles publics, ESS).

Mais, ce nouveau modèle de développement est traversé par l’affrontement capital-travail.

À l’opposé du « capitalisme vert », définanciariser les gestions sur la base de nouveaux critères, donner une place centrale au développement des capacités humaines et au progrès social impliquent d’instaurer des pouvoirs nouveaux pour les salariés, les élus et les citoyens.



6- Vers une VIe République : pour une nouvelle ère citoyenne de la démocratie dans les institutions, les territoires, les entreprises : Pierre Dharréville

La crise des Institutions, de la politique, de la démocratie s'exacerbe. Où en est-on ? Où va-t-on ? Quelle place pour la VIe République dans notre combat ? Comment mettre la participation citoyenne au cœur de ce combat ? Quel lien entre urgence sociale et urgence démocratique ? Comment gagner la bataille face à la réforme territoriale ? Quel nouvel élan démocratique ?



7- Construire l'égalité et le vivre ensemble contre toutes les dominations : Fabienne Haloui

Construire de l’égalité, c’est lutter contre les rapports de domination et les discriminations, qu’elles soient sociales, sexistes, racistes, homophobes, etc.

La conquête de l'égalité entre les femmes et les hommes est l'un des piliers de tout projet émancipateur. Le patriarcat est un système de domination qui renforce et se nourrit de toutes les formes d'aliénation. Le combattre nécessite un engagement dans toutes les sphères de la société et nous interroge personnellement.

Au racisme biologique s'est substitué un racisme culturel qui divise, hiérarchise, structure l'inégalité. Parole publique décomplexée et politiques ouvertement discriminatoires sont à l’origine, sur fond de crise, de la montée d'un racisme ordinaire et de l’intolérance contre les Roms et les arabo-musulmans. Comment passer d’un antiracisme moral à un antiracisme politique pour porter l’égalité réelle et recréer de l’unité de classe ?



8- Transformer la mondialisation : refonder l'Europe : Patrick Le Hyaric

Quels sont les éléments nouveaux de la crise multiforme qui s’est encore approfondie dans l'union Européenne depuis les élections européennes ?

Quelles actions impulser pour rompre avec les logiques austéritaires à l’œuvre ?

Quelles solidarités rechercher ? Sur quelles propositions et quel projet ?

Quels efforts de préparation du Forum européen des alternatives qui aura lieu à Paris au printemps prochain ?

Quelles propositions d’actions préparatoires à la conférence climat de Paris de décembre 2015 ?

Quelles actions pour la paix et le désarmement ?



9- Transformer la mondialisation : le rôle de la France pour un monde de paix et de solidarité : Lydia Samarbakhsh

La situation internationale marquée par l'extension de la mondialisation et de la financiarisation capitalistes, et par leur crise, connaît une intensification de conflits régionaux et nationaux aux impacts et enjeux mondiaux majeurs. D'aucuns parlent d'un « retour de la guerre froide » et de risques de 3e guerre mondiale : quelles les stratégies et dynamiques à l’œuvre ? Peut-on peser sur le cours des événements ?

Quels devraient être le rôle dans le monde et la politique extérieure de la France pour une réponse progressiste à la mondialisation qu'il s'agisse de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur émancipation, des luttes pour de nouveaux modes de développement humain durable et écologique, contre le réchauffement climatique, contre la prolifération et pour la dénucléarisation, contre l'expansion du libre-échange, de la dérégulation et de l'emprise des transnationales sur les États et les peuples, ou encore de la bataille pour refonder l'Europe, et une réforme démocratique de l'ONU lui permettant de reprendre la main dans les relations internationales aujourd'hui dominées par la logique des puissances et du rapport de forces plutôt que des principes de paix, d'égalité, de solidarité et de justice ?

Quelles sont les responsabilités du PCF, quel travail développe-t-il et avec qui pour élaborer les contours et contenus d'une solidarité internationaliste du XXIe siècle ?


mardi 4 novembre 2014

Parole Parole Parole

Non cumul des mandats, ça va mieux en le disant... qu'en le faisant !

Quelques ministres ont été chahutées ces derniers temps par des chroniqueurs médias s'interrogeant sur la situation paradoxale de "ministres à plein-temps" qui ont conservé leur mandat de conseiller général ou régional.

Najat Vallaud-Belkacem, Marsol Touraine, Sylvia Pinel et Marylise Lebranchu ont été épinglées pour n'avoir pas renoncé à leur fonction élective en prenant leur poste ministériel.
Ce n'est pas dans ce type d'émission ni dans cette pratique journalistique que la démocratie va trouver son meilleur terreau ! Après le sport, la politique est devenue un spectacle et le "plan média" qui fait ou défait un président chez nous devrait rendre plus discrets celles et ceux qui fustigent les gouvernements fantoches d'Afrique ou d'ailleurs.
Quant à se donner en spectacle, encore faudrait-il être capable de tenir son rôle ; et dans cette scénette, l'embarras de Madame Touraine n'est guère à son avantage.



Au moins Emmanuel Macron, élu nulle part, est à l'abri de tel manquement aux pétitions de principe des palais de la République.

dimanche 2 novembre 2014

Toujours plus

Le patronat en réclame encore et toujours...
Le gouvernement dit "socialiste" est pressé d’obéir, et quand c'est un peu plus dur, il prétexte l'injonction européenne, pour faire encore quelques milliards d'économie sur le dos du peuple...
Cette mission du service servile des puissances d'argent est naturel à droite ; Pompidou en son temps avait servi la banque Rothschild avant de venir pantoufler à l'Elysée. Aujourd'hui c'est au tour du jeunet Macron de venir badigeonner les murs du ministère de l'économie de ses réminiscences toutes fraîches des couloirs de la banque.
Valls qui avait eu la confiance d'un socialiste sur vingt lors des primaires présidentielles de son parti est à Matignon ! Outre le fait que la chose signe la traîtrise de Hollande vis-à-vis des siens, et accessoirement le mépris de ses électeurs qui en chassant la droite de Sarkozy par la porte des urnes ne choisissaient pas de lui ouvrir la fenêtre pour poursuivre la même politique au service des puissances financières.
Que ne dit-on pas à la gloire de "l'entreprise"... créatrice d'emploi et de richesses... le BIEN en soi !
Et pourtant le chômage ne cesse de croître au point d'impacter directement ou indirectement le quart de la population du pays. Un chômeur n'est jamais seul malgré tout, il a généralement des parents, compagne ou compagnon et parfois des enfants et même des petits enfants...
A-t-on jamais mesuré les effets d'une telle situation sur la conscience des individus et des masses populaires ?
Qui licencie ? les ouvriers mis sur le carreau ?
Qui serre la ceinture des salaires ? les employés qui se regardent en chiens de faïence depuis qu'on a individualisé les rémunérations pour" récompenser la performance".
Qui sème la peur du lendemain ? les travailleurs qui partent le matin la boule au ventre sans être sûr d'être utile demain ?
Il est grand temps de démasquer les bourreaux déguisés en victimes ; ne serait-ce qu'en limitant par exemple la rémunération du capital à la hauteur de la progression du SMIC... où en décidant que les mandats politiques ou syndicaux ne sont plus renouvelables, en considérant que le différentiel de rémunération ne doit pas excéder trois fois la mise du plus faible... Impensable ? et surtout inconcevable dans un monde où l'utilité sociale est rangée au rayon des accessoires, loin derrière la "réussite individuelle" bâtie en scellant des briques de prétention au mortier de la sueur des autres.

Les profits des uns ne font que la misère des autres. Et ce n'est pas au moment où le capitalisme touche à la limite du supportable dans l'accaparement des richesses que le modèle  se fissure à coup de "crises" dont on ne sort jamais que par des amputations du corps social et de ses acquis des luttes passées qu'il est temps d'en supporter encore plus pour vivre moins.
Qu'il s'agisse du monde politique pour le citoyen ou de son pendant syndical pour le travailleur, l'urgence d'une restauration du pouvoir du peuple n'a jamais été aussi criante. Les Etats-majors n'ont pas vocation à s'entretenir pour durer dans leur microcosme de congratulations, mais à SERVIR la cause de leurs mandants.





samedi 1 novembre 2014

Funeste engrenage

Le drame survenu récemment sur le site du chantier du barrage de Sivens dans le Tarn détraque notre mécanique républicaine tout en remettant au moins trois questions en débat sur le devant de la scène médiatique .

  • L'action des forces dites "de l'ordre" et les moyens qu'elles emploient. 
  • L'évolution de l'activité agricole et les moyens qu'elle met en oeuvre. 
  • La persistance d'un activisme écologiste et les oppositions qu'il suscite. 
... sans compter ce que d'aucuns considéreraient comme un foyer de conflit d'intérêt !

Concernant l'action répressive des forces de police et de gendarmerie, rien de bien nouveau sous le soleil du début du XXIème siècle. 


A la fin du XIXème...
« Le 10 février 1875, vers neuf heures et demie du soir, de nombreux gendarmes sous la direction du sous-préfet, du procureur, du juge d’instruction et du capitaine avaient cerné le Grand-Pré et s’étaient avancés à un signal…. Aussitôt les brigades de gendarmes et le commissaires firent irruption en tirant des coups de feu… On interrogea les citoyens arrêtés… d’autres arrestations furent opérées.
Finalement, devant le tribunal correctionnel, dix-huit prévenus furent conduits, jeunes gens de vingt à vingt-cinq ans, dont le crime avait été de vouloir défendre la République. »
C'est ainsi que Ernest Montusès retrace dans son ouvrage consacré à Christou, le "député en blouse" la répression policière au temps où bonapartistes, monarchistes, radicaux et autres opportunistes rêvaient de renverser la Troisième République.
La répression sanglante de la grève des mineurs de 1948 par les CRS et l'armée envoyée par le ministre socialiste Jules MOCH et autorisés à tirer se solda par 6 morts parmi les grévistes, 2000 arrestations suivies de procès avec des peines de prison ferme, 3000 licenciements...
Le 6 décembre 1986, en marge des manifestations étudiantes contre la réforme universitaire Devaquet, Malik Oussékine meurt sous les coups de matraque des "voltigeurs" de la police de Pasqua.

La violence sociale n'excuse pas la violence institutionnelle, et vice-versa !

Concernant l'évolution de l'activité agricole l'actualité regorge de projets "novateurs" : exploitation laitière de "mille vaches", poulaillers de 250 000 pondeuses, moissonneuse batteuse avec une coupe de 12,50m, 650 cv sous le capot moteur, une trémie de 14 m3 pour la récolte, et embarquant plus de 1300 litres de carburant... Avec tout ça la révolution qui affame le monde est en route. Jamais l'écart n'a été aussi grand entre les pays dits "développés" et qui n'occupent désormais guère plus d'un et demi pour cent de leur population active aux travaux agricoles et les économies de subsistance comme il en existe encore en Afrique où, même avec plus de 80% de la population occupée aux activités agricoles la malnutrition persiste. 
Souvent la corruption, la guerre, les catastrophes naturelles et la manque d’institutions démocratiques ajoutent à la misère alimentaire. L'égoïsme des pays riches qui rechignent aux transferts de technologie entravés par la "loi du marché" contribue également pour une part non négligeable au désordre alimentaire de la planète. L'intensification des productions dans la France d'aujourd'hui crée des déséquilibres qui seront difficiles à réparer. La course à la productivité crée plus de surplus que de marges de manœuvre. Le moindre aléas climatique ne saurait plus être supporté sans "aide publique", comme si la collectivité qui n'est plus convenablement servie par une activité agricole nourricière (perte de l'autosuffisance alimentaire) ne devait qu'en assurer la rentabilité financière. Plus que jamais la réflexion doit porter sur le statut de la production agricole, de l'échelle de la planète jusqu'à celle des plus petits villages. L'accès à la nourriture et la production des denrées alimentaires sont d'abord des objets sociaux avant d'être ceux de la spéculation économique. C'est aussi ces questions qui doivent interroger sur la nécessité de production de maïs irrigué par ci, sur le labourage des prairies et l'abandon de l'élevage par là, sur l'exigence des revenus d'appoint...

Concernant l'activisme écologiste focalisé sur quelques grands chantiers, rien de trop neuf non plus ; quand bien même l'écologie aurait mieux à faire à gauche qu'à droite dès lors qu'il s'agit de respecter la nature et les hommes, les mouvances écologistes s'éparpillent dans tout l'éventail politique. Et c'est justement là qu'elles apportent la preuve de leur seule utilité confusionnelle. La nature ayant horreur du vide, et le volet écologiste étant fort mal servi -quand il existe-, dans les formations politiques traditionnelles, la nécessité d'en faire un machin autonome s'est fait jour, déployant ainsi toute la palette des verts, du plus blanc jusqu'au rouge.
Depuis belle lurette, les querelles écologistes ont nourri les guerres intestines de chaque camp bien plus qu'elles n'ont imposé de vrais débats et la prise en compte des préoccupations écologistes dans toutes les familles politiques ; pire peut-être, elles les exonèrent de cette embarrassante exigence et confinent l'écologie dans le rôle de l'appoint de circonstance.

A propos des événements dramatiques que nous connaissons, les médias auraient mieux à faire que d'alimenter les conversations de comptoirs en ne servant qu'une exposition triviale des conséquences. Pour que les gens comprennent les faits qui leur sont exposés de façon très superficielle et parcellaire, encore faudrait-il provoquer la réflexion, débattre des enjeux, faire se frotter les idées.

Rien que sur ces trois points du maintien de l'ordre, de l'orientation agricole et de l'écologie il y a de quoi faire. 

Et c'est en passant par là que chacun comprendrait que la gauche et la droite, ça existe et ce n'est pas la même chose... c'est en passant par là que chacun pourrait choisir librement son orientation en adhérant à des idées plutôt qu'en adorant quelque maître.

Quant à la violence organisée, celle dite des "casseurs" de fin de manif, s'est-on jamais posé la question de savoir qui la suscite ? "A qui profite le crime ? " question banale de l’enquêteur...
... au moins à une chose, au déploiement hors de proportion des forces de maintien de l'ordre face à des manifestants dont l'arme la plus commune est la parole et les munitions des idées.

Dans un monde NORMAL où régnerait la PAIX sociale comme la Paix tout court ne devrions nous pas être débarrassés de ces escouades de scarabées noirs engoncés dans leur armure d'un autre âge ? Nous pourrions les exporter outre atlantique où leur look d'extra-terrestre ferait fureur dans les stades de foot-ball américain.


jeudi 23 octobre 2014

Association (en) danger...

L'édition du journal "La Terre" de cette semaine consacre un long article sur le sujet en tirant la sonnette d'alarme : les associations seraient menacées par l'évolution des politiques publiques toutes orientées au service de la finance, service de la dette en tête, et qui doivent du coup "arbitrer" en terme de dépense, etc.
Le constat est juste sur le fait du moment, la réduction de la dépense publique de l'Etat qui ricoche à tous les niveaux des collectivités gestionnaires dans le double impact de la dépense supplémentaire imposée par les transferts de l'Etat et la réduction des moyens d'intervention ne pouvait pas avoir d'autre effet.
A regarder de plus près la situation est encore plus difficile si on considère que le désengagement de l'Etat conduit dans le même temps à l'augmentation arithmétique des besoins à satisfaire aux niveaux locaux d'intervention.
Quand l'action gouvernementale en matière économique conduit au double résultat de l'augmentation des dividendes et de celle du chômage, les départements en charge de l'aide sociale ne sont pas bénéficiaires des dividendes pour faire face à l'augmentation des prestations à servir. Dans le même temps l'Etat va arguer de la nécessité d'alimenter le service de la dette (profits bancaires obligent) pour rogner les dotations aux collectivités.
C'est la double punition pour des citoyens toujours plus taxés pour être toujours moins servis.
Pendant des années les pouvoirs publics ont masqué leur carence dans le service à rendre aux populations par la substitution du modèle associatif au service public.
Le fonctionnaire ne faisant pas partie des espèces protégées, pas de secours écolo-logique, la chasse au fonctionnaire, trois fonctions publiques confondues, Etat, territoriale et hospitalière, est ouverte toute l'année. Et le tableau de chasse des différents gouvernements se succédant depuis plus de 30 ans ne souffre que de légers infléchissements en phase gouvernementale de gauche.
Il faut bien sûr avoir triplé la première année de l'ENA pour s'étonner aujourd'hui que l'Etat ayant transféré de ses "compétences" aux régions et aux départements, ces dernières collectivités aient dû grossir leur petit monde de fonctionnaires territoriaux !!!
Au-delà de l'efficacité économique dont aucune évaluation n'est jamais produite, s'est-on jamais posé la question de l'efficacité sociale de cette évolution ?  Nature et qualité des emplois, salaires et acquis sociaux...
Il a donc été pratique pour satisfaire aux besoins relevant du service public de faire appel au modèle associatif subventionné sur missions. On se débarrasse à bon compte de la sorte de toutes les préoccupation de recrutement, et de gestion carrière dans l'emploi de professionnels qualifiés ; charge à l'association titulaire du marché de fournir le service avec les moyens qu'on lui consent. Si aujourd'hui les collectivités locales sont les variables d'ajustement dans la politique de l'Etat, les association ont toujours fait cette marge molle dans laquelle le clientélisme le dispute au professionnalisme.
Rien de plus normal que le monde associatif soit aujourd'hui victime d'une politique toute orientée au service de la finance et du profit ; le transfert dans l'apport des moyens est depuis aussi longtemps orienté vers la "générosité publique" et les grandes causes de collectes, téléthon en tête de gondole.

Ce n'est pas par hasard qu'on vilipende l'impôt universel et progressif qui peut, seul, à la fois servir d'agent redistributeur de la richesse produite et distributeur des services communs qu'ont peut aussi dire publics en matière d'éducation, de santé, de communication, etc.

La puissance publique instrumentalise et met à mal le tissu associatif du pays de multiples façons ; les plus touchés risquent d'être les usines à subventions qui remplaçent à bon marché ce que devrait être un véritable service public, en particulier dans le domaine social. Mais toutes les structures d'éducation populaire formant le véritable tissu associatif d'initiative citoyenne dans le domaine de la culture, du sport et des loisirs ont aussi à souffrir d'une transformation sociale érigeant l'individualisme en règle primordiale dans le cadre de la marchandisation d'une offre complètement déconnectée de ses origines citoyennes dans la pratique du "vivre ensemble". Sans compter avec la municipalisation des activités périscolaires concoctée au prétexte de la réforme des rythmes...

Si le monde associatif est en danger aujourd'hui, c'est peut-être que ses fondamentaux ne sont pas inscrits dans le bréviaire des banquiers désormais en charge du ministère de l'économie.
Si le monde associatif est en danger aujourd'hui, c'est peut-être aussi du fait du détournement de son objet ; l'association n'est pas un modèle économique alternatif dès lors qu'elle n'est plus que prestataire sous contrôle de bailleurs de fonds quels qu'ils soient.
Si le monde associatif est en danger aujourd'hui, c'est bien qu'après avoir détourné les citoyens des urnes en brandissant le slogan de la démocratie participative on est en train de les priver de la liberté de faire société tout en brandissant l'étendard du "vivre ensemble".

La liberté d'association reste une des briques de la démocratie, et c'est certainement ce qui rend l'association toujours suspecte au pouvoir qui n'en a pas le contrôle, fut-il financier.

Le dépérissement de la vie démocratique passe aussi par l'instrumentalisation du monde associatif auquel on assiste aujourd'hui ; c'est un autre avatar de la privatisation du bien public.



Tout vient à point à qui sait attendre

Depuis des mois, voire même des années, l'idée selon laquelle la reconstruction de la gauche passerait par l'implosion du Parti Socialiste était regardée avec un sourire aussi amusé qu'incrédule... un bipartisme bien installé et renforcé par le renversement du calendrier législatives-présidentielles, le recentrage à droite comme à gauche au prétexte de "l'ouverture"...
A droite comme à gauche, ce ne sont plus trop les idées qui font débat, mais les gesticulations de marionnettes agitées par les mains habiles des puissances financières qui font et défont à leur guise les gouvernements des pays dits "libres".
Que l'ont soit en mesure de mettre côte-à-côte le "J'aime l'entreprise" de Valls aujourd'hui et le "mon ennemi, c'est la finance" de  Hollande avant-hier n'est possible qu'en considérant ce qui s'est passé hier sur l'échelle du temps : l'élection.
Il ne s'agit ni d'une versatilité excessive, ni même d'une trahison -les promesses n'engagent que ceux qui y croient-, mais bien d'une manipulation de l'opinion dans un paysage politique où le pouvoir, accaparé au fil du temps et tenu à l'abri de l'action citoyenne, n'est plus l'affaire que d'une classe dirigeante qui n'a pas plus conscience de sa faiblesse et de son isolement que Louis XVI au printemps 1789.
Mitterrand en son temps avait soit-disant fait gagner la gauche en 1981 après avoir promis à Vienne à ses amis de l'Internationale socialiste de réduire l'influence des communistes français à moins de 5%... Réussite inespérée avec l'aide de Robert Hue et de quelques autres ! L'épisode du revirement de 1983 et tous les ricochets qui l'ont suivi n'ont-ils pas depuis ce temps fait progresser plus vite le chômage et son cortège de précarité et de misère que les idées progressistes et le service public ? N'a-t-on pas depuis ce temps tenu sous l'éteignoir toute velléité de contestation en offrant généreusement, telle baguette de barbe-à-papa en fête foraine, quelques places au râtelier  aux moins regardant sur l'éthique et la ligne idéologique, récompense indemnitaire à la clé ?
Le spectacle affligeant donné aujourd'hui par le parti socialiste au pouvoir ne doit rien  au hasard. Dominique Straus Kahn, Jérôme Cahuzac et le très éphémère secrétaire d'Etat Thomas Thévenou -toujours député- ont de façon emblématique et chacun à leur façon assuré la promotion du système qui les avait accouché.
Et dans ce paysage de désolation, il n'est pas question de se laisser aller à entonner le refrain préféré de l'extrême droite du "tous pourris", car ce n'est qu'un couplet de la même chanson.
Se poser la question du choix de Hollande qui propulse Valls à Matignon (le monsieur 5% des primaires socialistes" permet d'entrevoir les contours du problème.
Comme en bien d'autres moments de l'histoire la social-démocratie française se fait obéissante aux injonctions du capital. La non-intervention pour secourir les Républicains espagnols des griffes de Franco... Jules MOCH qui fait tirer sur les mineurs grévistes... Guy MOLLET qui rappelle les citoyens pour en faire les soldats de la Guerre d'Algérie... 
Il ne s'agit pas d'une litanie désespérante de reniements des causes justes de ce qu'est la gauche en France, une gauche enracinée profondément dans des siècles d'histoire pour faire fleurir l'émancipation du peuple au fronton des édifices publics de notre République.
La droite revancharde peut à peine goûter aux plats qu'on lui sert chaud, tellement elle est engluée dans les affaires politico financières et les guerres  de chefferie. Et tout naturellement, dans un partage bien ordonné des rôles de la comédie du pouvoir, elle chasse d'autant plus sur les terres de l'extrême droite que les socialistes courtisent le centre. 
C'est le MEDEF qui veut ça... non ?
"s'il fallait être poli pour réussir en politique, ça se saurait..." cette citation favorite des soutiens de Sarkozy dans son "combat fratricide" avec Juppé n'a malheureusement pas d'usage qu'à droite.

Alors que Hamon, et quelques autres ministres fraîchement débarqués n'aient pas la politesse de se taire en sortant de table n'est que la manifestation du franchissement d'une nouvelle étape dans la déliquescence du PS.
Chevènement en son temps, Mélenchon plus tard, des "frondeurs" plus récemment ne sont que les éclats, copeaux ou sciure déposés en chemin au fil des amputations que le pouvoir impose à son corps électoral.
Pour accompagner un temps le parti socialiste dans sa galère, le parti communiste n'a fait guère mieux et largement contribué à l'émiettement d'une gauche dans laquelle il est plus glorieux aujourd'hui de flatter les égos à la tête d'une multitude de petites chapelles ou fondu dans des rassemblements à géométrie variable disqualifiant toujours les organisations mères jugées trop peu "modernes".
Hamon autres rebelles de la vingt-cinquième heures ne sauveront pas le parti socialiste ; tout au plus ils en précipitent la chute nécessaire -mais pas suffisante- à la refondation d'une gauche politiquement capable de gouverner la France.
Il y faudra des structures d'accueil, charpente et fondations confondues, un parti communiste comme la France en a connu parfois y trouverait sa place toute naturelle, utile à son peuple.
Servir plutôt que se servir... 
... l'éclatement du parti socialiste (tout comme les partis de droite se sont reconfigurés à l'épreuve du pouvoir) n'est pas une condition suffisante, car la solution passe par le peuple et son exigence révolutionnaire d'un véritable changement de régime -certains l'appelle 6ème République, pourquoi pas !- ; sinon ce serait se résoudre au passage par l'expérience de l'extrême droite dont la menace est brandie en épouvantail par ceux qui la nourrissent. 

On ne fait pas l'omelette d'aujourd'hui avec les coquilles de celle d'hier.
La Révolution est neuve ou n'est pas.
Plus que jamais il est utile de penser le changement plutôt que de changer de pansement.

lundi 20 octobre 2014

Les rapaces

Parler de crise va bientôt devenir hors de propos.
Quand le Larousse nous propose une définition qui fait état de "Manifestation violente d'un état morbide, survenant en pleine santé apparente..." nous serions fondés à considérer que le mot est bien inapproprié pour désigner la situation actuelle. Que reste-t-il qui puisse figurer un état de "pleine santé apparente..." ? N'est-t-on pas face à l'accumulation pathologique intégrale de symptômes les plus divers qui fait que la maladie politique, économique, sociale ou morale constitue aujourd'hui la normalité et que la bonne santé fasse figure d'utopie ?
Comment caractériser ce que serait un état de "pleine santé apparente..." dans le monde d'aujourd'hui sur le plan politique, économique, social, culturel?
  • avec un personnel politique respectueux de ses engagements...
  • avec des orientations politiques fondées sur des corpus idéologiques clairement constitués...
  • avec une organisation régulière qui fasse prévaloir les idées sur les individus et l'intérêt général sur les intérêts particuliers...
  • avec une économie au service du progrès social plutôt que du profit financier...
  • avec une éducation garantissant le plein épanouissement des capacités de chacun au service de tous dans un véritable projet de société...
  • avec une formation initiale suffisante et une formation continue nécessaire au plein épanouissement du potentiel de chacun sur le plan professionnel comme sur le plan personnel...
  • avec une monnaie qui retrouve son usage d’intermédiaire des échanges, sortie de son statut de produit spéculatif...
  • avec une production respectueuse de la ressource mobilisée et des besoins en usage...
  • avec du travail pour tous dans un monde qui ne connaîtrait pas le chômage...
  • avec des salaires décents qui permettent au peuple producteur d'être naturellement consommateur de sa production...
  • avec des revenus de substitution décents (maladie, invalidité, handicap, accompagnement familial, retraite, etc)...
  • avec un juste équilibre entre temps de contrainte sociale (travail et autres activités) et temps de loisir et de repos (congés, retraite...
  • avec un juste équilibre entre les trois temps de la vie articulés sur l'activité sociale (formation, activité professionnelle, retraite)...
  • avec la maîtrise publique du bien commun (ressources naturelles exploitables, besoins vitaux en matière d'eau, d'énergie, de communication, d'accès à la nourriture, à l'éducation, à la santé, à la culture, etc.)...
  • avec de véritables services publics dont les agents fonctionnaires garantissent une délivrance égale pour tous en tout temps et tout lieu...
  • avec une action publique qui vise à long terme pour mettre la vie en perspective plutôt qu'elle se réduise à une kyrielle d'ajustements conjoncturels à l'échelle des échéances électorales...
  • avec une éthique et des exigences morales garantissant dans la gestion des affaires publiques des écarts de conduite et de comportement...
  • avec  une culture qui sorte du statut de produit de marché pour redevenir produit identitaire et ciment social...
  • avec une citoyenneté active dans une démocratie où la représentation élective ne rétablit pas les rapports de subordination 
  • avec cent et mille autres exigences qui redéfinissent les contours d'une nouvelle République dont la devise gravée au frontispice des bâtiments publics deviendrait "liberté, Egalité, Justice".
Le désordre de ce bric-à-brac fait malheureusement écho au pendant contraire de tous les maux qui font la réalité de notre quotidien. Il s'agit là d'une construction raisonnée de "maîtres du monde" qui s'imaginent que leur course au profit garantit l'éternité de leur domination.
Mensonges et faux-semblants font le quotidien des politiques d'aujourd'hui, de la buvette de l'Assemblée Nationale au comptoir du bistrot de la Grande-rue, qui, trop nombreux agissent sous influence de grands lobbys comme de petits intérêts particuliers.
En noyant les citoyens sous une avalanche continue de soit-disant "réformes" les antagonismes sont exacerbés entre les plus fragiles pour mieux garder les puissants à l'abri. La loi devient garante des privilèges qu'elle devrait abolir.
Les mesures sur le logement en sont emblématiques quand la puissance publique loge les patrimoines plutôt que les sans-abri.
La suppression d'une tranche d'impôt sur le revenu, sous couvert d'une distribution de pouvoir d'achat, accroît l'inégalité de traitement devant l'impôt et en détourne le sens aujourd'hui contesté de la contribution proportionnelle aux moyens de chacun pour la restitution à égalité de traitement de tous les citoyens. La réforme des allocations familiales relève du même principe. En entrant dans cet engrenage l'Etat s'expose à la contestation de la contribution proportionnelle qui entre dans la péréquation redistributive qu'il doit assurer.
Et comme le ridicule ne tue plus depuis bien longtemps on est passé en quelques semaines d'une "écotaxe" prélevée sur le transport routier pour le compte de l'Etat par une société privée étrangère prospérant comme aux temps des fermiers généraux en se payant sur la bête... à une contribution plus modestement prélevée morte née face à la pression du patronat des transports routiers... et devenir au bout du compte une banale augmentation du gazole infligée à tous... pas si sûr, car le transport routier revendique fort son exonération au prétexte du maintien de sa "compétitivité" ! Au bout du compte une contribution dont les seules cibles fixées au départ risquent d'être les seules épargnées...
Des élus communistes prônent la mise en concession autoroutière des routes quand la privatisation fait exploser les profits privés en imposant les péages aux usagers ou satisfaisant au "Partenariat Public-Privé" dont quelques organismes d'état dénoncent la composition en pâté d'alouette faisant la part belle au bénéfice du privé.
Créer les conditions du désastre pour mieux se justifier d'avoir à le combattre ; telle est aujourd'hui le fondement d'une activité politique "hors-sol", complètement dégagée des contingences de la réalité.
La société de classes est plus que jamais confortée sous l'égide de "la loi du marché" qui assigne l'action caritative et l'épicerie solidaire aux plus démunis, et toute la panoplie des magasins discount à l'épicerie fine des beaux quartiers assignant à chacun sa clientèle.
L'accroissement de la ségrégation sociale est bien la première résultante de la réduction de la politique au service de l'économie de marché, de assujettissement des politiques aux financiers. Tout ce qui fait division fait ventre dans cette vaste entreprise de soumission des peuples au capital. L'instrumentalisation du fait religieux et de la guerre confondus de l'échelle du quartier à celle de la planète entière fait peser sur la paix la même menace que sur la prospérité et le bonheur des peuples. Promouvoir ou contester la construction d'une mosquée ici, soutenir ou désigner à la vindicte telle faction ailleurs, tout se passe comme si la coopération et le partage étaient devenus impensables. La supplication du "vivre ensemble" érigé en slogan en est la triste preuve.
Quand les "Zones franches" d'aujourd'hui font écho aux "Villes franches" d'hier, l'unité républicaine du pays a du mal à survivre. Le formidable coup d'accélérateur mis dans le détricotage des structures infra étatiques conduit à la foire d'empoigne qui là aussi privilégie les logiques de concurrence à celles de la coopération. Des petites régions absorbées par de plus grandes qui le revendiquent ou s'en défendent, des départements disparaissant au profit d'une métropolisation des grandes aires urbaines... Des départements conservés là où le capital ne voit rien à gratter sur le désert qu'il a fait... Des "intercommunalités" aussi proches du citoyen que la commission européenne pour délimiter des espaces exploitables au profit des sociétés privées ne délivrant plus que "des services au public" à géométrie variable en fonction de leur profitabilité...
Le particularisme régional discriminant, dont on peut mesurer les effets en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume Uni, où les régions qui se croient riches cherchent à s'émanciper de la charge des plus pauvres, devrait alerter les citoyens. A trop vouloir préserver le privilège de sa prétendue richesse face au pauvre de "l'à-côté d'en-bas", on devient vite victime consentante de la domination du plus puissant de l"à côté plus haut" qu'on courtisait  pour en partager l'image.
De ce constat, et de tous ses composants, l'exigence d'une nouvelle donne que Jean-Luc Mélenchon exprime parmi d'autres avec une 6ème République sonne le glas de l'ancienne. Cette exigence passe par une autre, celle de la convocation du peuple par le peuple à sa définition. La réussite d'un tel projet passe par la réappropriation de la politique, de sa pensée comme de son action, par un peuple de citoyens jusque là trompé par sa représentation. L'assemblée constituante nécessaire pour matérialiser l'invention du nouveau modèle démocratique dans l'écriture du texte constitutionnel n'est plus l'affaire des assemblées d'aujourd'hui.
Un grand projet de société républicain ne naîtra pas sous les ors ternis d'une vieille république qu'on rend boiteuse à force de scandales et d'affaires politico-financières. Les cahiers de doléances doivent s'écrire dans les plus petites collectivités villageoises pour que le peuple des citoyen retrouve ensuite dans les plus grandes généralités l'écho de ses propres préoccupations.
La démarche révolutionnaire n'a de violence à exercer que sur l'usurpation du pouvoir. Pour le reste la France dispose de suffisamment de références historiques en la matière depuis plus de deux siècles pour que son peuple sache conjurer les risques de détournement d'un mouvement émancipateur qui pourrait utilement se propager à l'Europe et au monde.




mercredi 8 octobre 2014

Tubaeformis

Le bonheur est au bois...
Bonne matinée et bel après-midi passés dans les pentes boisées du Montoncel au-dessus de Lavoine... la récolte est aussi bonne et belle.
Cantharellus tubaeformis, et parfois maintenant Craterellus tubaeformis pour les mycologues avertis, la chanterelle grise était au rendez-vous.
Mille fois les doigts dans la mousse pour en extraire l'objet du régal, c'est un grand privilège que de goûter ainsi la nature qui sent bon l'humus humide et le champignon au moment où les premières feuilles fatiguées se couchent.
C'est aussi l'occasion de voir à quel point le déchaînement des éléments et parfois féroce pour la nature fragile. Pas de pitié pour les malades, les vieux secs et les mal enracinés ; les sous-bois sont jonchés des reliefs des derniers coups de vent, et les ravines se sont creusées sous les coups d'eau.

Le cadre serait idéal pour de belles leçons de choses à destination des enfants... mais c'est une autre histoire, ils sont ailleurs sur le chemin de la réussite avec les TAP.




mercredi 1 octobre 2014

La honte

Fallait-il vraiment qu'un véhicule militaire se pavane en foire commerciale de Montluçon ?
Dans un pays qui manque d'enseignants, qui entretient près d'un sixième de sa population dans la misère, le sans emploi, le sans logis, le sans espoir...
Dans un pays qui manque de médecins, qui entretient près d'un sixième de sa population dans la privation de soins faute d'argent pour les dents ou les yeux...
Dans un pays qui manque si cruellement de mémoire qu'il confie aveuglément son sort à ceux qui ne lui promettent que vents et marées, marée basse sur les revenus, tsunamis dévastateurs des droits sociaux, et marées hautes d'équinoxe sur les compte en banque des plus fortunés...
Alors c'est bien sûr ma bonne dame, une petite guerre (surtout si on la fait ailleurs un peu loin et sans mettre un pied à terre à côté de ceux qu'on zigouille), ça occupe autant l'esprit que les cimetières du même nom ; il faut bien faire la claque aux marchands de la mort, ils disposent d'un si beau matériel...
A quand la République des droits de l'homme et du citoyen ?
La liberté c'est d'abord la paix...
La justice et l'égalité aussi...
Quand donc les électeurs comprendront que les va-t-en guerre d'aujourd'hui ne sont que les copies sanguinolentes de ceux d'hier, voyageurs de commerce de nos marchands d'armes, Dassault en pôle position à côté du grand maître américain ?